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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayLe ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) va aménager des cabines insonorisées à son nouveau siège social afin que ses employés puissent s’isoler du bruit. Un aveu que les espaces de travail à aire ouverte sont parfois incompatibles avec les tâches nécessitant de la concentration et de la confidentialité.
Le MSSS a publié le 10 juillet un appel d’offres pour l’acquisition de huit cabines acoustiques individuelles à ses locaux situés au 930, chemin Sainte-Foy, à Québec.
L'invitation à soumissionner vise à répondre aux besoins liés aux activités nécessitant un isolement sonore, tels que les appels téléphoniques et les visioconférences, ou les tâches requérant une attention soutenue.
Nuisances sonores
Les espaces de travail actuels sont majoritairement aménagés à aire ouverte et offrent peu d’options pour s’isoler du bruit. Cette configuration limite la tenue d’échanges nécessitant de la confidentialité et complique la réalisation de tâches demandant de la concentration, peut-on lire dans l’appel d’offres du Ministère.
Les nuisances sonores et les interruptions qui en découlent peuvent affecter l’efficacité des activités réalisées par le personnel.

Le MSSS souhaite acquérir huit cabines acoustiques individuelles pour ses locaux situés au 930, chemin Sainte-Foy, à Québec.
Photo : Crédit : Ministère de la Santé et des Services sociaux
Le Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ) voit dans l’appel d’offres une admission que les bureaux à aire ouverte sont mal adaptés à certaines tâches effectuées par les fonctionnaires.
Ils reconnaissent finalement que les espaces de travail offrent peu d'options pour s'isoler du bruit, que ça limite la tenue d'échange, confie en entrevue à Radio-Canada le président du SPGQ, Guillaume Bouvrette. Il y a donc une reconnaissance de la part du Ministère, comme employeur, qui constate les enjeux sur le terrain de la nuisance sonore, des interruptions qui peuvent affecter l'efficacité des activités réalisées par le personnel.
Clientèle vulnérable
M. Bouvrette fait remarquer que les fonctionnaires travaillant dans des bureaux administratifs sont souvent appelés à intervenir auprès d’une clientèle vulnérable, qu’il s’agisse de victimes d’actes criminels, de travailleurs accidentés ou de prestataires de l’aide sociale. Les interactions avec ces personnes, insiste le président du SPGQ, requièrent de la délicatesse et de la confidentialité.
Ça demande des espaces de travail qui permettent aux gens de rendre les services à la clientèle et qu'elle se sente également respectée et écoutée dans ça et de ne pas entendre une cacophonie tout autour, fait-il valoir.

Guillaume Bouvrette ne croit pas que l’ajout de cabines insonorisées soit la solution aux problèmes de bruit dans les bureaux gouvernementaux.
Photo : Radio-Canada
C’est la deuxième fois en un mois que le MSSS entame des démarches pour acquérir du mobilier destiné à son nouveau siège social. Le 15 juin, il avait annoncé son intention d’accorder un contrat de gré à gré pour l’achat de 96 nouveaux postes de travail.
Le MSSS avait à cette occasion mentionné qu’en raison de la nouvelle politique-cadre en matière de télétravail, qui oblige depuis la fin du mois de janvier les fonctionnaires du gouvernement du Québec à passer un minimum de trois jours par semaine au bureau, il n’avait pas assez de postes de travail pour accueillir tous ses employés en présentiel.
Changement important
Guillaume Bouvrette voit dans l’achat de nouveaux postes de travail et l’acquisition de cabines acoustiques une nouvelle démonstration que l’imposition des trois jours en présentiel était une décision mal avisée.
Il rappelle que le réaménagement des espaces de travail au sein de la fonction publique, piloté par la Société québécoise des infrastructures (SQI), a été pensé sur la base d’un scénario prévoyant une présence au bureau des employés de l'État deux jours par semaine.
Cette variable-là a été modifiée de manière importante en ajoutant une journée supplémentaire et ce que ça a eu pour effet de faire, c'est de jeter à la poubelle des années de planification de la part des travailleurs de la SQI, qui ont dû retourner à la table à dessin, soulève M. Bouvrette.

Les huit cabines acoustiques individuelles que souhaite acquérir le MSSS seront aménagées à son siège social de Québec. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Érik Chouinard
Ce changement-là d'approche ne se fait pas en criant ciseaux. Alors, ça va prendre des années à réorienter le tir, ajoute-t-il.
En modifiant tout ça, on a créé, finalement, le pire scénario possible, c'est-à-dire en ramenant les gens davantage au bureau, mais dans des espaces qui ne sont plus aménagés comme ils l'étaient auparavant.
Guillaume Bouvrette doute par ailleurs que l’aménagement de cabines insonorisées individuelles parvienne à répondre aux besoins de concentration et de confidentialité des employés administratifs du MSSS.
Solution magique
On présente ça comme une solution magique à un problème [alors que] non seulement ça coûte cher, mais, pour en avoir vu quelques-unes en photo, je ne vois pas comment on peut avoir envie de s'installer dans ça, dans ce bocal pour travailler, illustre le président du SPGQ.
Il mentionne qu’aucun de ses membres n’a demandé l’installation de telles cabines et qu’il n’y a vraiment personne sur le terrain qui se dit que c’est une bonne idée.


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