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La crise de l’itinérance atteint un niveau sans précédent

1 day ago 10

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Le quinquagénaire débarque au campement de Longueuil avec une petite remorque. L’ancien charpentier y a rangé quelques outils, de vieux meubles et des souvenirs.

Yves Bergeron vient de perdre son logement et son ex-conjointe ne veut plus l’héberger.

Je suis comme dans mes premières 48 heures d’itinérance nous dit-il.

En fait, il revient dans la rue après avoir été en logement pendant des années. Le campement, situé entre le fleuve et l’autoroute 132, compte des dizaines de tentes. Yves Bergeron connaît plusieurs des résidents. Il y retrouve même le travailleur social qui l’avait sorti de la rue il y a plusieurs années.

Ça fait longtemps qu’on s’est vus! lui lance Stéphane Dufour, travailleur social de Santé Québec Montérégie-Est. Ils se donnent l’accolade.

Le travailleur social sait que ramener Yves Bergeron en logement sera compliqué.

Je vois le changement chaque année. Il y a de plus en plus de personnes. Et c'est des cas qui sont difficiles à aider.

Stéphane Dufour, travailleur social, prend contact avec un aîné fraîchement débarqué au campement de Longueuil, le long de la 132.

Stéphane Dufour, travailleur social, prend contact avec un aîné fraîchement débarqué au campement de Longueuil, le long de la 132.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Plusieurs fois par semaine, Stéphane Dufour parcourt le campement. Il y rencontre souvent de nouveaux arrivants, comme cet aîné débarqué là avec une tente-roulotte à la fin de juin.

On va vous rencontrer parce que, si vous ne voulez pas être ici cet hiver, il faut commencer tout de suite, lui dit le travailleur social. Y a pas beaucoup de logements.

C’est encore et toujours le principal problème. Trouver un logement ou une chambre sous la barre des 1000 $ est très compliqué.

Ou on paie 650 dollars pour vivre dans une maison de chambres surchauffée avec des punaises, ou on vit ici gratuitement. Moi, je choisirais ici gratuitement si j'étais dans cette situation-là.

Stéphane Dufour tente d’orienter les itinérants vers les ressources existantes, comme La Halte du Coin. Fondé en 2020, l’organisme de Longueuil compte une trentaine de lits d’urgence. Et bientôt huit lits pour des sans-logis qui sont prêts à revenir en logement.

Le psychiatre Laurent Darveau offre sur place des consultations médicales. Parce qu’une forte proportion des sans-logis vivent avec des troubles de santé mentale, auxquels s’ajoutent souvent des problèmes de consommation.

Même si le réseau de la santé québécois multiplie les initiatives, le psychiatre constate que le problème d’itinérance s’aggrave.

Le psychiatre Laurent Darveau avec un jeune à risque d'itinérance.

Le psychiatre Laurent Darveau avec un jeune à risque d'itinérance

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

On reçoit des références d'un peu partout. De la détention, de l'hôpital. Ça peut même venir de la DPJ, fait remarquer le psychiatre.

Comme dans le reste du Québec, les chiffres prouvent que la situation se complique. Le nombre d’itinérants est passé d’environ 500 à plus d’un millier depuis 2018 en Montérégie. Malgré le contexte difficile, le psychiatre met l’accent sur les succès.

Il y a beaucoup de petites victoires. Tous les mois, on accompagne des gens qui restent en logement pendant longtemps.

La Ville de Longueuil collabore avec Santé Québec Montérégie-Est et des organismes comme La Halte du Coin.

Il y a actuellement un record de construction de logements à but non lucratif à Longueuil, affirme la mairesse Catherine Fournier. Elle souhaite, cela dit, que le gouvernement fédéral bonifie les programmes d’accès au logement.

 Un résident du campement sur le bord du fleuve, à Longueuil, vu de dos.

Un résident du campement sur le bord du fleuve, à Longueuil, vu de dos.

Photo : Ivanoh Demers

Un point de vue partagé par la Fédération canadienne des municipalités (FCM). La crise de l’itinérance atteint un niveau sans précédent dans nos municipalités, et les épisodes de chaleur rendent la situation encore plus criante, explique son président Tim Tierney.

La FCM demande à Ottawa de bonifier les programmes de maintien en logement.

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