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Le ministre François-Philippe Champagne commence sa mission en Chine

2 months ago 19

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Le ministre des Finances du Canada, François-Philippe Champagne, a commencé sa mission commerciale de quatre jours en Chine, au moment où le Canada cherche à consolider ses alliances outre-mer.

La Chine est soudainement devenue un partenaire essentiel pour de nombreux pays, dont le Canada. Les politiques commerciales du président américain Donald Trump ont obligé les alliés traditionnels de son pays à rechercher de nouveaux partenariats et à renforcer leur collaboration avec la deuxième économie mondiale – même si cette relation n'est pas sans difficultés.

En Chine, M. Champagne doit notamment rencontrer des dirigeants de haut niveau du secteur financier afin de nouer des partenariats stratégiques et d'attirer de nouveaux investissements, indique un communiqué du ministère des Finances.

Tout le monde a trouvé une manière stratégique de s’engager avec la Chine, a déclaré le ministre Champagne, quelques jours avant la visite, en référence à ses homologues du G7. La Chine est la deuxième économie mondiale et notre deuxième partenaire commercial; il faut donc s’engager.

Réduire le déficit commercial canadien

Le volume total des échanges commerciaux entre les deux pays s'élevait à 124,8 milliards de dollars en 2025, soit une hausse de près de 5 % par rapport à l'année précédente.

Il existe toutefois un déséquilibre commercial important entre les deux pays. L'année dernière, les exportations canadiennes de marchandises vers la Chine se sont élevées à 34 milliards de dollars, tandis que les importations en provenance de ce pays ont dépassé 90 milliards.

Un homme pose en veston.

David Perez-Des Rosiers est directeur de la section de Pékin du Conseil commercial Canada-Chine.

Photo : Radio-Canada / Lisa Xing

C'est un marché important qui ne peut être ni supplanté ni remplacé. Et cela vaut tout particulièrement pour un pays comme le Canada, qui exporte beaucoup de matières premières, a déclaré le directeur de la section de Pékin du Conseil commercial Canada-Chine (CCBC), David Perez-Des Rosiers, tout en soulignant que la Chine compte environ 1,4 milliard d'habitants.

De nombreux Canadiens qui font des affaires en Chine considèrent ce nouveau chapitre des relations bilatérales comme une occasion tant attendue de réduire le déficit commercial, alors que le Canada s'efforce d'atteindre l'objectif fixé par Mark Carney, à savoir augmenter les exportations vers la Chine de 50 % d'ici 2030.

En janvier, Mark Carney a conclu un accord avec Xi Jinping autorisant l'entrée de 49 000 véhicules électriques chinois au Canada à un taux de droits de douane réduit de 6,1 % – contre 100 % auparavant – en échange d'une réduction des droits de douane sur les produits agricoles, tels que la farine de canola, jusqu'à la fin de 2026. Toutefois, des tarifs réciproques de 25 % s'appliquent toujours à la viande de porc canadienne.

M. Carney avait résumé comment il entrevoyait cette relation, il y a quelques mois. C'est un partenariat qui reflète le monde tel qu'il est aujourd'hui, avec un engagement réaliste, respectueux et fondé sur les intérêts mutuels, avait déclaré le premier ministre lors d’une conférence de presse à Pékin.

Dégel rapide des relations

En novembre, la Chine a réintégré le Canada sur sa liste des destinations autorisées, permettant à nouveau les voyages organisés sur son sol. Elle a aussi étendu l'exemption de visa aux touristes et aux voyageurs d'affaires canadiens.

Des touristes prennent des photos en Chine.

Depuis février, les Canadiens n'ont plus besoin de visa pour la plupart des séjours de 30 jours ou moins en Chine.

Photo : Getty Images / Kevin Frayer

Il reste toutefois des questions à régler, selon M. Perez-Des Rosiers, qui espère que M. Champagne abordera celle des droits de douane actuels sur la viande de porc. D'autres discussions plus délicates, sur des questions telles que les droits de l'homme, devront inévitablement être abordées à un moment ou à un autre.

Les deux pays sont toujours en désaccord sur de nombreuses questions, a déclaré Zichen Wang, chercheur et directeur des relations internationales au Centre pour la Chine et la mondialisation, basé à Pékin. Leurs systèmes politiques sont très différents, tout comme leurs valeurs. Donc, les deux parties devront également gérer leurs divergences dans ces domaines.

La récente polémique sur le travail forcé qui a accablé M. Carney en est un exemple on ne peut plus clair.

En début de semaine, le premier ministre a défendu les efforts déployés par le Canada pour exclure de la chaîne d'approvisionnement les produits fabriqués par le recours au travail forcé, après que Michael Ma, l'un de ses nouveaux députés, eut continué de faire l'objet de vives critiques pour avoir semblé mettre en doute l'existence de cette pratique en Chine.

Le travail forcé et le travail des enfants, ainsi que la mise en place de normes en la matière, feront partie des discussions [de M. Champagne], j’en suis certain, a ajouté Mark Carney, lundi. De son côté, le ministre Champagne n’a pas précisé s’il aborderait directement ce sujet lors de ses entretiens.

D'après un texte de Lisa Xing, de CBC

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