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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayFace à la récente hausse du prix des carburants, des distributeurs alimentaires — dont Les Aliments Maple Leaf, CTS Foods, Tree of Life et Sunrise Farms — facturent des suppléments carburant à leurs clients pour livrer les produits, ce qui pourrait faire grimper le coût du panier d’épicerie.
Sunrise Farms a indiqué, dans une lettre adressée à ses clients, qu’elle ajouterait une surcharge carburant de 10 $ et un ajustement de 5 cents par kilogramme à compter du 13 avril. Le taux par kilogramme, censé être temporaire, serait ajusté toutes les deux semaines en fonction des conditions du marché du carburant, selon la lettre.
C’est justifié dans la mesure où les distributeurs tentent de maintenir une certaine viabilité de la chaîne logistique actuellement. C’est un choc, le coût de transport.
Ultimement, le consommateur va devoir le payer, du moins en partie, mais c’est assez inévitable, ajoute l’expert.
De leur côté, Les Aliments Maple Leaf imposent depuis le 6 avril dernier une surcharge de 11 cents par kilogramme de viandes préparées et volaille fraîche. La lettre du fournisseur précise que ce taux sera réévalué chaque semaine et qu’il s’agit d’une réponse temporaire à la hausse rapide des prix du pétrole à la suite de la fermeture du détroit d’Ormuz.
En temps normal, près de 20 % de la production mondiale de pétrole transite par cette voie navigable, devenue un point névralgique du conflit au Moyen-Orient.

Les Aliments Maple Leaf sont l’un des plus grands distributeurs de produits de consommation protéinés, spécialisés dans la viande, la volaille et les alternatives végétales. L’entreprise est basée à Mississauga, en banlieue de Toronto.
Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn
CTS Foods et Tree of Life ont toutes deux annoncé qu’elles appliqueraient un supplément temporaire de 10 $ par livraison pour couvrir les frais de carburant. Cette dernière, une entreprise de Mississauga, a précisé que ce supplément serait supprimé dès que le prix du litre de diesel reviendrait à une moyenne mobile sur trois mois de 1,20 $ ou moins.
Le transport représente un coût important pour nous et ce supplément temporaire vise uniquement à compenser les frais de livraison exceptionnels, a répondu par courriel Jessica Hemmerich, porte-parole chez CTS Foods, un distributeur québécois.
[Ce supplément] ne sera pas permanent et nous prévoyons de le supprimer dès que les prix du carburant se seront stabilisés.
Maple Leaf, Sunrise Farms et Tree of Life n’ont pas répondu à nos demandes de commentaires.
De son côté, Agropur, la plus grande coopérative laitière du pays, confirme par courriel qu’elle n’imposera pas de supplément carburant pour l’instant.
Des petits épiciers envisagent des hausses de prix
La chaîne d’épiceries Food Fare à Winnipeg veut éviter de devoir augmenter ses prix, mais souligne que beaucoup de ses fournisseurs ont haussé les leurs. Selon le propriétaire, Munther Zeid, les suppléments annoncés peuvent ajouter environ 100 $ au coût d’une palette de marchandises.
Si l’entreprise absorbe certaines augmentations de coûts, d’autres sont refilées aux clients. C’est le cas pour certains produits frais périssables, qui doivent être livrés fréquemment.
Le prix passera de 5,49 $ à 5,99 $ la livre, ou de 4 $ à 4,49 $ par exemple, souligne le propriétaire de Food Fare. Nous examinons chaque commande dès qu’elle arrive, nous évaluons l’impact du supplément carburant et nous ajustons les prix en conséquence.

Le propriétaire de la chaîne d’épiceries Food Fare, Munther Zeid, craint que les suppléments carburant « temporaires » restent en vigueur à plus long terme.
Photo : Radio-Canada / Jeff Stapleton
La chaîne Vince’s Market, qui compte quatre succursales au nord de Toronto, s’est aussi abstenue d’augmenter ses prix, malgré les surcharges carburant qui lui sont facturées par certains distributeurs.
Il faut un certain temps pour que l’on prenne vraiment le pouls de la situation, souligne le président Giancarlo Trimarchi, qui ajoute que les clients sont sensibles aux hausses de prix.
Il explique que d’ici quelques semaines, lorsque débutera la saison agricole, il pourra évaluer dans quelle mesure les dépenses en carburant ont fait grimper ses coûts d’exploitation. L’entreprise décidera alors s’il est nécessaire d’augmenter ses prix.
Même si le président de Vince’s Market ne se réjouit pas de cette nouvelle hausse des coûts, il dit comprendre que les fournisseurs doivent eux aussi joindre les deux bouts. J’apprécie leur transparence, dit-il.
Munther Zeid de la chaîne Food Fare craint, par contre, que ces suppléments ne soient pas temporaires, comme l’indiquent les lettres des distributeurs. Il semble que, dans le secteur de l’alimentation, une fois qu’une taxe est mise en place, elle reste en vigueur, lance le propriétaire.
Il souligne que certains fournisseurs avaient déjà implanté des suppléments carburant par le passé et que beaucoup ont fini par en réduire le montant sans les éliminer complètement.
Fraser Johnson, professeur de gestion des opérations à l’Université Western, abonde dans le même sens. Même si les surcharges de carburant venaient à être supprimées, ce serait un processus lent, selon lui.
Elles montent en flèche et redescendent tout doucement, dit-il.
Sobeys et Safeway refusent de payer
Certains géants de l’alimentation refusent carrément de payer les suppléments carburant. L’entreprise Empire — qui détient plusieurs chaînes d’épiceries, dont Sobeys, Safeway et IGA — nous confirme qu’elle a reçu quelques demandes de suppléments carburant de la part de fournisseurs, qu’elle a rejetées.
Metro indique, dans un courriel, qu’elle analyse et négocie toutes les demandes de ses fournisseurs. L’entreprise ne précise toutefois pas si des surcharges liées au carburant lui ont récemment été soumises ni comment elle compte y répondre.
De son côté, Loblaw explique ne pas pouvoir commenter des ententes précises, mais dit être en contact régulier avec ses fournisseurs concernant des hausses de coûts, y compris des suppléments carburant.
Pour les petits commerçants comme Vince’s Market, refuser ces surcharges n’est pas une option. Je ne représente qu’une goutte d’eau dans leur chiffre d’affaires, affirme le président Giancarlo Trimarchi. Tout refus pourrait mettre en péril ses livraisons.

Pascal Thériault est agroéconomiste et professeur à l’Université McGill.
Photo : Radio-Canada
L’agroéconomiste Pascal Thériault souligne que les plus petits acteurs peuvent se tourner vers le nouveau système d’arbitrage créé en vertu du Code d’épicerie du Canada. Ce code de conduite, entré en vigueur cette année, a pour but de rééquilibrer les rapports de force entre épiciers et distributeurs.
Cependant, on sait que c’est un processus qui peut être long, et puis cette hausse de carburant est réelle, affirme-t-il.
L’argument risque donc d’être difficile, selon lui. Personne n’essaie de s’enrichir. Les marges pour les distributeurs n’augmenteront pas en ayant cette hausse du coût de transport, affirme-t-il.
Un avantage pour les produits locaux
Ni Fraser Johnson ni Pascal Thériault ne s’attendent à ce que la suspension de la taxe d’accise sur l’essence accordée par le gouvernement fédéral soit d’une grande aide.
Les coûts de transport ont beaucoup augmenté, affirme M. Thériault. Donc, une baisse minime du coût du carburant pour ces distributeurs va somme toute avoir un effet limité sur l’ensemble de leurs coûts d’opération.
Selon l’endroit où vous vous trouvez dans le pays, les prix [du carburant] ont bondi de 50 %. Baisser le prix du diesel de 4 ou 5 cents le litre n’aura vraiment pas beaucoup d’impact, renchérit M. Johnson.

Bien qu’elle soit soumise à ses suppléments carburant de la part de ses distributeurs, la chaîne Vince’s Market, en Ontario, s’abstient d’ajuster ses prix pour l’instant.
Photo : La Presse canadienne / Chris Young
Alors que la saison des récoltes s’amorce au pays, Giancarlo Trimarchi de la chaîne Vince’s Market conseille aux Canadiens qui souhaitent économiser de se tourner vers les produits locaux. Ces aliments n’ont pas à parcourir d’aussi longues distances, ce qui réduit l’effet du carburant sur leurs prix.
Ces produits seront globalement moins touchés que ceux importés de l’étranger. Le fromage français, le vin italien, l’agneau australien — tous ces produits vont subir d’importantes répercussions au niveau des coûts de transport, dit-il.
Avec les informations d’Anis Heydari et Abby Hughes, CBC News


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