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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayLes municipalités n’ont pas le choix. Depuis 2019, le gouvernement les oblige à se doter d'un plan de sécurité civile pour faire face aux situations d’urgence ou aux événements météorologiques extrêmes. Même si le nombre de municipalités avec un tel plan a augmenté au cours des dernières années, il y en a toujours bon nombre qui n’en ont pas.
Selon le ministère de la Sécurité publique, 827 municipalités ont déclaré en 2025 avoir un plan de sécurité civile conforme à la réglementation en vigueur. Il s’agit d’une augmentation de plus de 10 % depuis 2019.
Toutefois, 134 municipalités ont indiqué ne pas en avoir malgré les exigences gouvernementales, soit 14 % des villes et des villages du Québec qui ont déposé leur rapport financier.
Et il pourrait y en avoir encore plus dans cette situation, car pas moins de 177 n’ont encore fait parvenir aucune information à ce sujet au gouvernement. On ignore donc si elles ont un plan d’urgence en bonne et due forme.
Même s’il affirme qu’un plan de mesures d’urgence est essentiel pour assurer la sécurité des citoyens, le vice-président de la Fédération québécoise des municipalités, Michaël Pilote, reconnaît qu’il y a encore du travail à faire dans certains hôtels de ville. Ce qu’on veut, c’est que 100 % des municipalités puissent avoir ce type de plan, dit-il.
Il reconnaît toutefois que cela peut être difficile pour certaines petites municipalités, puisqu’elles ont moins de personnel pour le concevoir. Lorsque l’équipe municipale se résume à une direction générale et parfois à une adjointe administrative, produire un tel document, c'est un défi. Ça ne se fait pas en criant ciseau, ça ne se produit pas en une demi-journée.
Dans les grandes organisations, comme dans les villes de Québec et de Montréal, il y a des gens qui sont dégagés à temps complet pour les mesures d’urgence, alors que dans les petites municipalités, c’est un dossier qui se retrouve parmi tant d’autres sur le bureau des directeurs généraux.

Michaël Pilote, maire de Baie-Saint-Paul.
Photo : Radio-Canada / Alexandre Painchaud
Une réalité qu’a aussi observée le spécialiste en mesures d'urgence Daniel Dancause. Dans les très petites municipalités, la gestion courante est difficile, signale-t-il. Il y a du roulement de personnel. Alors, c’est utopique de croire qu’on a une posture pour faire face aux événements que sont les sinistres, que ça va aller mieux en sécurité civile.
Selon lui, la mise en place d’un plan de mesures d’urgence peut aussi représenter un fardeau financier trop important pour certaines petites municipalités. Il n’en demeure pas moins qu’il y a quand même des systèmes à mettre en place pour joindre la population. Il y a aussi des formations et des exercices.
Au Québec, on a gagné à la loto-sinistre souvent depuis les 25, 30 dernières années. [Les catastrophes] nous frappent de plus en plus souvent et de manière de plus en plus intense.
Et même lorsqu’une Municipalité affirme avoir un plan de sécurité civile, il arrive que le document ne soit plus à jour, selon Michaël Pilote.
Parfois, ce sont les noms des individus qui sont inscrits dans le plan. Ce sont des gens qui ne sont plus à la Municipalité depuis cinq ou dix ans, illustre-t-il. C’est important d’avoir un plan qui est à jour parce que, quand ça arrive, ce n'est pas le moment de prendre le bottin et de chercher les numéros de téléphone des intervenants.
M. Pilote soutient qu’avec les phénomènes météorologiques extrêmes qui sont de plus en plus récurrents, les municipalités doivent être préparées.
Daniel Dancause croit que des municipalités pourraient être tenues responsables de ne pas avoir agi adéquatement lors d’une catastrophe si elles ne s’étaient pas dotées d’un plan de mesures d’urgence.
Elles ont des risques légaux liés aux assureurs qui pourraient éventuellement les poursuivre, explique l'expert. Elles ont une responsabilité – à la limite criminelle – face aux citoyens. Depuis plusieurs années, le Code criminel les tient responsables de leurs décisions. [...] On n’a pas encore eu ce cas-là, mais est-ce qu’une ville ou des dirigeants municipaux pourraient être tenus responsables de ne pas avoir agi?
M. Dancause note que de plus en plus de municipalités mettent leurs ressources en commun. J’observe beaucoup de municipalités qui vont s'agglomérer autour d’une ville un peu plus grosse.


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