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Comment se portent les partis politiques municipaux en Alberta?

2 months ago 9

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Les élections municipales d’octobre dernier en Alberta ont été notamment marquées par l’entrée en scène de partis politiques municipaux, ce qui n’était plus arrivé dans la province depuis environ un demi-siècle. Cinq mois après cette participation aux élections, comment se porte la politique partisane à l’échelle municipale?

Le retour en lice des partis politiques municipaux a été décidé par le gouvernement de Danielle Smith, qui a fait adopter une loi en ce sens. Il l’a toutefois limité aux deux métropoles albertaines, Calgary et Edmonton, le temps de le tester pendant quelques cycles électoraux et de voir ce que cela donnerait.

À Calgary, aux dernières élections, 6 des 15 sièges du conseil municipal ont été remportés par des candidats issus de l’un des trois nouveaux partis municipaux, soit Communities First, qui a remporté 4 sièges, et Calgary Party et A Better Calgary (ABC) qui ont chacun fait élire un conseiller.

À Edmonton, seuls trois sièges au conseil municipal ont été remportés par des candidats partisans.

S'affranchir de la ligne de son parti

L’une des premières observations qu'on peut faire, c'est que, à la Ville de Calgary, les élus partisans ne votent pas forcément en bloc, c’est-à-dire que leurs votes ne suivent pas systématiquement la ligne du parti.

À titre d'exemple, en février dernier, André Chabot, conseiller municipal du quartier 10, s’est opposé à une motion défendue par Dan McLean, conseiller du quartier 13, qui appelait à soutenir la décision de la province de fermer le seul centre de consommation supervisée de Calgary.

Le même jour, le conseiller McLean a voté contre la motion du conseiller Chabot visant à étudier la création d'une infraction municipale pour le vol à l'étalage de faible valeur. Les deux conseillers ont été pourtant élus sous la bannière de Communities First.

André Chabot, conseiller municipal de Calgary, le 15 décembre 2025.

L'avenir de Communities First n'est pas clair, notamment parce que deux de ses quatre élus, dont André Chabot (sur la photo), ne disent pas s'ils se représenteraient de nouveau sous une bannière partisane. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada

Les quatre élus de Communities First se sont également montrés divisés sur d’autres sujets, comme le lever de drapeaux de nations étrangères sur la place de l'hôtel de ville ou encore sur l’augmentation des tarifs des transports en commun.

Ils ont toutefois présenté un front uni sur la question de l’abrogation du rezonage généralisé.

André Chabot explique que les conseillers municipaux du parti ont toujours promis de donner la priorité aux besoins de leurs électeurs, même si cela devait impliquer le fait de s'opposer à leurs collègues de parti.

L’avenir en pointillé

On se questionne cependant sur l’avenir de ces partis, et notamment sur celui de Communities First et de Calgary Party, deux formations centristes, et pour cause. Depuis l'automne dernier, elles ont fermé leurs sites web, et aucune des deux n'est active sur les réseaux sociaux.

De plus, leurs élus ne savent pas si les deux partis existeront encore en 2029.

Il s’ajoute à cela, pour Communities First, le fait que André Chabot et Dan McLean ont tous deux dit ne plus être impliqués dans la vie du parti depuis les dernières élections.

Par ailleurs, ils n'ont pas voulu confirmer s’ils comptaient se présenter à nouveau sous la bannière d’un parti.

À Edmonton, moins d'un mois après les municipales, deux des trois conseillers élus sous la bannière d’un parti ont quitté leur parti.

Des membres du parti politique municipal Calgary Party sont habillés en blanc lors d'un rassemblement partisan.

Calgary Party, qui a vu le jour en octobre 2024, pourrait ne pas tenir jusqu'aux prochaines élections municipales en 2029.

Photo : Fournie par Lori DeLuca

ABC se projette déjà vers 2029

Dans ce flou artistique autour de l’avenir des formations politiques municipales, le parti de droite ABC a les yeux déjà tournés vers les prochaines échéances électorales, en 2029.

Après n’avoir réussi à faire élire qu’un seul candidat, soit Mike Jamieson, dans le quartier 12, il prévoit d'être davantage sous les feux de la rampe cette année.

C’est ce qu’affirme Marilyn Elliott, sa présidente, précisant que l’ABC souhaite mettre en place davantage d'associations de quartier pour désigner des candidats, au moins 1 an avant le scrutin, et consulter les membres sur les priorités qu'ils souhaitent voir défendues par le parti.

Elle explique que l'objectif principal du parti est de réduire la dispersion des voix entre les candidats de droite.

Mme Elliott ajoute qu’elle souhaite que son parti aborde les élections comme un marathon plutôt que comme un sprint de 100 mètres.

Malgré tout, les maires d'Edmonton et de Calgary, Andrew Knack et Jeromy Farkas, se sont fait élire en tant que candidats non affiliés, comme la plupart des conseillers municipaux.

Avec les informations d’Andrew Jeffrey et de Brendan Coulter

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