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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayPour répondre aux exigences du président américain Donald Trump, le Canada, tout comme la plupart des autres pays membres de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), s'est engagé l'an dernier à consacrer 5 % de son produit intérieur brut (PIB) aux dépenses militaires d’ici 2035.
Pour atteindre cet objectif, Ottawa devra, au cours de la prochaine décennie, presque tripler le budget annuel de la défense, qui était de 63 milliards de dollars pour l'année financière 2025-2026.
Lors du plus récent sommet de l'Alliance atlantique en Turquie, les dirigeants et le secrétaire général de l'organisation, Mark Rutte, se sont réjouis des récentes ententes conclues avec le secteur privé, notamment l'acquisition de sous-marins par le gouvernement canadien auprès de la compagnie allemande ThyssenKrupp Marine Systems (TKMS).

Le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, et Mark Carney au sommet de l'OTAN en Turquie. (Photo d'archives)
Photo : Getty Images / Win McNamee
Or, au-delà des objectifs et des accords, le gouvernement canadien n’a pas divulgué de chiffres estimatifs concernant le coût des récentes annonces en matière de défense.
Un budget maigre en détails
L’année dernière, le budget fédéral prévoyait un investissement de près de 85 milliards de dollars sur cinq ans en matière de défense.
Faisant fi de la coutume, le budget de l’automne dernier ne comprenait toutefois pas de prévision quinquennale des dépenses militaires. De plus, le ministère de la Défense a fermement refusé de fournir des données annuelles à l’appui, selon les révélations du journaliste de CBC spécialisé en défense, Murray Brewster.

La couverture du budget fédéral 2025, intitulé « Un Canada fort ». (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Rania Massoud
Cette semaine, le premier ministre du Canada, Mark Carney, s'est engagé lors d'un point de presse à faire preuve de davantage de transparence sur les dépenses militaires dans le prochain budget.
Nous présenterons dans le budget une mise à jour sur les décisions que nous prenons, l'orientation budgétaire, l'évolution des dépenses de défense, a-t-il affirmé.
C’est le bon moment pour le faire.
L'ancien directeur parlementaire du budget du Canada, Yves Giroux, concède que c'est difficile pour le gouvernement d'être totalement transparent pour l'atteinte d'une cible dans presque 10 ans en raison du fait que c'est une cible [...] mouvante parce que le PIB, on ne sait pas exactement à quel niveau il va être en 2035.
Mais le gouvernement pourrait certainement donner une meilleure idée de l'ampleur de ces dépenses-là pour atteindre ces cibles, ajoute-t-il.
Réévaluation en 2029
M. Carney a également souligné que l’engagement visait à atteindre la cible d’ici 2035, soit dans neuf ans, laissant entendre que l’échéance était encore lointaine.
Il a rappelé que l'OTAN réexaminera l’objectif de dépenses en 2029 dans un monde où les menaces évoluent rapidement et où les tendances changent. Le second mandat de Donald Trump à la présidence des États-Unis sera alors terminé, ce qui pourrait influencer les décisions des pays membres de l'alliance.

Donald Trump lors du sommet des dirigeants de l'OTAN à Ankara, en Turquie, le 8 juillet 2026. (Photo d'archives)
Photo : Getty Images / Win McNamee
Toutefois, selon le vice-président et économiste en chef du Mouvement Desjardins, Jimmy Jean, il est peu probable que le Canada fasse marche arrière. Tout le monde parle de souveraineté en défense, et je pense que ça a du sens, donc je serais quand même surpris qu'on entreprenne ce grand pivot-là pour simplement devoir abandonner par la suite.
M. Jean évoque entre autres les menaces que représentent les grandes puissances mondiales, ce qui contraint les pays [à être] capables de se défendre.
Dans son discours de lundi annonçant l’acquisition des sous-marins, le premier ministre a également prévu que le Canada atteindra un taux de dépenses globales de 4 % d’ici l’examen. Ce taux est l'addition de 2,5 % pour les dépenses militaires directes et 1,5 % pour des dépenses connexes de sécurité.
Des experts tirent la sonnette d'alarme
Selon une analyse du bureau du directeur parlementaire du budget, l’expansion graduelle des dépenses militaires nécessaire pour atteindre la cible de l'OTAN risque d'ajouter 63 milliards de dollars au déficit fédéral en 2035.

Le premier ministre Mark Carney a présenté en 2025 un plan pour que les dépenses militaires du Canada atteignent 2 % du PIB. (Photo d'archives)
Photo : La Presse canadienne / Chris Young
L’Institut C.D. Howe, l’un des principaux groupes de réflexion économiques du pays, projette pour sa part que le manque à gagner grimpera à près de 100 milliards de dollars en 2029-2030 et dépassera les 200 milliards de dollars en 2035.
Ce sont des chiffres qui contrastent avec les prévisions du gouvernement fédéral, qui planche toujours sur une réduction graduelle du déficit au cours des cinq prochaines années.
Le rapport de l'Institut C.D. Howe souligne que l’amélioration des capacités militaires canadiennes nécessitera des choix difficiles. Le groupe propose comme solution une augmentation modeste de la TPS, ainsi que la limitation de la croissance des dépenses hors défense et des transferts aux provinces.
Or, le gouvernement a discrètement exclu toute idée d’augmentation de taxe. Au cours de la réunion de l’OTAN cette semaine, le ministre de la Défense, David McGuinty, a laissé entendre que la reprise économique permettrait de couvrir ces coûts.
Notre économie est en croissance ; nous effectuons des investissements majeurs dans le secteur de la défense pour générer davantage de richesse, créer plus d’emplois et fournir les ressources dont nous avons besoin pour atteindre cet objectif, a déclaré M. McGuinty.

Le ministre de la Défense nationale, David McGuinty, s'adresse aux médias lors du Forum de l'industrie de la défense de l'OTAN à Ankara, en Turquie, le mardi 7 juillet 2026.
Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld
Et nous sommes sur la bonne voie. Au cours des 12 derniers mois, nous avons pris des mesures qui, je crois, bénéficient d’un large appui de la part de la population canadienne.
Avec les informations de Yanick Lepage et de Murray Brewster, de CBC


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