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Premier échange de frappes entre les États-Unis et l’Iran en un mois

11 hours ago 3

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L'Iran a affirmé lundi avoir attaqué des cibles militaires américaines en Jordanie et aux Émirats arabes unis en réponse à des bombardements menés par les États-Unis, un premier échange de frappes depuis un mois qui fragilise plusieurs semaines d'accalmie dans la guerre au Moyen-Orient.

Ces bombardements menacent de remettre en cause plusieurs semaines d'accalmie dans la guerre au Moyen-Orient, qui vient de passer le cap des six mois, alors que Donald Trump a affirmé privilégier la pression économique contre Téhéran.

Les forces américaines ont frappé deux lanceurs iraniens sur l'île de Larak, située dans le stratégique détroit d'Ormuz, a déclaré le porte-parole du Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (CENTCOM), Tim Hawkins, dans un communiqué transmis à l'AFP.

Ces frappes sont survenues après que des forces des Gardiens de la révolution islamique ont été observées en train de se préparer à lancer des roquettes chargées de mines marines dans le détroit d'Ormuz, a-t-il indiqué.

L'attaque a fait deux morts et deux blessés, selon l'agence iranienne de presse Tasnim.

En représailles, les Gardiens de la révolution ont affirmé avoir attaqué, avec des missiles balistiques et des drones, des installations de l'armée américaine sur deux bases aériennes en Jordanie.

Ils ont ensuite indiqué avoir ciblé une base aux Émirats arabes unis, où les États-Unis disposeraient de troupes et d'hélicoptères. Ils ont ajouté avoir abattu un drone américain MQ-9 Reaper, qui peut être utilisé pour la surveillance comme pour l'attaque, dans le détroit d'Ormuz.

L'armée jordanienne a précisé avoir abattu huit missiles ayant pénétré son espace aérien, sans en préciser l'origine. L'armée américaine n'a pas commenté ces attaques.

Les hostilités avaient perdu en intensité ce dernier mois, même si des échanges de tirs sporadiques s'étaient poursuivis dans la région, surtout dans et autour du détroit d'Ormuz.

Ce stratégique passage maritime par lequel transitait, avant la guerre, un cinquième des hydrocarbures mondiaux est au cœur du conflit entre les États-Unis et l'Iran, Téhéran verrouillant son passage.

En réponse, les États-Unis conduisent un blocus des ports iraniens et se disent prêts à protéger la libre circulation des échanges commerciaux sur cette voie navigable essentielle, le CENTCOM affirmant dimanche avoir achevé le déminage des voies de navigation internationales.

Pression économique

La guerre a été déclenchée le 28 février par des frappes conjointes des États-Unis et d'Israël contre l'Iran, qui a riposté en visant notamment les pays du Golfe alliés de Washington.

Le conflit a ébranlé l'économie mondiale en entraînant notamment une envolée des prix du pétrole.

Après l'annonce des nouvelles frappes américaines, les cours de l'or noir sont repartis en hausse lundi matin en Asie, le baril de Brent, référence internationale, dépassant brièvement le seuil symbolique des 90 dollars.

En avril, un cessez-le-feu avait mis fin à près de 40 jours de bombardements intenses, et un protocole d'accord visant à mettre définitivement fin au conflit a été conclu en juin.

Mais celui-ci a volé en éclats en juillet après une reprise des hostilités, et les négociations sont depuis dans l'impasse.

Aux prises avec une guerre de plus en plus impopulaire aux États-Unis et à l'approche des élections américaines de mi-mandat, l'administration Trump privilégie désormais la guerre économique contre l'Iran, déjà sous le coup de sanctions internationales depuis des décennies.

Le secrétaire américain des Finances, Scott Bessent, a présenté lundi dernier un nouveau train de sanctions dites « secondaires », touchant non pas l'Iran directement, mais ses partenaires commerciaux, sur l'or, la technologie, les actifs numériques, l'aviation et le transport maritime.

M. Bessent dirigera lundi et mardi aux États-Unis une réunion de ses homologues des pays du G20, dont fait partie la Chine, partenaire économique majeur de Téhéran.

Pékin a déjà assuré vouloir défendre fermement ses intérêts et sa coopération avec l'Iran.

Nous ne cherchons pas la guerre, a assuré le président iranien Massoud Pezeshkian. Cependant, face à toute agression, nous ne resterons jamais les bras croisés, a-t-il ajouté, cité par les médias d'État iraniens avant de s'envoler pour le Kirghizstan.

Il doit y participer à un sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS), où sont attendus également les président chinois Xi Jinping et russe Vladimir Poutine, ainsi que le premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif dont le pays joue le rôle de médiateur dans la guerre au Moyen-Orient.

Même si Massoud Pezeshkian a reconnu que son pays faisait face à de nombreuses difficultés économiques, Téhéran assure que les États-Unis n'obtiendront « rien » avec les pressions économiques.

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