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Crues printanières : la vigilance croît avec l’arrivée de la pluie en Ontario et au Québec

1 month ago 10

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Alors que de grosses précipitations sont attendues dès ce soir en Ontario et au Québec, plusieurs rivières gonflées par les crues printanières sont sous étroite surveillance.

Des seuils d'inondations mineures et moyennes ont été atteints par plusieurs d’entre elles, notamment dans les régions des Laurentides, de Lanaudière, de la Mauricie, du Centre-du-Québec et de l'Outaouais.

Luc Bourassa, porte-parole du ministère de la Sécurité civile du Québec, rappelle que trois systèmes de pluie ont traversé la province depuis le 13 avril.

Un quatrième système arrive en ce moment de l'ouest du pays. Il va balayer l’Ontario et le Québec dès ce soir, apportant de 15 à 25 mm de pluie, résume-t-il en entrevue sur ICI RDI. Ce système va toucher des régions déjà affectées par les crues, prévient-il.

Environnement Canada prévoit des averses de 10 à 20 millimètres de pluie pour la région de l'Outaouais.

Du côté des Laurentides et de Lanaudière, les régions recevront entre 15 et 25 millimètres de pluie, ce qui pourrait rapidement produire des accumulations [considérables], précise cette agence. Le même phénomène s'abattra par la suite sur le Grand Montréal et en Mauricie.

À Québec, des inondations pourraient survenir dimanche matin en raison de la combinaison de vents, d'une surcote et d'une marée de forte amplitude, en plus d'un épisode de précipitations de 10 à 25 millimètres.

La hausse des températures fait fondre la neige rapidement, ce qui augmente encore le débit de certaines rivières, précise Luc Bourassa.

Les niveaux d’eau pourraient donc monter de manière substantielle dans la vallée de l’Outaouais et sur le territoire au nord du fleuve Saint-Laurent jusqu’à Québec, surtout à partir de dimanche.

La vallée de l’Outaouais sous tension

Les résidents de Gatineau ont pu observer aujourd’hui une montée notable des eaux de la rivière des Outaouais. Plusieurs d’entre eux ont d'ailleurs sécurisé leur terrain avec des sacs de sable distribués par les autorités locales.

Des bénévoles ramassent des sacs de sable dans un stationnement.

Des bénévoles se sont activés à Gatineau pour distribuer des sacs de sable.

Photo : Radio-Canada / Jacob Taillefer Racine

C’est dans la vallée de l’Outaouais que la situation risque d’être la plus critique, estime Philippe Gachon, professeur d’hydroclimatologie au département de géographie de l’Université du Québec à Montréal ainsi que directeur du Réseau Inondations InterSectoriel du Québec.

On s’attend à des niveaux comparables à 2017, année où il y a eu des inondations majeures pour tout le bassin versant, avertit-il.

L’Abitibi a reçu des quantités importantes de neige, il y a encore 50-60 cm à certains endroits. La fonte rapide des neiges, combinée aux précipitations, risque de mettre sous tension les rivières, qui ne pourront pas absorber ce surplus, poursuit-il.

Philippe Gachon s’inquiète tout particulièrement de la crue de deux affluents de la rivière des Outaouais, les rivières Coulonge et Gatineau.

Le débit à la centrale de Carillon, sur la rivière des Outaouais, est déjà très élevé, et Hydro-Québec va sans doute devoir ouvrir le barrage hydroélectrique, estime-t-il.

Le sol, déjà presque saturé, a une capacité réduite à absorber la pluie, souligne par ailleurs Environnement Canada, qui prévoit que de l’eau s'accumulera probablement sur les routes et dans les basses terres.

Ne conduisez pas sur des routes inondées. Évitez les basses terres, recommande cette agence gouvernementale.

Montréal et Québec également en état d'alerte

L’arrivée de grosses quantités d’eau en provenance de la rivière des Outaouais pourrait toucher la grande région de Montréal, qui se prépare déjà depuis plusieurs jours à affronter des inondations.

Une rivière en crue.

Des crues élevées sont observables dans la région montréalaise depuis plusieurs jours. Ici, la rivière des Prairies à Pierrefonds le 17 avril 2026.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Jeudi, la Ville de Montréal a annoncé son passage au troisième et dernier niveau d’alerte concernant les mesures d’urgence liées aux risques d’inondations.

Du côté de Québec, la rivière Saint-Charles est elle aussi en train de déborder et certains secteurs sont à surveiller dans Charlevoix, précise M. Gachon.

La rivière Saint-Charles dans un secteur boisé.

La rivière Saint-Charles est partiellement sortie de son lit dans le secteur Duberger, un des quartiers de Québec.

Photo : Radio-Canada / Guylaine Bussière

Environnement Canada a par ailleurs diffusé un avertissement d’onde de tempête pour le littoral de la région de la Capitale-Nationale.

M. Bourassa invite les citoyens à suivre la situation sur le site Internet du gouvernement québécois (nouvelle fenêtre).

C’est en restant informés qu’on sera le mieux placés pour réagir. Il y a beaucoup d’eau dans le système. L’important, c’est d’être vigilant, d’être prêt.

La bonne nouvelle, selon ces deux experts, c’est que les températures vont chuter dans les prochains jours, ce qui va ralentir la fonte des neiges.

Cela va donner de la chance aux cours d’eau d’évacuer le surplus, dit M. Bourassa.

Changement rapide du système hydrologique

Pour M. Gachon, ces nouveaux risques d’inondations témoignent d’une tendance liée aux changements climatiques, qui ont des effets sur les régimes hydrologiques et sur l’alternance pluie-neige.

Il y a plus de ruissellement et d’apport d’eau, fait-il savoir en relayant des observations effectuées par des collègues dans la vallée de l'Outaouais.

Philippe Gachon, professeur d’hydroclimatologie à l’UQAM.

Philippe Gachon, professeur d’hydroclimatologie à l’UQAM. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada

C’est préoccupant, car pour reprendre l’exemple de la rivière des Outaouais, plus de 60 % du volume de l’eau n’est pas régulé. Or, c’est la rivière la plus importante en matière d’apport en eau pour le Saint-Laurent, poursuit cet expert.

Selon lui, les municipalités vont devoir revoir leurs plans d’aménagement avec l’appui du gouvernement du Québec pour celles qui ont moins de ressources.

Il va falloir mettre à jour les cartes d’inondations et tenir compte des connaissances les plus à jour, car le réchauffement climatique va plus vite qu’on ne pensait, ajoute-t-il.

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