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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayPlusieurs économistes et intervenants du milieu des affaires questionnent si les mesures annoncées mardi par le ministre Champagne pour riposter contre les tarifs de 50 % de l’administration Trump vont réellement aider les petites et moyennes entreprises à traverser cette crise.
La réponse ciblée du gouvernement Carney implique des contre-tarifs de 15 % à 50 % sur les produits visés par les États-Unis et plusieurs systèmes de prêts pour permettre de soutenir le flux de trésorerie des entreprises canadiennes.
C’est le prologue d’un livre bien plus long, lance Ian McLean, PDG de la Chambre de commerce de l’agglomération de Kitchener-Waterloo. J’espère que ce sera une lecture facile et que nous arriverons à la fin et à l’épilogue plus vite que nous ne le pensons.
La nouvelle salve tarifaire affecte surtout les petites et moyennes entreprises (PME), soit celles avec moins de 20 employés, contrairement aux tarifs précédents, qui visaient de grands secteurs, comme l’automobile et l’acier.
Le problème, c’est que la plupart des entreprises visées par ces tarifs n’ont simplement pas les moyens de voir leurs flux de trésorerie ralentir ou leurs coûts de production augmenter.
C’est un peu comme pour la COVID : les flux de trésorerie posent problème aux petites entreprises, dit M. McLean.
En plus, les PME ont déjà accumulé des dettes depuis un certain temps et ne sont donc pas prêtes à en assumer encore plus, estime Simon Gaudreault, économiste en chef de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI).

Au lieu des mesures actuelles, Simon Gaudreault, économiste en chef de la Fédération canadienne des entreprises indépendantes, souhaite que le gouvernement baisse les impôts des PME, pour leur permettre plus de liquidité. (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada / Frédéric Deschênes
Il souligne que les mesures actuelles sont très similaires aux programmes qui avaient été mis en place plus tôt durant la guerre commerciale, que très peu d'entreprises avaient utilisée à cause des démarches assez compliquées et des critères très stricts qui sont mis en place par les agences et par le gouvernement et qui font en sorte d’exclure la vaste majorité des entreprises.
Au lieu des mesures actuelles, la FCEI souhaite que le gouvernement baisse les impôts des PME, ce qui leur permettrait de retenir plus de liquidité. C’est une façon très efficace, très rapide, d’amener plus d’argent dans les coffres des entreprises , affirme M. Gaudreault.
D’ailleurs, les contre-tarifs pourraient aussi affecter négativement des entreprises canadiennes dont les intrants proviennent des États-Unis, précise l’économiste.
Un secteur parfois oublié, mais bien affecté
Les producteurs de fleurs se voient presque obligés d’utiliser tous les outils mis à leur disposition par le gouvernement fédéral, selon Andrew Morse, directeur exécutif de Flowers Ontario Canada inc. C’est surtout parce que la relation entre les producteurs de fleurs et les vendeurs américains est extrêmement importante pour leurs ventes.
De nombreuses exploitations agricoles risquent de devoir absorber une partie de ces droits de douane afin de préserver ces relations vraiment importantes avec leurs clients.
Le marché canadien n’est simplement pas assez grand pour les producteurs de fleurs. Il existe des exploitations agricoles capables à elles seules d’approvisionner l’ensemble du pays, explique-t-il. Il est aussi impossible de transporter ce produit dans d’autres marchés, puisque le temps de transport est plus long que la durée de vie du produit.
Pour les fleurs coupées, les bénéfices de l’année dernière se sont accumulés à 250 millions de dollars canadiens, affirme M. Morse. Parmi eux, 150 millions de dollars sont attribués aux exportations vers les États-Unis.
Des progrès encore à faire
Pour les présidents des entreprises affectées par les tarifs de 50 %, il devient difficile de prendre des décisions puisqu’ils ne savent pas si cette guerre tarifaire est temporaire ou un bris permanent dans la relation d’échange entre le Canada et les États-Unis, explique François Neville, professeur agrégé en gestion stratégique à l’Université McMaster.

Les producteurs de fleurs se voient presque obligés d’utiliser tous les outils mis à leur disposition par le gouvernement fédéral, selon Andrew Morse, directeur exécutif de Flowers Ontario Canada inc. (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada / Evan Mitsui
Il ajoute que la nouvelle vague de tarif du Canada envers les États-Unis pourrait aider à rendre le marché plus égal. C’est-à-dire que, comme les produits canadiens sont moins compétitifs aux États-Unis à cause des droits de douane américains, les produits américains seront moins compétitifs au Canada à cause de la réponse canadienne.
Par contre, même si le marché est égal, est-ce que le marché canadien est aussi rentable?, demande le professeur. Il souligne qu’il y a un coût pour réorienter les opérations américaines vers le Canada et que les barrières interprovinciales limitent la taille du marché canadien, alors que le marché américain est beaucoup plus vaste.
Est-ce qu’une PME au Manitoba qui exportait vers le Minnesota et le Michigan peut rebâtir son marché exclusivement au Manitoba? Probablement pas.
M. McLean croit que cette guerre commerciale avec le principal partenaire commercial du Canada devrait rappeler que le libre-échange au sein du pays est d’autant plus important. Soit le Canada survivra et prospérera en s’unissant, soit nous nous effondrons ensemble, conclut-il.


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