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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayQuand vient le temps de visiter une exposition, le réflexe est souvent de se tourner vers les grands musées. Pourtant, derrière ces institutions se cache un autre réseau, plus discret, mais essentiel à la vitalité culturelle contemporaine : celui des galeries d’art privées. Un univers souvent perçu, à tort, comme élitiste ou réservé aux collectionneurs fortunés.
À Montréal comme ailleurs au Canada, ces espaces offrent un accès gratuit à certaines des œuvres les plus importantes de l’art actuel, et aux artistes qui façonneront peut-être l’histoire de demain.
Le but premier des galeries, c’est de rendre l’art accessible, rappelle Anie Deslauriers, directrice générale de l’Association des galeries d’art contemporain (AGAC). Les gens se sentent souvent intimidés d’aller dans les galeries, mais c’est gratuit. Et souvent, plusieurs galeries sont regroupées dans le même secteur. Au Belgo, par exemple, on peut en visiter une dizaine dans la même journée.
À Montréal, justement, le Belgo est devenu un véritable carrefour de l’art contemporain. Dans cet immeuble emblématique du centre-ville, les visiteurs peuvent passer d’une installation numérique à une exposition de peinture abstraite ou à des sculptures monumentales en quelques étages seulement. Pas de billet à acheter, pas de file d’attente; il suffit de pousser la porte.

Complété en 1913, l'édifice Belgo abrite aujourd'hui la plus grande concentration de galeries d'art contemporain au Canada.
Photo : Site web du Belgo
Contrairement aux idées reçues, les galeries ne sont pas seulement des lieux de vente. Elles jouent un rôle central dans l’écosystème artistique : elles découvrent les artistes, les accompagnent, financent des projets et leur permettent d’atteindre une visibilité internationale.
Ce qui se passe dans les galeries aujourd’hui, c’est souvent ce qui va passer à l’histoire de l’art plus tard, souligne Anie Deslauriers. Les œuvres qu’on voit maintenant dans ces espaces vont parfois se retrouver dans les musées ou dans de grandes collections internationales.

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Notre journaliste Nabi-Alexandre Chartier a rencontré l'artiste montréalais David Altmejd.
Le marché de l’art canadien : entre plafond de verre et rayonnement international
À Montréal, plusieurs artistes contemporains voient déjà leurs œuvres atteindre des valeurs impressionnantes. Certaines se vendent aujourd’hui dans les six chiffres. Or, derrière ces succès se cache une mécanique complexe, où les galeristes jouent un rôle déterminant.
Le galeriste montréalais Hugues Charbonneau en sait quelque chose. Figure importante du milieu canadien, il représente des artistes dont les œuvres figurent aujourd’hui dans des collections prestigieuses, comme celles du MoMA (à New York), de la Tate Modern (à Londres), ou encore du Smithsonian Museum (à Washington).
Selon lui, les artistes québécois atteignent rapidement une limite lorsqu’ils restent confinés au marché local.

La galerie Hugues Charbonneau est l'une des nombreuses galeries d'art situées dans l'édifice Belgo, à Montréal.
Photo : Radio-Canada / Emiliano Bazan Montanez
Un artiste qui a une carrière uniquement au Québec frappe rapidement un plafond de verre autour de 10 000 $, explique-t-il en évoquant la valeur d'une œuvre. Ensuite, avec de grandes expositions institutionnelles, il peut atteindre 20 000 ou 30 000 $. Mais pour aller plus loin, il faut sortir du pays.
Pour les galeries canadiennes, le défi consiste donc à faire rayonner leurs artistes à l’international.
Une des choses qu’on fait, c’est de faire rayonner nos artistes à l’extérieur du Canada, confirme Megan Bradley, copropriétaire de la galerie Bradley Ertaskiran. Le marché ici est relativement petit, alors il faut aussi aller chercher des collectionneurs ailleurs dans le monde.
Lorsqu’un artiste obtient l’appui de grandes institutions internationales, les règles du jeu changent complètement.
Là, on enlève le plafond de verre, résume Hugues Charbonneau, qui ajoute : On voit alors des artistes vivants atteindre des prix de plusieurs centaines de milliers de dollars, parfois même des millions.

Fondée en 1989, la Galerie Simon Blais est située sur le boulevard Saint-Laurent, au cœur du Mile End.
Photo : Emiliano Bazan Montanez
Le galeriste : l’imprésario de l’artiste
Toutefois, au-delà du marché, le rôle des galeries demeure profondément humain. Le galeriste agit un peu comme un imprésario dans le milieu de la musique ou du cinéma : il accompagne les artistes dans toutes les dimensions de leur carrière.
Notre travail, c’est vraiment d’accompagner les artistes à travers leur parcours, explique Antoine Ertaskiran, codirecteur de Bradley Ertaskiran. On s’occupe autant de la logistique que des relations avec les collectionneurs, des expositions et du développement international.

La galerie Bradley Ertaskiran est installée dans un bâtiment industriel restauré du quartier Saint-Henri.
Photo : Radio-Canada / Emiliano Bazan Montanez
Pour les artistes, ce soutien devient essentiel. La peintre montréalaise Veronika Pausova, dont les œuvres récentes explorent les tensions et les joies de la maternité, affirme que cette collaboration lui permet de se concentrer pleinement sur sa création.
Le constat est le même du côté de Sabrina Ratté, figure reconnue mondialement dans le domaine des arts numériques. À ses yeux, la galerie agit comme une alliée indispensable dans un milieu complexe où les relations entre artistes, institutions et collectionneurs demandent une médiation constante.
Les institutions aiment souvent que les artistes soient représentés par une galerie, parce que ça crée un intermédiaire, explique-t-elle. Moi, je vois vraiment la galerie comme une alliée dans un monde qui comporte plusieurs couches de réalité.
Grâce à cette collaboration entre artistes, galeristes et institutions comme la SAT ou la Biennale Elektra, Montréal continue d’ailleurs de rayonner sur la scène internationale des arts technologiques.

L'artiste montréalaise Sabrina Ratté
Photo : Radio-Canada
Être prophète en son pays : le cas David Altmejd
Cette reconnaissance internationale, le sculpteur David Altmejd l’incarne parfaitement. Diplômé de l’UQAM, l'artiste, après avoir vécu à New York, puis s’être installé à Los Angeles, est aujourd’hui représenté par des galeries majeures comme White Cube, à Londres. Or, malgré cette carrière internationale, il a choisi de revenir exposer à Montréal pour sa nouvelle exposition solo Elle, présentée dans le bunker de béton brut situé sous la galerie Bradley Ertaskiran.
Exposer dans ma ville natale, là où vivent ma famille et mes amis, c’est toujours très excitant, confie-t-il.

Le sculpteur David Altmejd
Photo : Radio-Canada / Jean-Baptiste Demouy
Son approche est instinctive, presque organique. Il travaille sans maquette ni plan précis, laissant les matériaux guider progressivement la forme finale des œuvres.
Voir naître de tels projets d’envergure internationale à quelques rues de chez soi, gratuitement, rappelle à quel point le réseau des galeries constitue une richesse culturelle exceptionnelle. Les grands musées canadiens et internationaux raconteront peut-être un jour notre époque à travers ces œuvres... mais, pour l’instant, elles existent encore dans un présent vivant, mouvant et accessible.
Il suffit d’oser pousser la porte.
Pourquoi visiter une galerie d’art contemporain?
- Découvrir l’art de demain : Les galeries sont des incubateurs de talents. Les œuvres que vous y verrez aujourd’hui pourraient bien devenir les chefs-d’œuvre de demain.
- Un accès simple et gratuit : Pas besoin de réserver, pas besoin de payer; il n'y a qu'à entrer et à se laisser surprendre.
- Rencontrer les artistes et les galeristes : Les galeries offrent une expérience vivante. Les artistes sont parfois sur place, notamment lors des vernissages, et les galeristes se font un plaisir en tout temps de transmettre leur passion aux autres.
- Soutenir la scène locale : En visitant une galerie, vous contribuez à la visibilité des artistes et à la vitalité de l’écosystème culturel.
- S’inspirer dans des espaces uniques : Chaque galerie a son identité, son ambiance. Certaines sont des lofts industriels, d’autres, des espaces minimalistes. Toutes offrent une expérience immersive.
Comment profiter au maximum de sa visite?
- Faire un parcours : À Montréal, des endroits comme le Belgo, le quartier de Saint-Henri ou celui de Griffintown regorgent de galeries. Pourquoi ne pas en visiter plusieurs en un seul après-midi?
- Poser des questions : Les galeristes sont des passionnés. Ils adorent parler des artistes qu’ils représentent et des œuvres exposées.
- S’abonner aux infolettres : Un bon nombre de galeries envoient des invitations pour des vernissages ou des événements spéciaux.
- Suivre les réseaux sociaux : Les galeries relaient souvent des contenus exclusifs (visites guidées, entretiens avec les artistes, etc.) sur Instagram ou Facebook.
- Oser entrer : Certaines personnes hésitent à pousser la porte d’une galerie, par peur de ne pas être « à la hauteur ». Pourtant, personne ne vous jugera. Les galeries sont des lieux ouverts à tous, sans distinction.


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