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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayDe son humble aveu, le ministre de la Sécurité publique, Ian Lafrenière, connaissait peu de choses sur la réglementation entourant la boxe avant de lire le rapport du coroner Jacques Ramsay. Son ancienne vie de policier l’avait plutôt amené dans les coulisses des galas de boxe et non sur le ring.
Au printemps 2025, en révisant son rapport sur le décès de la boxeuse mexicaine Jeanette Zacarias Zapata, survenu quatre ans plus tôt, le coroner Ramsay avait admis qu’il n’avait pas pu aller au bout des choses dans cette affaire lors de sa publication, en 2023, faute d’avoir certaines informations.
C'est le reportage de l'équipe de l’émission Enquête, qui a notamment dévoilé qu’un rapport médical crucial sur l'état de santé de cette boxeuse avait été falsifié, qui l’a incité à formuler 10 nouvelles recommandations, pour un total de 12.
Quand elle est entrée en poste, à l’automne 2025, la nouvelle directrice de la Régie des alcools, des courses et des jeux (RACJ) nommée par le ministre, Isabelle Mignault, devait faire de la protection des boxeurs un dossier prioritaire.
Or, voilà que la RACJ aura désormais les outils pour punir les promoteurs de boxe et pour mieux veiller à la sécurité des combattants. Dix des 12 recommandations du coroner ont été suivies.
Parmi les changements apportés, on compte de nouveaux examens avant les combats, un formulaire médical plus détaillé, des exigences spécifiques pour les athlètes qui ont déjà subi un K.-O., la responsabilité rehaussée du promoteur, des examens d’imagerie par résonance magnétique plutôt que des radiographies, la présence obligatoire de l’entraîneur dans le coin du ring, etc.

La RACJ engage des responsables de la pesée, des chronométreurs, des préposés aux gants, des juges, des arbitres et des médecins qui veillent au bon déroulement des galas de boxe.
Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers
On va s'assurer au Québec que lorsqu'on aura des gens qui vont combattre, ils vont être en état de combattre. Ça, c'est la priorité.
D’entrée de jeu, le ministre Lafrenière insiste pour dire que ce changement législatif est un travail conjoint avec le député libéral Enrico Ciccone. En décembre 2025, impatient devant l’inertie du gouvernement, il avait déposé un projet de loi visant à moderniser les règles vieilles de 30 ans.
On a travaillé avec Enrico Ciccone, dit le ministre. Démontrer qu'on peut faire des choses tout le monde ensemble, moi, j'étais vraiment content.
L’ex-carrière de hockeyeur et d’analyste sportif du député libéral de Marquette a fait en sorte qu’il connaissait un peu mieux le volet sportif de la boxe que son collègue caquiste. Il a donc pu sensibiliser le ministre Lafrenière à cette question.

Isabelle Mignault a été nommée à la tête de la Régie des alcools, des courses et des jeux (RACJ) en novembre 2025.
Photo : photo fournie par la RACJ
L’argent, c’est le nerf de la guerre
Jusqu’ici, la RACJ avait beau sermonner les promoteurs de boxe, elle n’avait aucun pouvoir de contrainte. Ça permet justement d'avoir des dents [d'être plus contraignants, NDLR] et de se faire respecter dans le milieu, dit le ministre.
Concrètement, cela signifie que la RACJ pourra refuser de délivrer un permis de combattant ou un permis d’organisateur si les exigences ne sont pas respectées.
Et ce n’est pas tout.
Si les nouvelles obligations ne sont pas respectées, il pourrait y avoir des amendes. On intervient dans le portefeuille, prévient la nouvelle patronne de la RACJ, Mme Mignault, dans une première entrevue accordée aux médias depuis sa nomination. L’argent, c’est le nerf de la guerre, dit-elle.
Yvon Michel indisponible pour réagir
Sollicité pour commenter la nouvelle loi, le promoteur Yvon Michel, qui a organisé le combat fatal de Jeanette Zacarias Zapata, a tenu à préciser, par la voie de son attachée de presse, qu’il ne déclinait pas notre demande d’entrevue, mais qu’il était indisponible pour répondre à nos questions cette semaine et la suivante. Il a donc été impossible de recueillir sa réaction.

Un match lors d'un gala de boxe organisé par le Groupe Yvon Michel au Casino de Montréal.
Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers
Pas d’IRM systématique au Québec
Le coroner Ramsay a demandé qu'un examen par résonance magnétique (IRM) du cerveau des boxeurs étrangers, dans le cas des athlètes ayant déjà subi un K.-O., soit effectué et interprété au Québec. C'est une mesure phare de son rapport.
Cependant, cette obligation aurait entraîné des coûts faramineux pour les promoteurs, croit le ministre. Ce test, qui a le potentiel de révéler des lésions précédentes au cerveau, sera donc exigé lors d’une première demande de permis de concurrent, puis aux trois ans. Il sera réalisé à l’étranger.
Les endroits qui nous envoient des tests qui sont fiables, avec qui on n’a jamais eu de problème, leur exiger ça, ça aurait été des frais pour eux. Un IRM pourrait aussi être demandée en cas de doute de la RACJ.
Lors de leur rencontre avec l’équipe d’Enquête, les parents de Jeanette, Esteban Zacarias et Irene Zapata, ont dit espérer que le Québec tirerait des leçons de cette tragédie. Ils auraient souhaité que les autorités fassent un deuxième examen du cerveau de leur fille en sol québécois. Cela l'aurait sans doute sauvée.
Mis au courant des récents changements, ils se sont dit réjouis.
Cela me semble une excellente nouvelle. J'espère qu'avec cette nouvelle loi, les athlètes seront davantage valorisés et recevront plus de soutien, a réagi Esteban Zacarias quand nous l’avons contacté. Il a ajouté qu'il espère que le Mexique s’inspirera du Québec. Sa femme et lui attendent toujours des réponses des autorités mexicaines responsables de la boxe.


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