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Mobilisation majeure du réseau scolaire contre les boissons énergisantes

1 month ago 33

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Au total, 21 organisations scolaires – tant des directions d’écoles privées et publiques que des comités de parents et des syndicats – unissent leurs voix pour une rare fois afin de donner du poids à la demande d’une famille éplorée : interdire la vente et la distribution de boissons énergisantes aux jeunes de moins de 16 ans. 

Toutes ont répondu à l’appel de la Fédération des établissements d’enseignement privés (FEEP) pour mener une mobilisation en appui à la famille de Zachary Miron, dont la mort subite, à 15 ans, en janvier 2024, a été causée par la combinaison d’une seule canette de Red Bull et d’une médication pour le trouble du déficit de l’attention (TDAH), comme le révélait l’équipe d’Enquête en décembre dernier

Ces organisations appuient avec vigueur la pétition lancée par les parents de Zachary et parrainée par le député solidaire Guillaume Cliche-Rivard qui a été signée jusqu’à présent par plus de 19 500 personnes.

Cette initiative est née d’un besoin réel sur le terrain et d’une responsabilité qu’on ressent profondément, affirme Jasun Taparauskas, directeur général de l'Externat Sacré-Cœur, la dernière école fréquentée par le jeune Zachary.

Capture d'écran d'un directeur d'école lors d'une entrevue en visioconférence.

Jasun Taparauskas, directeur général de l'Externat Sacré-Cœur, est demeuré très marqué par le décès soudain de son élève Zachary Miron. Il tente de sensibiliser le réseau scolaire aux revendications des parents du jeune homme.

Photo : Radio-Canada

M. Taparauskas se dit très touché par cette mobilisation sans précédent et croit que si elle si forte, c’est parce qu’il s’agit d’une préoccupation importante partagée par l'ensemble des acteurs du réseau de l’éducation.

Mieux informer les gens et cesser de risquer des vies

Plus de 20 % des jeunes prennent des psychostimulants, un grand nombre consomment également des boissons énergisantes, souligne Francis Côté, président du plus grand regroupement de directions d’écoles au Québec, qui s’est joint aux organisations réclamant un meilleur encadrement de la vente de boissons énergisantes.

On ne peut plus fermer les yeux. Si on ne resserre pas rapidement les règles, on accepte collectivement de risquer d’autres vies.

On trouve qu’il y a une banalisation de ces produits-là chez nos jeunes et qu’on n’est pas suffisamment renseignés comme parents, et nos enfants non plus, sur les effets néfastes qu’ils peuvent [entraîner], renchérit Mélanie Laviolette, présidente de la Fédération des comités de parents du Québec (FCPQ). 

Les initiatives de mobilisations collectives aussi spontanées et diversifiées sont plutôt rares, ajoute de son côté Éric Gingras, président de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), qui représente un éventail de groupes de personnel scolaire, dont des enseignants.

Si son organisation s’est jointe à l’initiative, c’est pour réclamer des gestes concrets dans les milieux pour protéger [les] jeunes.

La famille Miron est reconnaissante, mais demande une action rapide de Québec

Les parents de Zachary ont décidé de mener publiquement ce combat pour que la perte tragique de leur garçon ne reste pas sans portée et contribue à faire évoluer les choses. Ils se disent très encouragés par l’ampleur de la mobilisation actuelle et reconnaissants de voir autant d'acteurs se rallier à leur cause.

Si cette initiative peut éviter ne serait-ce qu’un seul autre drame, alors elle doit aller beaucoup plus loin que nous, confie David Miron, le père de Zachary.

La famille Miron, qui a rencontré la ministre de la Santé, Sonia Bélanger, le 1er avril dernier, sent que cette dernière est sensible à ses demandes et que le dossier est pris au sérieux. Toutefois, David Miron attend davantage de la part du gouvernement : L’été arrive, avec les jeunes qui vont au dépanneur du coin s’acheter des rafraîchissements. Il faut que ça bouge.

Photo d'un homme qui regarde un journaliste pendant une entrevue.

David Miron, le père de Zachary, souhaite profiter de l'élan actuel pour que Québec agisse dans le sens de ses revendications pour un meilleur encadrement de la vente des boissons énergisantes chez les jeunes.

Photo : Radio-Canada

On veut des actions rapides. La mobilisation actuelle qu’on voit démontre la crédibilité de l’enjeu et l'importance de se dépêcher à encadrer ces boissons énergisantes.

On reçoit des signaux positifs à l’effet que le dossier chemine, reconnaît de son côté Jasun Taparauskas, directeur de l’Externat Sacré-Cœur. Or, il s’inquiète alors que la fenêtre du calendrier parlementaire se rétrécit, avec des élections qui s'en viennent à grands pas.

Au-delà de la mobilisation massive dans le réseau de l’éducation, c’est important qu’il y ait des actions concrètes qui soient posées, et que le dossier demeure prioritaire pour le gouvernement dans les prochaines semaines, insiste-t-il.

Le député Guillaume Cliche-Rivard, qui appuie lui aussi la famille Miron dans ses démarches, confie que cet appui massif lui donne beaucoup d’espoir, mais prouve aussi l’urgence d’agir.

Ces nouveaux appuis aux parents de Zachary Miron envoient un message sans équivoque au gouvernement : la Coalition avenir Québec (CAQ) doit accepter la proposition et interdire la vente et la distribution de boissons énergisantes caféinées au minimum aux moins de 16 ans, et ce, le plus rapidement possible.

Avec des informations de Daphnée Dion-Viens

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