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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayLe ministère de l’Environnement abolit le programme Environnement-Plage qui avait permis en 2025 de suivre la qualité de l’eau de plus de 150 plages au Québec. Une décision qui force des dizaines de gestionnaires à se trouver un « plan B » en urgence à l’aube de la saison estivale 2026.
Les gestionnaires de plages ont été informés récemment du désengagement de l’État, selon ce qu’a appris Radio-Canada. Le ministère a mis fin au programme Environnement-Plage, peut-on lire sur la page internet du programme, sans que les motifs ne soient précisés.
Une déception pour plusieurs gestionnaires, dont des municipalités et camps de vacances, qui doivent maintenant trouver une solution de rechange pour garantir une baignade sécuritaire pour la saison estivale 2026. La SEPAQ est aussi touchée par l’abandon du programme.
C’est une nouvelle qui est arrivée comme une [mauvaise] surprise. C’est un programme qui existait depuis plusieurs années.
C’est le cas au Centre de villégiature Jouvence, à Orford, en Estrie. Même si l’eau est jugée d’excellente qualité, le centre ne veut courir aucun risque. Il confiera le mandat à une entreprise privée pour faire des tests. On reçoit chaque année des milliers d’enfants, des milliers de familles, explique le directeur général adjoint de Jouvence, Hugo Veilleux. C’est super important que les gens soient rassurés quand ils se baignent dans l’eau.
Un programme mis en place il y a 55 ans
Le programme avait été mis en place dans les années 1970. Les gestionnaires des plages étaient invités à y adhérer sur une base volontaire.
Chaque été, des échantillons étaient prélevés puis analysés, pour s’assurer de la qualité de l’eau. Des fermetures temporaires pouvaient ensuite être décrétées pour la sécurité des baigneurs.
La relationniste au ministère de l’Environnement, Ghizlane Behdaoui, explique que cette décision découle du chantier d’efficacité de l’État qui prévoit la diminution du nombre de programmes.
Le ministère fait le choix de concentrer ses interventions sur les activités ayant un impact sur la qualité des plans d’eau. Autrement dit, plutôt que de faire échantillonner des plages, le Ministère priorise le contrôle à la source des contaminants, explique Mme Behdaoui.
Selon Mme Behdaoui, les gestionnaires de plages n’ont aucune obligation légale quant à la poursuite des analyses de l’eau des plages. Les exploitants ont l’obligation d’offrir une qualité d’eau de baignade adéquate, précise-t-elle. Si la population juge que les plages ne respectent pas les conditions environnementales, on les invite à faire des signalements sur notre site. On effectuera le contrôle nécessaire pour être conforme.
Une déresponsabilisation dénoncée
Le directeur santé et climat pour l’Association pour la santé publique du Québec, Cyril Frazao, dénonce une déresponsabilisation du gouvernement du Québec dans un contexte où les aléas climatiques peuvent avoir un impact sur la qualité de l’eau.
De laisser toute la responsabilité aux gestionnaires locaux, ça démontre un manque de préoccupation envers les enjeux concrets.
Selon M. Frazao, ce sont les populations plus vulnérables qui sont les plus touchées, car elles sont portées à se rafraichir dans les plans d’eau, car elles n’ont pas d’airs climatisés. Le manque de tests de qualité de l’eau peut porter atteinte à la santé des populations qui vont de plus en plus fréquenter ces espaces dus aux chaleurs de plus en plus extrêmes et plus fréquentes.
Un programme inefficace
Le directeur général de la Fondation rivière, André Bélanger, qualifie le programme Environnement-Plage d’inefficace et d’inadapté. C’était un programme volontaire avec trop peu d’évaluations et trop peu de suivis.
Il aurait souhaité une refonte complète. L'approche gouvernementale, c'est de l'abolir. Ce n’est pas nécessairement la bonne solution, mais disons que quand on ferme une porte, on ouvre une fenêtre.

Le directeur général de la Fondation rivière, André Bélanger.
Photo : Radio-Canada / Capture d'écran
Un des enjeux, selon M. Bélanger, c’est que le Canada n’a pas une norme pour la qualité de l’eau de baignade, mais plutôt des recommandations de Santé Canada. Avec les normes viennent des obligations, de la surveillance et des données historiques, explique-t-il.
Il souhaiterait qu’un nouveau programme de suivi soit créé et puisse être sous l’égide d’un autre ministère que celui de l’environnement.
La question du délai d’analyse, un défi
Cowansville, qui avait participé au programme Environnement-Plage en 2025 pour la plage du Centre de la nature, songe à mandater une entreprise privée pour que des analyses se poursuivent en 2026.
Le nombre limité de laboratoires est toutefois un enjeu. Le défi c’est par rapport à la rapidité de l’obtention des analyses d’eau. Une fois que l’échantillon d’eau est pris à une journée X, il faut obtenir les résultats rapidement pour s’assurer que c’est encore la même situation qui perdure dans le lac et à la plage, explique la directrice des communications à la Ville, Fanny Poisson.
Le ministère de l’Environnement a aussi coupé dans le suivi de la qualité de plusieurs cours d’eau via le Réseau-Rivières créé en 1967.
La liste des plages participantes à Environnement-Plage en 2025 en Estrie
- Plage de Baldwin, lac Lyster
- Plage du lac aux Araignées
- Plage Québec Lodge
- Plage du parc du grand lac St-François
- Plage Pierre-E. Perreault
- Plage Pleasant View de North Hatley
- Plage du centre de villégiature Jouvence
- Plage du lac Fraser
- Plage du lac Stukely
- Plage municipale de Piopolis
- Plage Frontier Lodge
- Plage du camp Claret
- Plage du camping des sommets Bromont
- Plage du Centre de la nature de Cowansville
- Plage municipale du lac Brome (Douglass)
- Plage du Parc de la Yamaska
- Plage municipale de Saint-Herménégilde
- Plage du camp Massawippi
- Plage du camp Livingstone
- Plage Vale Perkins
- Plage Wilvaken Inc.
- Parkside Ranch inc.
- Quai Georgeville


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