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L’histoire de la Montérégie en maquettes

2 hours ago 3

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Cet été, Marc Walsh expose ses maquettes à trois endroits différents. Il participe aussi au dévoilement public de deux de ses nouvelles créations et travaille sur sa prochaine œuvre : l'ancien moulin à farine de Saint-Louis-de-Gonzague.

Il s'étonne lui-même de l'intérêt que suscitent ses maquettes d'endroits anciens. D'autant plus qu'il n'a commencé qu'en 2020 à s'adonner à cette passion qui, depuis, ne le quitte plus.

Je me cherchais un passe-temps alors que j'allais prendre ma retraite. Mais je faisais déjà des cabanes d'oiseaux depuis longtemps et j'étais habile pour travailler le bois, raconte-t-il.

Ses deux premières maquettes représentaient des stations-service Shell et Texaco des années 1950. Il faut dire que le garage de Marc Walsh ressemble à un petit musée à la gloire des anciens postes d'essence.

Puis il a fait une maquette d'une ferme laitière, car c'est comme producteur laitier, puis vendeur de semences, qu'il a fait carrière, tout en collectionnant des objets liés aux stations-service de son enfance.

En 2021, il a appris que, sur les 5000 écoles de rang qui ont existé au Québec, une seule est toujours en activité : celle de Saint-Télesphore, en Montérégie-Ouest, tout près de la frontière avec l'Ontario. Mille heures de travail plus tard, il dévoile la maquette de l'école comme elle est aujourd'hui (photo principale de cet article).

Marc Walsh a le souci du détail. J'utilise toujours les vrais matériaux. J'utilise du bois. Pour les fondations, j'utilise de la vraie pierre. Alors, il n'y a pas de carton, précise-t-il.

Ce qui arrive, c'est qu'un type qui prendrait peut-être 100 heures pour faire une petite maison, disons, moi, je peux en prendre quatre fois plus, parce que c'est toutes des pièces de bois que je dois tailler une à une et les coller.

 les bureaux, les chaises, des bibliothèques, des dessins d'enfants aux murs.

L'intérieur de l'école primaire Soulanges, à Saint-Télesphore, en Montérégie, la dernière école de rang toujours en activité au Québec

Photo : Radio-Canada / René Saint-Louis

Le maquettiste a pu profiter d'un accès privilégié à l'école de Saint-Télesphore pour en reproduire fidèlement l'intérieur. Les élèves lui ont même fait des modèles réduits de leurs dessins, pour qu'il puisse les suspendre aux murs de la maquette.

Touché par l'accueil qu'il a reçu, Marc Walsh a ensuite refait une maquette de l'école, mais comme elle était lors de sa construction, en 1919. Il en a ensuite fait don à la famille Cuillerier, dont l'ancêtre Avila Cuillerier a bâti l'école.

La petite maison dans la prairie

Son œuvre la plus imposante, celle qui l'a fait connaître, reste cependant la reproduction à l'échelle 1:24 de l'ensemble du village de Walnut Grove, à temps pour le 50e anniversaire de la célèbre série télévisée La petite maison dans la prairie.

Après 4500 heures de travail, sa reproduction du village de La petite maison dans la prairie a été exposée à Huntingdon, à Saint-Anicet et au Musée ferroviaire canadien de Saint-Constant, en Montérégie, avant de trouver un domicile permanent au Musée Rodrigue de Saint-Sauveur, dans les Laurentides, où se trouvent d'autres de ses maquettes.

 l'école, la banque, le bureau de poste, le magasin des Oleson et la maison des Ingalls.

Les maquettes du village de la série télévisée «La petite maison dans la prairie» dans le garage de Marc Walsh, avant leur déménagement au Musée Rodrigue, à Saint-Sauveur, dans les Laurentides

Photo : René Lortie, phototographe

C'est avec enthousiasme que Marc Walsh rappelle que, dans la série, Charles Ingalls travaillait au moulin à scie de Walnut Grove. Juste la roue qui tourne avec de l'eau, juste dans cette rue-là, il y a 100 pièces de bois. Alors, ça montre un petit peu l'énormité du travail.

Impressionné par la qualité de la maquette de l'école de rang, puis par celle du village de Walnut Grove, le photographe animalier René Lortie a décidé d'inclure des photos des œuvres de Marc Walsh sur son site Internet (nouvelle fenêtre). C'est la minutie avec laquelle il travaille et son approche avec les matériaux qui m'ont impressionnées, dit-il.

Des maquettes qui font le bonheur des sociétés d'histoire

Cet été, les dernières maquettes de Marc Walsh sont exposées dans les locaux de la Société historique de Saint-Anicet, en Montérégie, jusqu'au 16 août, ainsi qu'à la Châteauguay Valley Antique Association, le week-end du 22 et 23 août.

Ces maquettes représentent une école de rang de Saint-Anicet, un shanty, c'est-à-dire une cabane en bois rond de colon, et l'église calviniste de Rivière-La Guerre, un village écossais abandonné en Montérégie.

La maquette représente une église calviniste modeste, de petite taille, avec un petit clocher en bois et des vitraux rouges et orange.

La maquette de l'église calviniste de Rivière-La Guerre, en Montérégie

Photo : Société historique de Saint-Anicet

C'est une maquette de l'église qui, aujourd'hui, est en ruines, mais qui fait quand même le bonheur de la région, parce qu'elle est quand même préservée avec le cimetière autour. Alors, Marc Walsh a fait une maquette de cette église-là, du temps où elle était fonctionnelle, raconte le président de la Société historique de Saint-Anicet, Luc Quenneville.

Le dévoilement de la maquette (nouvelle fenêtre) a eu lieu le 25 juillet dernier dans les ruines de l'église. Plus de 80 personnes s'étaient déplacées pour l'occasion. L'église a été construite en 1847, puis abandonnée dans les années 1940. Marc Walsh se souvient d'avoir été impressionné, lorsqu'il était enfant, du fait qu'une église peut être abandonnée.

Des gens se tiennent debout à l'intérieur le long des murs intérieurs de l'église qui n'a plus de toit ni de fenêtres.

Le dévoilement de la maquette de l'église calviniste de Rivière-La Guerre, le 25 juillet 2026, a eu lieu dans les ruines de l'église.

Photo : Société historique de Saint-Anicet

La société d'histoire entend profiter du dévoilement officiel de la maquette de l'ancienne école de rang de Saint-Anicet, le 6 septembre prochain, pour présenter dans ses locaux une conférence du conteur et animateur en patrimoine Robert Payant, intitulée De l'école de rang à la polyvalente, un siècle d'instruction publique.

L'école jaune vue de côté comporte trois fenêtres. Son toit est en bardeau de cèdre.

La maquette de l'ancienne école de rang Newfoundout de Saint-Anicet

Photo : Radio-Canada / René Saint-Louis

Luc Quenneville apprécie particulièrement le travail de recherche et de documentation de Marc Walsh. Son souci du détail n'est pas seulement dans la conception, souligne-t-il.

Présentement, il y a un autre projet en cours. Il est en train de faire un moulin qui était à Saint-Louis-de-Gonzague. Il y avait un moulin là-bas; il n'existe plus, ce moulin. Mais avec des photos, puis les différents détails donnés par les historiens du coin, il est en train d'amasser de l'information, puis de reconstruire le moulin. Il n'est pas arrêtable! s'exclame Luc Quenneville.

L'intérieur est en bois. Il y a un poêle à bois au centre et deux rangées de sept pupitres.

L'intérieur de l'ancienne école de rang de Saint-Anicet

Photo : Radio-Canada / René Saint-Louis

C'est la Société d'histoire de Saint-Louis-de-Gonzague qui lui a demandé s'il souhaitait s'attaquer au moulin Boyer, construit en 1859 et détruit en 1945. L'organisme venait alors d'exposer de façon permanente les anciennes meules dans un parc de la municipalité, accompagnées d’un panneau d’interprétation.

Cent fois sur le métier...

Marc Walsh dit travailler pour deux raisons : par passion, mais aussi pour préserver l'histoire de sa région.

Maquettiste, c'est l'amour : aimer faire des maquettes! Et deuxièmement, c'est patience, patience et patience. Alors, si vous n'avez pas ces deux choses-là, vous ne pouvez pas devenir maquettiste.

 une en carton, l'autre en bois.

Marc Walsh dans son atelier en train de construire la maquette de l'ancien moulin à farine de Saint-Louis-de-Gonzague, en Montérégie. La maquette de droite est en carton et sert à établir les bonnes dimensions de la maquette finale, celle de gauche, qui est en bois.

Photo : Radio-Canada / René Saint-Louis

D'ailleurs, il avoue qu'il a dû recommencer trois fois un mur de la maquette du moulin en raison d'une insatisfaction qui le pousse parfois à recommencer son travail.

Si je fais une pièce de bois, mais je ne suis pas trop satisfait, là, j'arrête. Je me repose. Le lendemain matin, je descends dans mon atelier, et là, souvent, je vais voir si j'ai fait une erreur. Et puis, si c'est le cas, c'est mieux de recommencer tout de suite. Parce que si tu laisses aller, ton erreur va te racheter. J'aurais dû donc bien recommencer! Asteure, avec mon expérience, s'il y a quelque chose qui cloche, je recommence. Quand même que ça prend une journée de plus.

Le souci du détail va même jusque dans le choix des essences de bois. Son atelier regorge de pin, de cèdre, de vieilles planches de grange diverses qui servent à reproduire le plus fidèlement possible les revêtements des murs des maquettes. Une maquette peut avoir trois couches de bois : une pour la structure, une pour le revêtement extérieur et une autre pour le revêtement intérieur des murs.

Une fois le moulin à farine terminé – avant la fin de l'automne, précise-t-il –, Marc Walsh compte reproduire l'ancienne gare ferroviaire de Huntingdon. Le bâtiment construit en 1893 avait été détruit de manière sauvage, sans permis de la Ville, en 1989.

Puis, vers le temps des Fêtes, il entend faire la maquette d'une église de Dalhousie, toujours en Montérégie-Ouest, son coin de pays.

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