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Fonderie Horne : 118 médecins de l’Abitibi-Témiscamingue écrivent à Christine Fréchette

1 month ago 350

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Plus du tiers de tous les médecins de l'Abitibi-Témiscamingue ont adressé une lettre à la nouvelle première ministre du Québec Christine Fréchette, dimanche, pour lui demander de renoncer aux concessions promises à la Fonderie Horne. Mais la missive ne la fera pas déroger aux engagements de son prédécesseur François Legault, répond son équipe.

Dans la lettre, obtenue par Radio-Canada, 68 médecins de famille et 50 médecins spécialistes rappellent que la municipalité de Rouyn-Noranda est aujourd’hui reconnue comme l’une des communautés les plus exposées à la pollution industrielle au Québec.

Ils rappellent aussi que des études de santé publique y ont révélé une prévalence accrue de bébés de petit poids, de maladies respiratoires et de cancers du poumon, ainsi qu’une espérance de vie inférieure au reste du Québec dans certains secteurs.

Les médecins exhortent Christine Fréchette à renoncer à l'amendement d'un projet de loi déposé juste avant le départ de François Legault, qui prévoit d'accorder six ans de plus à la Fonderie pour respecter la cible de réduction des émissions de différents polluants, comme l'arsenic, le plomb et le cadmium.

Une vue aérienne de Rouyn-Noranda où l'hôpital et les cheminées de la Fonderie Horne se démarquent.

La ville de Rouyn-Noranda, où se situe la Fonderie Horne (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Jessica Gélinas

Cette situation apparaît difficilement conciliable avec les recommandations constantes des autorités de santé publique, tant provinciales que régionales, qui soulignent la nécessité de réduire l’exposition environnementale polymétallique dans cette population.

La Santé publique dit ne pas avoir été consultée

Les médecins soulignent dans leur lettre que la Santé publique nationale n'a pas été consultée par le gouvernement avant d'introduire cet amendement, comme l'a révélé La Presse.

Par ailleurs, la Santé publique régionale s'est opposée à cet amendement, dans une lettre obtenue par Radio-Canada. Le 20 mars, elle rappelait que le niveau de risque cancérigène est considéré comme inacceptable dans le quartier le plus proche du complexe industriel.

La Fonderie Horne, vue des airs.

Aux dernières nouvelles, les émissions de la Fonderie Horne étaient de 44 nanogrammes par mètre cube dans l'air à la station légale d'enregistrement, près du complexe industriel.

Photo : Radio-Canada / Thomas Gerbet

Menace de fermeture

Glencore devait atteindre la cible de 15 nanogrammes d'arsenic par mètre cube d'air (15 ng/m⁠3) en 2027. Le projet de loi lui permettrait d'attendre 2033 pour l'atteindre.

La compagnie devait aussi présenter un plan pour aboutir, ultimement, au respect de la norme québécoise de 3 ng/m⁠3. Là encore, elle aurait six ans de plus pour le faire.

Les normes pour les émissions de plomb et de cadmium seraient aussi repoussées.

L'entreprise demandait ces assouplissements et menaçait de fermer son usine, la seule fonderie de cuivre du Canada.

Glencore demande aussi à Québec de lui accorder 150 millions de dollars pour moderniser son usine et l'aider à réduire ses émissions. Elle demande la même somme à Ottawa qui serait disposé à la lui accorder.

L'entrée de la Fonderie Horne à Rouyn-Noranda.

L'entrée de la Fonderie Horne à Rouyn-Noranda (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Cotnoir

Le projet de loi sera adopté, prévient le bureau de Fréchette

Le projet de loi 11, qui permettait ces assouplissements, est mort au feuilleton avec la prorogation de la session parlementaire, le 8 avril.

Nous avons l’intention de le rappeler et de procéder aux dernières étapes menant à son adoption, écrit l'attachée de presse de la première ministre, Élodie Masson, dans un courriel à Radio-Canada.

Notre objectif a toujours été et demeure de protéger à la fois la santé de la population et les emplois, notamment les 600 travailleurs de la région.

Lors de l'étude du projet de loi 11, le gouvernement de la CAQ a estimé avoir trouvé un certain équilibre avec sa proposition.

Québec s'est appuyé sur une résolution du conseil municipal de Rouyn-Noranda votée à huis clos qui soutenait les demandes de Glencore.

Le maire de Rouyn-Noranda Gilles Chapadeau avait admis avoir pris une position difficile dans un contexte de forte division de sa communauté sur cet enjeu.

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