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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayLa première ministre sortante Christine Fréchette propose aux Québécois de se servir des achats du gouvernement – et de ceux de la population – comme d'un bouclier pour protéger les entreprises et l'économie de la province des impacts de la guerre tarifaire, qui traverse un nouvel épisode aigu après l'entrée en vigueur, dans le courant de la nuit, des contre-tarifs fédéraux.
La cheffe de la Coalition avenir Québec (CAQ) a brièvement remis ses habits de première ministre hier soir, puis ce matin, afin d'établir et d'expliquer les mesures que son gouvernement prendra pour faire face aux conséquences des contre-tarifs décrétés par Ottawa dans le contexte de la guerre commerciale avec les États-Unis de Donald Trump.
En point de presse à l'Assemblée nationale mardi, elle s'est montrée plutôt combative.
Le Québec fait face à un intimidateur. Face à lui, on a deux choix : soit on s'incline et on finit à genoux, soit on garde la tête haute et on se tient debout. Comme première ministre, j'ai fait mon choix : je vais me tenir debout pour le Québec.
Pour ce faire, la première ministre propose de se servir des achats du gouvernement comme d'un bouclier. Elle prévoit ainsi réserver certains appels d’offres publics aux entreprises québécoises ou canadiennes. L'application de cette mesure va s'étendre jusqu'en janvier. Donc, pour quatre mois, il y a 1,5 milliard de contrats qui pourraient être touchés, a-t-elle indiqué.
Elle a toutefois reconnu que le pourcentage d'entreprises américaines qui soumissionnent pour des appels d'offres publics au Québec n'est pas très élevé . C'est moins de 10 %. [...] Mais même s'il s'agit d'une seule entreprise [qui est écartée], ça peut faire une différence pour les entreprises du Québec, a-t-elle soutenu.
Elle a également sollicité l'aide de la population pour décupler les effets d'une politique d'achat local renforcée. Je veux m'adresser directement aux entreprises, aux municipalités, aux organismes, tout comme à la population : on a besoin de se serrer les coudes, plus que jamais. On a besoin d'être solidaires. [...] S'il y a un geste économique et nationaliste que chaque Québécois peut faire, c'est d'acheter québécois.
Juste au niveau des consommateurs, si chaque famille augmente de 25 $ par semaine ses achats auprès d'entreprises québécoises, ça va injecter à terme 3 milliards de dollars dans l'économie, a-t-elle avancé.
Des contre-tarifs à impact nul... si Ottawa s’active
Lundi soir, au sortir de la réunion virtuelle à laquelle la première ministre Fréchette avait convié les chefs des oppositions, la co-porte-parole de Québec solidaire, Ruba Ghazal, s'était montrée inquiète devant son incapacité, avait-elle dit, à chiffrer l'impact réel des contre-tarifs fédéraux sur les entreprises québécoises.
Une question qui a rattrapé Mme Fréchette mardi matin. Elle a ainsi fait savoir que cet impact devrait se situer autour de 5 %, selon les meilleures données qu'on a, étant donné que les contre-tarifs viennent tout juste d'entrer en vigueur.
Oui, il y a des impacts pour les entreprises québécoises [...], mais en même temps, il y a des remises à ces entreprises qui viennent annuler les frais, a-t-elle tempéré, évoquant l'aide directe aux entreprises annoncée par Ottawa. Alors, on pourrait dire que les frais devraient être nuls ou neutres.
Mme Fréchette a toutefois ajouté un bémol, évoquant les démarches administratives que les entreprises devront effectuer pour obtenir ces remises.
J'invite le fédéral à mettre toute la gomme pour que les réponses aux entreprises pour des remises soient efficaces, rapides, simples. Ça, c'est important, parce que les expériences qu'on a eues antérieurement n'étaient pas très positives.
Une surenchère de critiques
La guerre tarifaire bouscule la campagne depuis l'annonce de la tenue d'un Conseil des ministres lundi soir, un exercice que les adversaires de Fréchette – excepté Ruba Ghazal – ont tous décrié comme étant rien de plus qu'une stratégie pour marquer des points électoraux.
Et ces critiques ont continué de voler mardi.
Le chef du Parti libéral du Québec, Charles Milliard, a notamment fait appel au sens de l'observation des Québécois.
Est-ce que vous avez remarqué qu'aucun autre premier ministre canadien n'a tenu de Conseil des ministres hier soir ou de réunions spéciales ou de grandes conférences de presse ce matin?
Alors, quand on vous parle d'instrumentaliser une crise, vous en avez un exemple patent ici, a-t-il ajouté.
Le chef du Parti québécois, lui, s'est défendu de ne pas avoir posé de questions – comme l'en a accusé Christine Fréchette – lors de la rencontre virtuelle entre la première ministre et les autres chefs.
On nous a lu un texte qui est copié-collé de ce qu'on allait publier et on nous a demandé s'il y avait des questions. Et donc, j'ai pu entendre les questions de Ruba Gazal et de Charles Millard, et j'ai constaté que, non seulement, on était dans la chorégraphie, mais que les réponses étaient des lieux communs ou des "je ne sais pas", a laissé tomber Paul St-Pierre Plamondon.
On n'est pas devant un bouclier comme l'a avancé Christine Fréchette, mais bien devant une pression inflationniste supplémentaire sur nos entreprises québécoises, a-t-il asséné, sur le fond cette fois.
Quant au chef conservateur, Éric Duhaime, il s'est de nouveau félicité de ne pas avoir pris part à la pièce de théâtre mise en scène par Christine Fréchette, qui n'était rien de plus qu'une opération de diversion visant à instrumentaliser la crise à des fins partisanes.
Du côté de Québec solidaire, mardi matin, les deux co-porte-parole reprochent surtout à Mme Fréchette le caractère éphémère de ses mesures.
L'approvisionnement public comme levier pour renforcer notre économie, ça ne devrait pas être une mesure exceptionnelle ou temporaire, ça devrait être la norme, a soutenu Ruba Ghazal. On doit transformer notre économie pour arrêter d'être dépendant des sauts d'humeur de Donald Trump ou de n'importe quel autre président qui va lui succéder.


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