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Les émissions de GES du Canada seront plus élevées que prévu, reconnaît Carney

3 weeks ago 9

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Le premier ministre Mark Carney reconnaît finalement que les récents reculs de son gouvernement en matière d’environnement mèneront à une hausse des émissions de gaz à effet de serre (GES) du Canada.

Nouveau projet de pipeline, abolition de la tarification carbone pour les consommateurs et abaissement des normes touchant les entreprises : au fil des annonces de Mark Carney depuis son arrivée au pouvoir, les experts étaient de plus en plus nombreux à douter de la capacité du Canada à atteindre ses objectifs de réduction des GES.

Ottawa maintenait cependant le cap sur son objectif d’atteindre la carboneutralité pour 2050 et demeurait évasif sur l’objectif de réduire de 40 % les émissions de GES par rapport à leur niveau de 2005 d’ici 2030.

Dans une vidéo publiée mardi, le premier ministre a toutefois reconnu, pour une première fois, que les changements qu’on a apportés entraîneront une hausse de nos émissions dans les prochaines années par rapport à ce qui était prévu dans le plan du gouvernement précédent.

Ce plan, dont le député et ministre environnementaliste Steven Guilbeault a été l’un des architectes sous Justin Trudeau, n’était pas viable à long terme, selon Mark Carney.

Malgré ce plan, en 2024, dernière année en poste de Justin Trudeau, les émissions de GES du Canada n'ont pas significativement diminué.

De la fumée s'élève au-dessus de l'usine Rio Tinto Fer et Titane de Sorel-Tracy.

Les émissions de GES du Canada n'ont pas significativement diminué en 2024. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Dans la dernière année, le gouvernement a déconstruit plusieurs pièces importantes de ces politiques climatiques, irritant de plus en plus M. Guilbeault, jusqu’à le pousser à démissionner.

Dans le deuxième épisode de sa série de vidéos nommée Ligne de conduite, dans lesquelles il souhaite s’adresser directement aux Canadiens, Mark Carney explique frontalement ce qui a motivé son rétropédalage.

Les politiques climatiques dont on a hérité du gouvernement précédent reposaient sur de bonnes intentions et répondaient aux réalités du moment, reconnaît-il d’abord.

Mais les certitudes du monde de 2015 ont disparu, justifie-t-il, évoquant les tensions mondiales actuelles, qui sont d’une intensité que le Canada n’a jamais connue, selon lui.

La crise climatique est d’actualité et notre détermination à la combattre est entière, assure tout de même le chef libéral. Mais le plan climatique de Justin Trudeau, selon Mark Carney, aurait coûté trop cher aux Canadiens, aurait exigé de laisser tomber des partenaires et aurait trop divisé notre pays.

Tapis rouge pour un nouveau pipeline

Avant d’en arriver à ces conclusions, Mark Carney défend notamment la nécessité de construire un nouveau pipeline qui relierait l’Alberta à la côte ouest. Au cours du printemps, son gouvernement s’est entendu avec la province sur un échéancier pour la construction de cette nouvelle infrastructure.

Avec ses politiques climatiques, Steven Guilbeault s’est mis à dos une frange de la population de l’Alberta, dont la première ministre, Danielle Smith, qui souhaite exploiter davantage ses hydrocarbures.

Sans faire directement référence au mouvement séparatiste qui a pris naissance dans cette province, Mark Carney estime tout de même que les politiques de son prédécesseur auraient laissé le champ libre à ceux qui cherchent à diviser le Canada, ici comme à l’étranger.

Il a d’ailleurs publié sa vidéo tout juste avant la date à laquelle le gouvernement albertain doit présenter son plan directeur pour le projet de pipeline au bureau des grands projets. Le gouvernement albertain a promis qu’une annonce majeure à ce sujet aurait lieu jeudi.

Si les délais sont respectés, la construction de ce nouveau pipeline, dont le tracé n'a pas été dévoilé, pourrait débuter dans un peu plus d'un an.

Des tuyaux servant à la construction du pipeline Trans Mountain à Edson, en Alberta, le 18 juin 2019.

L'Alberta doit déposer mercredi un plan directeur au sujet de la construction d'un nouveau pipeline. (Photo d'archives)

Photo : La Presse canadienne / Jason Franson

Cette future infrastructure permettra de s’attaquer à la hausse du coût de la vie, se défend aussi le premier ministre dans sa vidéo d’une vingtaine de minutes.

Mark Carney avoue que la dure réalité est qu'on ne contrôle pas le prix du pétrole, mais il estime qu’un nouveau pipeline permettra de mettre à contribution l'ensemble de nos ressources énergétiques tout en développant les sources d'énergie propres dont l'économie de demain aura besoin.

La vérité, c'est que personne ne sait pendant combien de temps encore l'économie mondiale continuera de dépendre des énergies conventionnelles, dit-il. Tant que ce sera le cas, la plus grande partie possible de cette énergie devrait venir du Canada : une énergie produite de façon responsable, avec l'objectif clair de réduire les émissions au fil du temps.

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