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Les émissions de GES du Canada ont stagné en 2024

1 month ago 29

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Les émissions de gaz à effet de serre (GES) du Canada n’ont diminué que de 0,3 % en 2024, rapporte le nouvel inventaire national des GES publié sans tambour ni trompette par le ministère fédéral de l’Environnement.

En 2024, les émissions de GES se sont établies à 685 mégatonnes d’équivalent CO2, une baisse de deux mégatonnes par rapport à l’année précédente.

L’objectif d’Ottawa est toujours de diminuer de 40 % les émissions de GES par rapport au niveau de 2005 d’ici 2030 et d’atteindre la carboneutralité d’ici 2050.

Les données publiées dans le rapport montrent que le Canada a atteint le quart de cette cible six ans avant la date butoir, atteignant les 10 % de diminution par rapport au niveau de 2005.

Les émissions du secteur du pétrole et du gaz, qui connaissaient une légère baisse depuis 2021, étaient de retour à la hausse en 2024. Et, depuis 2005, elles ont augmenté de 5,1 % pour ce secteur.

C’est frappant qu’encore une fois, la plus grande augmentation dans les émissions provienne du secteur pétrogazier. Ce secteur est le plus émetteur au Canada, a indiqué en entrevue le chargé de recherche à l'Institut climatique du Canada, Ross Linden-Fraser.

Depuis 2005, les émissions liées à la production d'électricité ont diminué de 57 %, notamment grâce à l'abandon du charbon. Le secteur de l'agriculture, lui, n'a ni augmenté ni diminué significativement ses émissions.

Ottawa a publié ce document et l'a déposé aux Nations unies sans l’accompagner d’un communiqué de presse ou d'une conférence de presse, comme c’est généralement le cas pour ce genre de rapport. Questionné à ce sujet par Radio-Canada, le bureau de la ministre de l’Environnement, Julie Dabrusin, a répondu qu’il n’avait rien à cacher, puisque les données ont été publiées en ligne.

Ces données sont celles de l’année 2024, soit la dernière du gouvernement de Justin Trudeau. Et, depuis, a rappelé M. Linden-Fraser, nous avons vu un recul dans les politiques climatiques du Canada, au fédéral, mais aussi au niveau provincial.

On ne pense pas que la tendance de réduction va s'accélérer suffisamment pour atteindre nos cibles.

Il est plus évident que jamais que les pétrolières et les gazières tiennent la lutte climatique en otage au Canada et que le gouvernement est complice de cette industrie, a déclaré dans un communiqué le porte-parole du Bloc québécois en matière d’environnement, Patrick Bonin.

Le pire, c’est que nous n’avons rien vu encore : l’abandon d’importantes mesures de réduction de la pollution depuis l'arrivée de Mark Carney entachera encore plus le bilan du gouvernement au cours des prochaines années.

Immunité climatique

Vue aérienne de travaux lors d'une coupe forestière en automne.

Les émissions du secteur de la foresterie sont occultées des données cumulées par Ottawa. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada

Les données publiées dans le rapport excluent les émissions du secteur de l'affectation des terres et de la foresterie, chose que font beaucoup de pays, puisqu'ils considèrent notamment que les émissions de ces secteurs ne sont pas liées à l'activité humaine.

Pour regarder notre progrès, nous calculons seulement les activités humaines, explique M. Linden-Fraser. Or, avec l'augmentation de la fréquence des feux de forêt, notamment, les terres deviennent une source d'émission de GES.

C'est une tendance très troublante. C’est important, pas pour nos cibles, mais pour la capacité de la planète d’absorber les émissions et pour savoir si les effets des changements climatiques vont s'aggraver ou non, indique-t-il.

Dans un communiqué, la Société pour la nature et les parcs du Canada (SNAP) a dénoncé que les GES produits par ce secteur soient occultés dans le rapport.

L'inventaire canadien continue d'occulter [les] émissions industrielles derrière les absorptions de carbone de forêts naturelles qui n'ont jamais été touchées par l'aménagement forestier, a dénoncé la Société.

Elle appelle les Commissaires au développement durable du Canada et du Québec à enquêter sur cette forme d’immunité climatique donnée à l'une des plus grandes sources d’émissions de GES au pays.

Avec les informations de Fannie Olivier

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