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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayLa Ligue nationale est-elle une méritocratie? À priori oui. En pratique, c’est compliqué.
Il y a malgré tout une hiérarchie à respecter dans une équipe de hockey et, même si l’ancienneté n’est certes pas autant valorisée que dans le milieu syndical, elle n’est pas à dédaigner non plus.
S’il est question ici de cet idéal d’organisation sociale pour les uns, piège idéologique pour les autres, c’est parce qu’au surlendemain d’une solide prestation d’Alexandre Texier avec le Canadien à Ottawa mercredi, on voulait voir si le Français avait été assez convaincant pour obtenir un tour régulier à l’entraînement au sein des quatre trios.
Réponse courte : non.
Vendredi, Cole Caufield, visiblement remis du mal qui l’a affligé en milieu de semaine, volait sur la glace à son poste habituel et les autres trios sont demeurés inchangés. La première unité est intouchable, celle d’Oliver Kapanen, en dépit d’indicateurs de possession de rondelle défavorables, continue de déjouer les statistiques et le récent assemblage Zachary Bolduc, Jake Evans et Kirby Dach produit des résultats intéressants.
Les plus malins auront deviné ce qui suit. Un trio paraît vulnérable ces jours-ci et c’est celui composé par les vétérans Phillip Danault, Brendan Gallagher et Josh Anderson.
Le collègue Marc Antoine Godin soulignait jeudi, chiffres à l’appui, leurs lacunes malgré un contexte souvent favorable.
Après l’entraînement vendredi, Danault a reconnu d’emblée les failles.
Dans les dernières semaines, c’est un peu plus difficile. On amène ce qu’on peut. On n’a pas tant besoin d’amener de l’attaque, mais c’est de connecter. La connexion n’est pas toujours là à 100 %. C’est de pratiquer un jeu simple. On gagne des matchs, c’est tout ce qui compte, a-t-il laissé tomber comme pour convaincre son auditoire.
Ses comparses et lui, a-t-il déploré, n’arrivent pas à prolonger leurs présences en zone offensive, malgré le fait qu’ils en amorcent beaucoup dans ce territoire.
Il n’a pas tort quand il dit qu’ils sont capables de faire plus que des attaques isolées (one and done, en anglais), a admis Martin St-Louis.
En perte de vitesse
Réunis le 17 janvier, les trois attaquants ont disputé 16 matchs ensemble et ont réussi à marquer un but de plus que l’adversaire à cinq contre cinq, mais les modèles statistiques suggèrent qu’il s’agit là d’une anomalie. Jusqu’à présent, l’entraîneur n’est pas parvenu à recréer cette combinaison heureuse de vétérans, comme celle de l’an dernier avec Christian Dvorak dans le rôle de Danault.

Phillip Danault
Photo : Reuters / David Kirouac
Le Québécois et Anderson conservent un rôle de spécialistes en raison de leurs responsabilités en désavantage numérique. Gallagher, c’est moins clair.
Son temps de glace fond comme neige au soleil cette saison. À 12 min 39 s en moyenne, il s’agit, et de loin, de la plus faible utilisation de sa carrière, plus d’une minute de moins que lors de son année recrue. Même s’il obtient encore sa part de chances de marquer, sa production est en chute libre (20 points, dont 6 buts en 64 matchs).
Avec 15 attaquants disponibles, il y aurait de quoi sentir le souffle du remplaçant dans son cou. On aurait aimé lui en glisser un mot, mais le numéro 11 n’a pas été rendu disponible. On regarde à gauche, tiens, Danault y est toujours.
Il ne devrait pas sentir cette pression parce que [Gallagher] donne tout, peu importe la situation. C’est le gars qui a le plus grand cœur ici, c’est un excellent coéquipier et il est prêt à tout faire pour gagner des matchs de n’importe quelle façon.
C’est pas facile parce qu’on a tous des égos comme joueur de hockey. Tu joues sur les deux premiers trios toute ta carrière et à un moment donné, tu descends. Ça peut donner un coup mental […] C’est jamais facile quand ton temps de jeu et ton rôle régressent. Moi, mon rôle diminuait à Los Angeles et j’ai eu une chance de venir ici et ça donne un regain, a fait valoir Danault.
À n’en point douter, Gallagher sait ce qui lui pend au bout du nez. Il fait tout en son pouvoir pour réaffirmer jour après jour sa pertinence. Si cela implique de jeter les gants contre Jake McCabe à qui il concède 10 cm (4 po) et 11 kg (25 lb), ainsi soit-il.
S’il faut bousculer un peu les collègues à l’entraînement, advienne que pourra. Juraj Slafkovsky l’a appris à ses dépens vendredi dans un coin de patinoire, plaqué solidement par son ami.
Enfin, solidement, c’est à confirmer.
Ce n’était pas solide, il m’a juste surpris, a lancé le grand Slovaque sourire fendu jusqu’aux oreilles. Tu ne t’attends pas à ce que Gally s’en prenne à toi comme ça.
Jakub Dobes ne devait pas non plus s’attendre à ce que l’ailier laisse partir un lancer frappé pendant un exercice de routine avec une rondelle à la hauteur des oreilles. Le gardien n’avait pas l’air enchanté. Gallagher, lui, arborait ce petit quelque chose de goguenard qui fait sa marque de commerce depuis 13 ans maintenant.
Difficile de dévier Gallagher de son objectif, surtout quand ledit objectif devient vital : il s’agit de survivre dans la Ligue nationale.
Comme tout vétéran, je suis passé à travers ça aussi, a raconté St-Louis.
Tes minutes diminuent. On est tous des compétiteurs, c’est la roue qui tourne. Quand Gallagher était un joueur de premier plan sur le top 6, il a sûrement poussé un gars, un vétéran, qui a vu ses minutes diminuer.
Le comprendre ne veut pas dire l’accepter. Et l’accepter ne signifie pas non plus s’y résigner. Pour l’instant, Gallagher maintient sa place dans la formation et il ne sera pas facile de l’en déloger.
Une équipe de hockey est une méritocratie à géométrie variable et désolé pour tous ceux à qui on avait dit qu’il n’y aurait ici ni philosophie ni mathématiques.
Pour déterminer qui joue d’un match à l’autre, nos standards, comment tu pratiques, à quel point tu es combatif, ton effort, ton attitude, ça fait partie de l’équation, a rappelé l’entraîneur.
Le statut de vétéran de 33 ans à 2 matchs de son 900e qui a aidé les jeunes à naviguer sur les eaux troubles de la reconstruction semble aussi en faire partie.
Cette place, il faudra la lui arracher avec des pinces de désincarcération.


2 months ago
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