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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayCe qui était à l’origine un mouvement émanant de la jeunesse et qui a donné lieu à des manifestations dans les dernières semaines dans les rues de l’Hexagone pour un meilleur financement des écoles s’est transformé en un mouvement résultant d’une convergence de luttes.
Près de 800 000 manifestants en « colère » ont défilé dans les rues aux quatre coins de la France samedi, selon les organisateurs, dans le cadre de la Journée de mobilisation nationale. Selon les autorités françaises, 550 000 personnes auraient pris part à la mobilisation citoyenne.
Parmi les différentes revendications, on retrouve celles des gilets jaunes — un mouvement qui avait débuté en 2018 pour contester la hausse du prix de l’essence —, des syndicats, des jeunes, des enseignants et des retraités.
Samedi, le plus important des rassemblements était celui sur la Place de la République à Paris. Des images d’affrontements entre les manifestants et les forces de l’ordre ont circulé sur les réseaux sociaux et ça fait souffler sur les braises, selon la professeure de science politique à l'Université de Montréal, Pascale Dufour.

De la fumée s’élève alors que la Statue de la République est recouverte d’une banderole sur laquelle on peut lire « 2026, la police mutile les élèves du secondaire », lors d’une manifestation à Paris, le 17 octobre 2026.
Photo : Getty Images / GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP
Cette vague d’indignation ne se limite pas à la capitale française ; des milliers de manifestants se sont rassemblés dans diverses villes de la France pour protester. De Nantes à Marseille, en passant par Strasbourg, Lille, Bordeaux, Montpellier et Lyon, l’appel à la mobilisation nationale a été entendu.
Les autorités françaises se sont préparées à cette journée de mobilisation avec le déploiement de policiers antiémeutes chargés de disperser les foules.

Une confrontation entre un militant, un manifestant des « gilets jaunes » et un policier de la brigade anti-émeute à Perpignan, le 17 octobre 2026.
Photo : Getty Images / JC MILHET / hans lucas/ AFP
Les planètes s'étaient alignées
Comment expliquer que ce mouvement étudiant, qui a débuté en septembre dans des lycées, s'étend maintenant à un l'échelle nationale? Les planètes [se sont] alignées pour qu'aujourd'hui arrive une journée nationale de mobilisation, illustre Pascale Dufour.
Le mouvement de contestation étudiante a trouvé un écho auprès des populations marginalisées, ce qui a créé un mouvement de solidarité à l'intérieur du mouvement lycéen, soutient-elle.
Parallèlement, une protestation contre la vie chère avait été initiée avant même le début du blocage des écoles, selon la directrice du Collectif de recherche Action politique et démocratie.

Les manifestants brandissent des pancartes sur lesquelles on peut lire « Les gaz lacrymogènes, c’est pour la vie, pour les adultes comme pour les enfants » et « Ne touchez pas à mes enseignants » lors d’une manifestation contre le « coût de la vie élevé », à Bordeaux, le 17 octobre 2026.
Photo : Getty Images / CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP
Sur ce point, la professeure à CY Cergy Paris Université et co-autrice du livre Géopolitique de la jeunesse : Engagement et (dé)mobilisations Valérie Becquet croit que la forte adhésion de la population française aux protestations renvoie au fait qu'elle partage les mêmes conditions de vie que les lycéens en particulier sur la diminution du pouvoir d'achat et des conditions de vie qui deviennent difficiles avec la précarité.
C'est une condition sociale générale, ajoute-t-elle, en précisant que la convergence des luttes n'est pas un fait exclusif à ce mouvement des lycéens. Mme Becquet utilise l’exemple des manifestations contre la réforme des retraites en 2023, où les étudiants et les jeunes ont rejoint le mouvement.
Distance ressentie avec les élites
La sociologue Mme Becquet constate une forme de mépris à l'égard de ce mouvement lycéen par le gouvernement, palpable notamment lors des prises de parole des ministres et du président où l'on sent un décalage, une surdité, un mépris et de l'adultisme, c'est-à-dire qu'ils ne les prennent pas au sérieux.
Cette distance sociale et politique, je pense qu'elle nourrit le mouvement lycéen dans la volonté de se faire entendre, parce que ça renvoie aussi à une problématique plus générale en France entre le sentiment que les décideurs publics en général ne prennent pas en compte leurs besoins, explique-t-elle.

Un manifestant tient une pancarte sur laquelle on peut lire « cette manif représente l'échec de l'écoute » lors d’une manifestation contre le coût élevé de la vie, à Nantes, le 17 octobre 2026.
Photo : Getty Images / SEBASTIEN SALOM-GOMIS / AFP
Elle déplore la place qu'occupent les adultes sur les plateaux des médias conventionnels qui parlent sans arrêt à leur place souvent. C'est à eux de voir qu'est-ce qu'ils vont dire de ce qui s'est passé aujourd'hui et qu'est-ce qu'ils envisagent par la suite.
Elle établit un lien entre ce phénomène et le mouvement des gilets jaunes, car ces derniers ont rejoint les manifestations étudiantes et ont ainsi contribué à éclairer la situation politique en France de manière plus large, où le coût élevé de la vie est un enjeu majeur.

Un homme vêtu d’un chandail jaune et tenant une pancarte dénonçant l’absence de changement lors d’une manifestation à Bayonne, le 17 octobre 2026.
Photo : Getty Images / PIERRE LARRIEU / hans lucas/ AFP
En 2018-2019, le mouvement des gilets jaunes avait débuté par des protestations contre la hausse des taxes sur les carburants et donné lieu ensuite à des violences en marge des manifestations, notamment sur les Champs-Élysées, et à des mutilations de manifestants, dont les images avaient fait le tour du monde.
La violence comme cristallisateur

Des membres de la brigade anti-criminalité (BAC) font face à des manifestants lors d’une action de protestation contre le « coût élevé de la vie », à Lille, le 17 octobre 2026.
Photo : Getty Images / SAMEER AL-DOUMY / AFP
À l’origine, la solidarité émanait du soutien aux revendications des jeunes. Cependant, les interventions policières musclées, qui ont d’ailleurs suscité l’inquiétude de l’ONU, ont créé un choc très fort, ce qui a conduit les adultes à se mobiliser, d'après la sociologue Valérie Becquet.
Un premier adolescent de 15 ans a perdu sa main au début du mois d’octobre dans un rassemblement, suivi par un second manifestant qui a subi le même sort samedi.

Un manifestant affronte un agent de la police antiémeute française au cours d’une manifestation à la Place de la République à Paris, le 17 octobre 2026.
Photo : Reuters / Jack Taylor
Des interpellations et des blessures ont émaillé les manifestations, dont certaines ont été graves pour certains manifestants.
Ça a fait naître une indignation et ça a solidifié le mouvement autour de de cette violence.
Pascale Dufour établit quant à elle un parallèle avec les manifestations étudiantes des carrés rouges au Québec en 2012, où le même type de mécanisme de répression s’était mis en place.

Manifestation à Montréal dans le cadre de la grève étudiante de 2012.
Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes
Il y a des revendications qui sont formulées par une frange de la jeunesse, il y a une fermeture complète de l'État à ces revendications et qui est associée aussi à un mépris absolu, donc aucune écoute, raconte-t-elle.
Cette négligence étatique est accompagnée d'une très très forte répression judicaire ou administrative ce qui accentue la colère des premiers concernés et qui entraîne l'adhésion d'une partie importante de la population hors lycée comme ce fût le cas au Québec il y a 14 ans.
Avec les informations de Agence France-Presse


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