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France : une journée de manifestations marquée par des violences et des affrontements

2 hours ago 4

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La version audio de cet article est générée par la synthèse vocale, une technologie basée sur l’intelligence artificielle.

De Marseille à Paris en passant par Lyon, de vives tensions et des affrontements nourris ont émaillé samedi les manifestations de « colère » contre la « vie chère », qui ont réuni des centaines de milliers de personnes dans toute la France, à six mois de l'élection présidentielle. Dans plusieurs villes, les autorités ont fait état de violences et de destruction de propriété en marge des manifestations.

Selon les autorités françaises, 550 000 personnes auraient pris part à la mobilisation, qui réunissait des contestations portées par les gilets jaunes, les lycéens et étudiants, des salariés, mais aussi des militants pour le climat et antifascistes.

Les organisateurs parlent plutôt de 800 000 participants.

À travers le pays, les rassemblements ont donné lieu à des affrontements entre manifestants et forces de l'ordre. Les autorités ont fait état de 400 interpellations policières.

À Saint-Étienne, un manifestant a eu la main arrachée par une grenade policière qu'il aurait ramassée, a-t-on appris d'une source proche du dossier.

À Paris, le maire socialiste Emmanuel Grégoire a estimé que le bilan des violences et pillages commis samedi en marge des manifestations serait d'ampleur immense, des rues entières ayant été méthodiquement ravagées.

Très en colère, l'édile a évoqué au micro de Franceinfo TV, outre les commerces saccagés et pillés, des dégâts sur l'espace public et des monuments qui ont été dégradés, cassés.

Des rues entières ont été méthodiquement ravagées, a-t-il déploré, en tenant à faire la différence entre le mouvement social et des casseurs pour lesquels il n'a aucune indulgence.

8:20

Plus tôt, un cortège sauvage, c'est-à-dire non déclaré, avait quant à lui été refoulé par les forces de l'ordre alors qu'il se dirigeait samedi vers le palais de l'Élysée, selon la préfecture de police.

Dans le quartier de l'emblématique place de la République, d'où s'est élancé le cortège parisien, flottaient d'épais panaches de fumée noire provoquée par des incendies de poubelles ou de kiosques à journaux, qui se mêlaient à la fumée des gaz lacrymogènes utilisés par les policiers pour contrer plusieurs centaines de manifestants, dont certains ont fait usage de mortiers d'artifice.

Deux personnes ont escaladé la statue, près de laquelle une voiture a été incendiée, pour l'habiller d'un gilet jaune portant l'inscription 2026 la police mutile les lycéens.

De la fumée s’élève alors que la Statue de la République.

De la fumée s’élève alors que la Statue de la République est recouverte d’une banderole sur laquelle on peut lire « 2026, la police mutile les lycéens », lors d’une manifestation à Paris, le 17 octobre 2026.

Photo : Getty Images / GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP

En 2018-2019, le mouvement des gilets jaunes avait débuté par des protestations contre la hausse des taxes sur les carburants et donné lieu ensuite à des violences en marge des manifestations, notamment sur les Champs-Élysées, et à des mutilations de manifestants, dont les images avaient fait le tour du monde.

Cette fois-ci nous allons gagner et abattre ce système, a affirmé Marjorie Keters, gilet jaune et porte-parole du collectif politique Pour une écologie populaire et sociale, alors que la manifestation principale elle-même se déroulait dans le calme à Paris.

Un manifestant, vêtu d’un gilet jaune, tient un oreiller sur lequel on peut lire « Macron, je te déteste de tout mon cœur ».

Un manifestant, vêtu d’un gilet jaune, tient un oreiller sur lequel on peut lire « Macron, je te déteste de tout mon cœur », à la place de la République, à Paris, le 17 octobre 2026.

Photo : Getty Images / MATTHIEU RONDEL / AFP

Dérapages

À Marseille, des dizaines de commerces ont été pillés dans le centre. Plusieurs dizaines de manifestants ont aussi brièvement pénétré dans le hall de la mairie après en avoir enfoncé la porte, en criant : C'est la Révolution, on prend la Bastille, avant d'être dispersés par les forces de l'ordre, a constaté un journaliste de l'AFP. La prise de cette prison par les Parisiens le 14 juillet 1789 avait marqué le début de la Révolution française.

Des manifestants saccagent un poste de police municipale.

Des manifestants saccagent un poste de police municipale à Marseille, le 17 octobre 2026.

Photo : Getty Images / THIBAUD MORITZ / AFP

Des manifestants ont cherché à s'en prendre à des lieux de pouvoir dans le pays, selon le ministère de l'Intérieur, comme à Lille, où des individus ont forcé plusieurs entrées de la mairie et saccagé une partie des locaux, selon un journaliste de l'AFP.

À Lyon, c'est une antenne de l'office du tourisme qui a été saccagée et incendiée.

Un manifestant enveloppé dans un drapeau français se tient devant l'office du tourisme de Lyon incendié.

Un manifestant enveloppé dans un drapeau français se tient devant l'office du tourisme de Lyon, incendié lors d'une manifestation contre le « coût élevé de la vie », le 17 octobre 2026.

Photo : Getty Images / JEFF PACHOUD / AFP

À Bordeaux, le rassemblement de 7000 manifestants a dégénéré en affrontements entre éléments radicaux et forces de l'ordre, dans des rues commerçantes du centre-ville, selon des journalistes de l'AFP.

La résidence de la représentante de l'État à Bordeaux, dans le sud-ouest de la France, a été saccagée samedi en marge de la mobilisation, ce qui a déclenché l'intervention du RAID, unité d'élite de la police nationale, selon une source proche des autorités.

Des individus sont entrés et ont saccagé les lieux, a indiqué à l'AFP une porte-parole de la préfecture, tandis que la préfète, Sophie Brocas, a condamné avec la plus grande fermeté les dégradations commises en ce lieu et le pillage de commerces en centre-ville.

Un manifestant lance une fusée fumigène en direction des gendarmes français.

Un manifestant lance une fusée fumigène en direction des gendarmes français lors d’une manifestation contre le « coût élevé de la vie », à Bordeaux, dans le sud-ouest de la France, le 17 octobre 2026.

Photo : Getty Images / CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP

« Aucune place pour la violence  »

Le président français, Emmanuel Macron, a déclaré samedi soir que ceux qui ont cassé et pillé lors des manifestations seraient poursuivis et punis et que le pays ferait bloc face aux semeurs de chaos qui ne cherchent qu'à abattre nos institutions.

Aucune place pour la violence dans notre République. Ceux qui ont cassé, attaqué les préfectures comme les commerces, pillé jusqu’à nos mairies, seront poursuivis et punis, a écrit le président français sur X.

Nous ferons tous bloc face aux semeurs de chaos, qui ne cherchent qu’à abattre nos institutions et empêchent ceux qui expriment pacifiquement leurs revendications de le faire, a-t-il ajouté.

Le chef de l'État a par ailleurs dit le soutien de la Nation aux forces de l’ordre, garantes du droit à manifester.

La police française lance une grenade lacrymogène lors d’affrontements avec des manifestants.

La police française lance une grenade lacrymogène lors d’affrontements avec des manifestants à Marseille, le 17 octobre 2026.

Photo : Reuters / Manon Cruz

Le premier ministre, Sébastien Lecornu, a aussi apporté samedi tout son soutien aux forces de l'ordre qui ont affronté une violence d'une extrême intensité en marge des manifestations du 17 octobre.

Le chef du gouvernement a également mis en garde, dans une allusion à LFI, ceux qui veulent faire des violences en marge des manifestations du 17 octobre un tour de chauffe avant l’élection présidentielle.

Nous ne nous laisserons pas intimider, personne n’imposera son agenda politique par la violence, a-t-il martelé, dans une allusion au parti de la gauche radicale La France insoumise et à son candidat à l'élection présidentielle de 2027, Jean-Luc Mélenchon.

Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a pour sa part promis que tout serait fait pour identifier les responsables des violences.

« On a énormément de vidéos, on va travailler en judiciaire pour retrouver les auteurs de ces pillages », a-t-il affirmé. « Il y aura d'autres interpellations dans les jours qui viennent sur l'autorité des procureurs. Les forces de sécurité intérieure vont mener du travail d'investigation extrêmement fort pour confondre les auteurs et les rendre responsables pénalement et civilement de leurs actes. »

Défendant l'action des forces de sécurité face à des casseurs très organisés et très déterminés, M. Nuñez a déclaré qu'au moins une soixantaine de membres des ​forces de l'ordre avaient été blessés, dont deux ont été transportés inconscients à l'hôpital.

3:08

Planète qui brûle

En dépit de ces incidents, de nombreux manifestants ont répondu à l'appel et manifesté dans le calme pour faire entendre leurs revendications, dans les grandes villes comme de plus petites, à Niort ou encore Valenciennes.

Des manifestants défilent tandis que des véhicules circulent sur la route.

Des manifestants défilent tandis que des véhicules circulent lors d’une manifestation à La Rochelle, le 17 octobre 2026.

Photo : Getty Images / ROMAIN PERROCHEAU / AFP

À la fin du mois, je n'ai plus rien, les prix augmentent mais pas les salaires. On n'en peut plus, on étouffe, dénonce Franck, un fonctionnaire quadragénaire qui a manifesté à Guéret, dans le centre de la France, avec environ 400 personnes.

Moi, je suis jeune. J’ai fait des études. Je n'ai pas de revenus. On a une planète qui brûle. Et on a un gouvernement qui se fout de notre gueule !, se désole pour sa part Anaé, une étudiante de 24 ans, dans le cortège parisien.

Sur le site 17octobregiletjaune.net, l'appel à la mobilisation s'adressait aussi aux habitants des quartiers, paysans, ouvriers ou retraités, invités à descendre dans la rue et sur des ronds-points ou autour de stations-services, de péages ou d'axes de circulation.

Présent dans le cortège parisien, le candidat de gauche radicale La France insoumise (LFI)  à la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon, a accusé plus tôt cet après-midi les chaînes d'info télévisées d'inonder d'images de violences alors que des dizaines de milliers de gens défilent calmement.

Des dirigeants politiques français de gauche lors d'une manifestation.

(DE GAUCHE À DROITE) Éric Coquerel, député du groupe parlementaire de La France Insoumise (LFI); Jean-Luc Mélenchon, candidat de La France Insoumise (LFI) à l’élection présidentielle française de 2027; Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis et membre de La France Insoumise (LFI), Farida Amrani, députée du groupe parlementaire de La France Insoumise (LFI); Manon Aubry, députée européenne de La France Insoumise (LFI); et La France Insoumise (LFI).

Photo : Getty Images / MATTHIEU RONDEL / AFP

La candidate du Rassemblement national (RN, extrême droite), Marine Le Pen, a pour sa part dénoncé que les revendications sociales légitimes [aient] une nouvelle fois été prises en otage par l’extrême gauche et les discours des députés de Jean-Luc Mélenchon.

Avec les informations de Agence France-Presse et Reuters

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