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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayUn juge de la Cour supérieure du Québec a lancé un message fort contre la violence armée en condamnant un Montréalais à deux peines d'emprisonnement à perpétuité pour son rôle dans la mort d'une adolescente de 15 ans.
Le juge Yvan Poulin a déclaré jeudi devant la cour que la mort de Meriem Boundaoui, en 2021, met en évidence les conséquences du trafic d'armes illégales et les dangers que celui-ci représente pour le public.
Il a fait valoir que ce crime a coûté la vie à une victime innocente qui n'avait rien à voir avec le conflit, témoignant ainsi de l'ampleur des conséquences de la violence armée dans l'espace public.
Le juge Poulin a condamné Salim Touaibi à la prison à vie pour le meurtre de Meriem Boundaoui et lui a infligé une deuxième peine de prison à vie pour tentative de meurtre sur quatre personnes qui se trouvaient à proximité. Touaibi n'aura pas droit à la libération conditionnelle avant 25 ans.
Tuée pour un conflit qui ne la concernait pas
Le mois dernier, un jury a reconnu Touaibi coupable de meurtre au premier degré pour s'être approché d'une voiture et avoir ouvert le feu, tuant l'adolescente alors qu'elle était assise sur le siège du passager du véhicule visé, le 7 février 2021.
Le juge Poulin a décrit la victime comme une passante qui se trouvait au mauvais endroit au mauvais moment et qui a été prise dans les tirs croisés d'un conflit entre deux entreprises familiales qui ne la concernaient pas.
Il a indiqué que Touaibi avait traqué ses rivaux pour les tuer, et le fait qu'il ait tiré sur l'adolescente à la place ne l'en rend pas moins coupable.
Le juge Poulin a noté que plusieurs membres de la grande famille de Meriem Boundaoui, y compris ses parents et sa sœur, avaient témoigné, lors de l'audience de détermination de la peine, de la profonde douleur et de la souffrance que sa mort avait causées.
Il a également souligné que des dommages durables avaient été causés aux victimes de la tentative de meurtre, dont l’identité est protégée par une interdiction de publication.
Une des victimes a témoigné avoir été contrainte d’abandonner une carrière prometteuse dans le domaine du tennis en raison de ses blessures, qui lui ont causé de profondes souffrances physiques et mentales.
Une autre victime a été filmée par les caméras de sécurité en train de porter le corps sans vie de la jeune Boundaoui dans ses bras après le drame.
Salim Touaibi a reconnu pendant le procès qu’il était le tireur, mais il a affirmé ne pas s’être rendu compte que l'adolescente ou quelqu’un d’autre se trouvait dans la Jetta lorsqu'il a ouvert le feu dans l’intention d’effrayer les personnes à proximité après s’être senti menacé.
Le juge Poulin a déclaré jeudi que sa version des faits n’avait pas été retenue par le jury et n’avait pas soulevé de doute raisonnable quant à la culpabilité de M. Touaibi.
Une vie marquée par le crime
Lors de la lecture de son verdict, le juge a noté que Touaibi menait une vie marquée par le crime avec notamment plusieurs infractions liées aux armes. Il avait entre autres été arrêté en mars 2022, plus d’un an après la mort de Meriem Boundaoui, mais avant son arrestation pour meurtre.
Le juge Poulin a déclaré que la peine sévère prononcée pour les chefs d’accusation de tentative de meurtre était justifiée pour plusieurs raisons, notamment la brutalité du crime, le nombre de victimes, l’utilisation d’une arme à feu dans un lieu public, les conséquences sur les victimes, le casier judiciaire antérieur de M. Touaibi et le fait qu’il était en probation au moment des faits.
Quant aux circonstances atténuantes qui justifieraient une peine plus clémente, il a indiqué qu’elles étaient, pour l’essentiel, inexistantes.
Un autre homme qui se trouvait dans la voiture avec Touaibi et qui faisait face aux mêmes accusations a été acquitté par le jury.
La mort de cette élève du secondaire a bouleversé la communauté algérienne du Québec et a suscité un appel général en faveur de mesures plus strictes pour mettre fin à la violence par armes à feu.
La mairesse de Montréal et le chef de la police ont annoncé la création d’une nouvelle unité policière chargée de lutter contre les trafiquants d’armes à la suite du décès de cette adolescente et de celui de deux autres adolescents la même année.


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