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L’Alberta se rapproche d’un référendum sur l’indépendance

1 month ago 8

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La pétition pour l’indépendance de l’Alberta aurait recueilli 301 620 signatures, selon les organisateurs du groupe Stay Free Alberta. Ce nombre dépasse largement le seuil minimal de 178 000 noms requis pour mettre en place un référendum. Ces chiffres doivent encore être vérifiés et validés par Élections Alberta.

Je ne pense pas que Danielle Smith puisse, politiquement parlant, ignorer des centaines de milliers d'Albertains qui ont fait la queue, jusque dans les nuits sombres de janvier pour avoir la chance de voter sur l'indépendance, a déclaré lundi l’avocat du mouvement, Jeffrey Rath.

Mitch Sylvestre, l’un des architectes du groupe Stay Free Alberta, a déclaré lundi devant ses partisans être impatient que le gouvernement franchisse les prochaines étapes afin d'inclure cette question au bulletin de vote du référendum, le 19 octobre 2026.

Il s'agit d'un appui important pour la séparation, croit le professeur de sciences politiques au campus Saint-Jean de l’Université de l’Alberta Frédéric Boily. Les organisateurs laissaient initialement planer l’idée d’atteindre le million de signatures, rappelle-t-il tout de même.

Le dépôt de la pétition place Danielle Smith dans une position délicate. Elle doit tenir compte de l'appui pour la séparation qui est plus fort au sein de son parti que dans la population générale, précise Frédéric Boily.

En avril, une pétition concurrente demandant que l’Alberta demeure au sein de la fédération canadienne a récolté plus de 400 000 signatures.

La première ministre Danielle Smith a déjà affirmé qu'elle déclencherait un référendum pour la séparation à l'échelle de la province si un nombre suffisant de noms était recueilli et vérifié.

La crédibilité de la pétition mise à mal

L’ensemble du mouvement séparatiste est désormais sous la loupe des autorités depuis la publication de la liste électorale par le Centurion Project.

Celle-ci contenait les renseignements personnels de près de 3 millions d’électeurs albertains.

Les Albertains auront tous des opinions, j'en suis sûr, sur la question de savoir si la liste électorale a été utilisée de manière inappropriée lorsqu'il s'agit de recueillir des signatures, peut-être en gonflant le nombre de noms sur une pétition, soutient le professeur de science politique à l'Université de l'Alberta Jared Wesley.

De nombreux séparatistes sont très mécontents du Centurion Project et de leurs dirigeants pour avoir entravé leurs efforts visant à organiser un référendum.

Le directeur général des élections, Gordon McClure, a annoncé que le processus de vérification sera resserré pour garantir la validité de chaque signature. Les autorités traqueront notamment les noms fictifs insérés stratégiquement dans les listes électorales officielles.

Ces entrées témoins permettent de retrouver la source des données en cas de fuite ou d'utilisation illicite.

Un homme debout derrière une pile de boîtes contenant des signatures, le 4 mai 2026.

Mitch Sylvestre (à gauche) et Jeffrey Rath (à droite) sont les organisateurs du mouvement séparatiste en Alberta.

Photo : Radio-Canada / Alice Burgat

Des liens troubles entre la pétition et Centurion

Jeffrey Rath répète que la collecte de signatures de Stay Free Alberta est irréprochable. Notre processus a été transparent du début à la fin. Chacun de nos agents de collecte a été identifié et numéroté. Chaque signataire devait présenter une pièce d'identité.

L'avocat rejette toute association avec le scandale des données : Stay Free Alberta n'a pas été impliqué [dans le projet Centurion]. Nous n'avons pas fait de recherches dans leur base de données, nous n'avons pas eu accès à leurs informations.

Cette version est toutefois contestée par Jared Wesley. Certains de leurs principaux organisateurs, comme Jeffrey Rath, ont ouvertement encouragé les démarcheurs à utiliser l'application Centurion Project pour accroître leur portée auprès des électeurs, dit-il.

Lori Williams, professeure agrégée d'études politiques à l'Université Mount Royal, confirme la proximité des différents groupes. David Parker, associé à Take Back Alberta et fervent défenseur de la séparation, est aussi lié au projet Centurion.

Un test juridique crucial

Avant même la vérification de la pétition par Élections Alberta, le processus devra franchir l'étape de la Cour du Banc du Roi. Une juge d'Edmonton doit statuer la semaine prochaine sur une contestation lancée par un regroupement de Premières Nations de l'Alberta. Ces dernières soutiennent que la pétition viole les droits issus des traités.

La juge a ordonné que les signatures ne soient ni examinées ni comptabilisées tant que le tribunal n'aura pas rendu sa décision.

Jeffrey Rath se dit peu inquiet du verdict à venir, estimant qu'aucun traité n'est bafoué. C'est une décision incompréhensible. Si vous ne pouvez pas identifier quel droit issu des traités est violé par une simple collecte de signatures, alors il n'y a absolument aucune obligation de consulter.

Si la pétition survit à ces défis juridiques et administratifs, le mouvement séparatiste espère la tenue d'un référendum dès cet automne.

Précision :

Le 4 mai 2026, nous avons modifié ce texte pour préciser que la pétition en faveur du maintien de l'Alberta au Canada avait recueilli plus de 400 000 signatures.

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