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En Iran, le cercueil d’Ali Khamenei est arrivé dans la ville sainte de Qom

2 weeks ago 9

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Le cercueil d'Ali Khamenei est arrivé lundi soir dans la ville sainte de Qom, après qu'une marée humaine est descendue dans les rues de Téhéran au troisième jour des obsèques nationales de l'ancien guide suprême conçues comme une démonstration de force et d'unité.

La dépouille de Khamenei a été transportée par hélicoptère à Qom, au sud de Téhéran, en vue d'une procession organisée mardi, a annoncé la télévision d'État.

Elle doit ensuite être exposée dans des sanctuaires en Irak, pays majoritairement chiite comme l'Iran.

L'inhumation de celui qui a présidé aux destinées du pays pendant plus de trois décennies, jusqu'à sa mort à 86 ans, aura lieu jeudi dans la ville sainte de Machhad (nord-est de l'Iran), dont Khamenei était originaire.

Les autorités n'ont pas donné d'estimation du nombre de participants depuis le début de l'hommage samedi, mais avaient dit attendre 15 à 20 millions de personnes au total.

2:50

Après 40 jours de bombardements israélo-américains, dans lesquels l'ayatollah Khamanei a été tué le 28 février, la République islamique a appelé les Iraniens à participer en masse à ces funérailles pour défier ses ennemis jurés.

Tout le monde parle de vengeance, témoigne auprès de l'AFP Gholamreza Khanbabaei, 58 ans, qui tient un portrait du président américain menacé par une arme à bout portant. Il le faut, sinon plus tard, ce sera pire.

Un drapeau américain brûle devant une photo du président américain dans le viseur d'une arme.

Certains ont brandi des affiches appelant à tuer Donald Trump.

Photo : Reuters / Alkis Konstantinidis

Le cercueil d'Ali Khamenei, qui a présidé aux destinées du pays pendant plus de trois décennies, jusqu'à sa mort à 86 ans, a d'abord été exposé au public pendant deux jours à la Grande Mosalla, un site religieux et politique de la capitale.

Recouverte de fleurs et de l'emblématique turban noir du guide suprême, sa dépouille chemine désormais à bord d'un camion à toit ouvert à travers le centre-ville, où des journalistes de l'AFP ont vu une nuée de drapeaux iraniens et rouges, symbolisant la vengeance et la justice.

un cercueil est couvert de fleurs et orné de l'emblématique turban noir du guide suprême.

Le cercueil est couvert de fleurs et orné de l'emblématique turban noir du guide suprême.

Photo : Reuters / Majid Asgaripour

Des participants scandent des slogans antiaméricains et anti-israéliens, tandis que certaines affiches appellent à tuer les dirigeants Donald Trump et Benyamin Nétanyahou. La télévision d'État a partagé une vidéo sur laquelle figure un mannequin de Trump pendu à un gibet de fortune.

De 10 à 12 heures

Des images aériennes montrent la principale artère menant à la place Azadi noire de monde sur plusieurs kilomètres. Téhéran n'avait pas vu une telle foule depuis 2020, quand 7 millions de personnes avaient assisté aux funérailles du général Qassem Soleimani, selon le chiffre officiel de participation donné à l'époque.

Ces images aériennes fournies par le Bureau du guide suprême montrent une mer de monde sur la principale artère menant à la place Azadi.

Ces images aériennes fournies par le Bureau du guide suprême montrent une mer de monde sur la principale artère menant à la place Azadi.

Photo : Reuters / Bureau du guide suprême iranien

La procession doit durer de 10 à 12 heures sur un trajet long de 20 km, alors que l'espace aérien est totalement fermé pour cette journée décrétée fériée.

L'ancien président Mahmoud Ahmadinejad, qui entretenait des relations difficiles avec Khamenei et n'avait pas été vu à la Mosalla, a participé au défilé, selon l'agence de presse Mehr.

Pour rafraîchir les participants sous 35 °C, les organisateurs les aspergent d'eau et distribuent à boire et à manger.

Le véhicule transportant la dépouille de Khamenei et celles de ses proches tués avec lui fin février (une de ses filles, un gendre, une belle-fille et une petite-fille, âgée de 14 mois d'après les autorités) est escorté par des forces de sécurité à pied pour éviter tout incident, après le précédent de 1989.

Cinq cercueils, dont un pour bébé, ornés du drapeau de l'Iran.

Le cercueil d'Ali Khamenei est exposé avec ceux d'une de ses filles, d'un gendre, d'une belle-fille et d'une petite-fille, âgée de 14 mois, morts au même moment.

Photo : Reuters / Murad Sezer

Cette année-là, le 6 juin, une foule en transe avait pris d'assaut le cortège funéraire du précédent guide suprême Rouhollah Khomeini, fondateur de la République islamique : le linceul avait été déchiré et le corps était tombé à terre.

C'est finalement par hélicoptère que le corps avait été transféré pour être inhumé dans un cimetière près de Téhéran, avec plusieurs heures de retard.

Selon l'agence officielle Irna, pas moins de 10 millions de personnes avaient afflué et les mouvements de foule avaient fait plus de dix morts et plus de 10 000 blessés.

Un organisateur asperge de l'eau.

Les organisateurs ont aspergé les participants d'eau et ont fourni de la nourriture, vu la chaleur accablante.

Photo : Reuters / Majid Asgaripour

Un arrêt en Irak

Après la procession, le cercueil doit faire escale à Qom puis dans les sanctuaires de l'imam Ali et de l'imam Hussein ( premier et troisième imam du chiisme duodécimain, qui en compte 12) à Najaf et à Kerbala en Irak, où la majorité de la population est chiite.

L'inhumation aura lieu jeudi dans la ville sainte de Machhad (nord-est de l'Iran), dont Khamenei était originaire, et où se trouve également le mausolée de l'imam Reza (huitième imam chiite).

De nombreux hauts responsables iraniens avaient assisté dimanche à une grande prière d'hommage à l'ayatollah Ali Khamenei, mais son fils et successeur Mojtaba n'a pas été vu depuis le début des cérémonies. Blessé dans les bombardements qui ont tué son père, le dirigeant de 56 ans ne s'exprime que via des communiqués qui lui sont attribués.

Les funérailles de l'ayatollah, qui avait le dernier mot sur les grandes orientations de l'État, étaient initialement prévues en mars, mais avaient été reportées en raison de la guerre.

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