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Les États-Unis et l’Iran affichent leur méfiance avant les négociations au Pakistan

1 month ago 12

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Les négociations de paix entre l'Iran et les États-Unis doivent débuter samedi au Pakistan, sous le signe d'une méfiance mutuelle affichée par les deux parties.

Nous avons de bonnes intentions, mais nous ne faisons pas confiance, a déclaré l'influent président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, à son arrivée vendredi soir à Islamabad, où il mène une délégation de plus de 70 personnes.

Les négociations passées avec les États-Unis se sont toujours finies par des échecs et des promesses brisées, a appuyé le responsable, cité par la télévision d'État iranienne.

Avant son arrivée, Mohammad Bagher Ghalibaf avait également prévenu que deux mesures sur lesquelles les parties se sont mises d'accord devaient encore être appliquées avant toute négociation, à savoir un cessez-le-feu au Liban et le déblocage des actifs de l'Iran.

Le premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, a toutefois tenu à rassurer sur la tenue des pourparlers, affirmant vendredi lors d'une allocution à la nation que les négociations se tiendraient pour instaurer la paix.

Des gardes déployés devant la maison présidentielle à Islamabad.

Des gardes déployés devant la maison présidentielle à Islamabad, en prévision des pourparlers entre l'Iran et les États-Unis

Photo : Reuters / Waseem Khan

Promesses brisées

Au moment de partir pour Islamabad, le vice-président américain J.D. Vance – qui mène la délégation des États-Unis – avait lui appelé Téhéran à ne pas se jouer de Washington, tout en promettant d'essayer de mener des négociations positives.

Si les Iraniens sont prêts à négocier de bonne foi, nous sommes tout à fait disposés à leur tendre la main, a-t-il déclaré.

L'arrivée de J.D. Vance n'est prévue que samedi matin. Il sera accompagné de l'émissaire spécial Steve Witkoff et de Jared Kushner, gendre de Donald Trump.

Le vice-président américain J.D. Vance s'adresse aux médias sur le tarmac d'un aéroport, la nuit.

Le vice-président américain J.D. Vance s'adresse aux médias avant d'embarquer à bord d'Air Force Two pour rentrer à Washington depuis Budapest, en Hongrie, le 8 avril 2026.

Photo : Reuters / Jonathan Ernst

Islamabad, placée sous haute sécurité, s'est transformée en ville fantôme avant les négociations qui doivent se tenir dans un hôtel de luxe.

À Téhéran, des Iraniens ont fait part de leurs doutes à l'AFP, comme cet habitant de 30 ans s'exprimant sous couvert d'anonymat.

On ne devrait pas prendre Trump aussi au sérieux. Il veut rayer une civilisation de la carte, et 12 heures plus tard, met en place un cessez-le-feu qui ne repose sur rien, résume-t-il.

Depuis la conclusion de la trêve de deux semaines mardi, Téhéran et Washington s'opposent en outre sur la question de l'inclusion du Liban dans l'accord. Israël est déterminé de son côté à y continuer sa lutte contre le Hezbollah pro-iranien.

Bombardements sur le Liban

Quelques heures à peine après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, des frappes israéliennes ont fait 357 morts au Liban mercredi, selon un nouveau bilan. Israël a dit avoir tué 180 combattants du Hezbollah ce jour-là.

Ces bombardements sont les plus meurtriers dans le pays depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, le 28 février.

Vendredi, de nouvelles frappes ont tué 13 membres des forces de sécurité dans le sud du Liban, selon l'agence de presse d'État libanaise.

En Israël, une trentaine de tirs en provenance du Liban vendredi ont provoqué des dégâts matériels, selon l'armée.

Parallèlement aux discussions irano-américaines, des pourparlers doivent avoir lieu mardi entre le Liban et Israël à Washington, selon la présidence libanaise.

Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou avait auparavant donné son feu vert à des négociations directes.

Le Hezbollah rejette cette initiative, et son chef, Naïm Qassem, a appelé vendredi les responsables libanais à ne pas faire de concessions gratuites à Israël.

En retour, Israël a dit vendredi, par la voix de son ambassadeur aux États-Unis, refuser d'évoquer un cessez-le-feu avec le Hezbollah lors de ces pourparlers.

Ormuz et nucléaire

Autre ombre au tableau des négociations entre toutes les parties au conflit : le détroit d'Ormuz. Le trafic maritime y reste entravé, alors que sa réouverture par l'Iran était une condition du cessez-le-feu.

Donald Trump a affirmé que l'Iran n'avait aucune carte en main, si ce n'est le blocage de ce point de passage stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures. Le président américain a menacé le pays de nouvelles frappes en cas d'échec des discussions.

Cette carte représente les pétroliers en attente de traverser le détroit d'Ormuz.

Cette carte représente les pétroliers en attente de traverser le détroit d'Ormuz. Elle n'inclut pas les autres navires transportant d'autres cargaisons que du pétrole.

Photo : Radio-Canada

Quelques heures plus tard, il a assuré devant la presse que le détroit serait bientôt ouvert, et que cela se ferait avec ou sans les Iraniens.

De l'avis du président américain, ça va s'ouvrir automatiquement, car l'Iran ne se fait pas d'argent, sinon.

Les deux belligérants s'opposent aussi sur le dossier clé du nucléaire.

Le chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique a ainsi exclu toute restriction du programme d'enrichissement d'uranium, une des demandes fondamentales des États-Unis et d'Israël qui accusent Téhéran de vouloir se doter de la bombe atomique. La République islamique défend, elle, son droit au nucléaire civil.

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