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Ramener la fête à Montréal en célébrant l’aviron

3 weeks ago 33

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Il y a 50 ans, Montréal s'ouvrait sur le monde en tenant les premiers (et seuls) Jeux olympiques de son histoire. C'était également un moment phare dans l'histoire de l'aviron, alors que les premières épreuves olympiques féminines ont été présentées dans le bassin olympique du parc Jean-Drapeau.

Un demi-siècle plus tard, l'héritage de l'aviron dans la métropole sera célébré à l'occasion de l'événement Montréal Aviron 1976-2026, où seront conviés rameurs de catégories maîtres, olympiens et olympiennes d'un peu partout dans le monde, ainsi que le public.

L'idée, c'est de permettre aux rameurs et aux rameuses de se revoir après 50 ans – ou moins, parce que toutes les éditions olympiques sont les bienvenues en aviron [...] et de créer cet événement pour rappeler, se remémorer ce moment unique, a souligné la co-porte-parole et olympienne Guylaine Bernier, qui a représenté le Canada en quatre de couple avec barreuse aux Jeux de Montréal.

Il n’y a pas beaucoup de sites olympiques qui vont pouvoir, 50 ans plus tard, reproduire un événement d'aviron sur le même site sur lequel ça a été fait durant leurs Jeux olympiques. On est pas mal unique en ce sens.

Ce rendez-vous des amateurs d'aviron sera également l'occasion de créer un pont entre les générations, un élément primordial selon Mme Bernier.

C'est un sport fantastique parce qu’il n’y a pas de coût majeur, comme les sauts, la course, etc., a souligné Mme Bernier. Quand j'ai organisé la régate mondiale, en 2001, notre rameuse la plus âgée, Ernestine Beyer, de New York, avait 92 ans. Elle a fait deux courses, deux fois 1000 m, et elle n’était pas la seule. C'est un sport qui est accessible à tout âge.

Trois rameuses canadiennes participent à une épreuve olympique d'aviron.

Barbara Boettcher, Guylaine Bernier et Élaine Bourbeau ont représenté le Canada en aviron aux Jeux olympiques de Montréal, en 1976.

Photo : La Presse canadienne / COC

L'objectif avoué des organisateurs demeure de recréer l'énergie qui a animé Montréal en 1976.

C'est pourquoi les gens présents au bassin olympique, les 31 juillet et 1er août prochains, pourront notamment assister à une épreuve de relais par équipe similaire au sprint de plage, une discipline d'aviron de mer qui fera son entrée aux Jeux olympiques de Los Angeles, en 2028, mais aussi s'initier à l'ergomètre et au bac à ramer intérieur.

En 1976, Montréal était festive. Il y avait des activités, des festivités un peu partout – pas juste au bassin, mais sur tous les sites olympiques et au centre-ville. Les gens se souviennent de ça : Montréal, c'est festif. Encore maintenant, on a des festivals tout le temps, chaque année, chaque saison, a rappelé Mme Bernier.

On ne voulait pas organiser une régate ordinaire, c’est trop sérieux. On voulait quelque chose d'accessible pour que les personnes d'un certain âge, comme moi et d’autres, puissent embarquer dans le bateau et se sentir confortables, a ajouté l'olympienne de 78 ans.

Marilou Duvernay-Tardif, membre de l'équipe nationale d'aviron et co-porte-parole de l'événement, a également choisi de s'impliquer dans le projet. Âgée de 28 ans, elle était bien loin d'être née en 1976, mais les Jeux de Montréal ont quand même laissé une empreinte sur son parcours.

J’ai grandi en faisant de la gymnastique. Et Nadia Comaneci, qui a eu un 10 sur 10 aux Jeux de 1976, c’était mon idole. Elle a fait ça à la maison, c’était ici. Je me souviens, à l’âge de sept ans, je collais des photos de Nadia Comaneci partout. Je pense que c’est ça qui a lancé mon rêve olympique. C’était très lié à la maison. Pour moi, le fait que c’était ici, à Montréal, ça faisait que c’était possible, a-t-elle raconté.

Puis, lorsque le rêve de la gymnastique de haut niveau a laissé place à celui de l'aviron de compétition, c'est Montréal qui a été témoin des débuts de l'athlète originaire de Saint-Jean-Baptiste, qui aspire toujours à participer à ses premiers JO.

Le bassin olympique, c’est là que j’ai commencé à ramer. C’est là que, pendant les deux premières semaines, j’ai chaviré tous les jours en apprenant. Ç’a été les premières années de mon développement, a-t-elle raconté, tout sourire.

Quand l’Association québécoise d'aviron (AQA) m’a écrit pour savoir si je voulais participer, pour moi, c’était un honneur et quelque chose que je voulais faire pour redonner à la communauté. [...] Ça représente ma ville d’appartenance. Montréal, ça va toujours être chez moi, même si ça fait longtemps maintenant que je suis dans l’Ouest canadien.

Une pionnière pour le sport féminin

Après avoir représenté son pays aux Jeux de Montréal, Mme Bernier a continué de s'impliquer dans plusieurs sphères du monde de l'aviron et du sport en général.

Elle a notamment siégé sur le conseil d'administration du Comité olympique canadien, en plus d'occuper les rôles de présidente de l'Association québécoise d’aviron, de juge-arbitre et de membre de la commission d'arbitrage de la Fédération internationale des sociétés d'aviron.

J'ai essayé de m'impliquer le plus possible pour faire connaître notre discipline, mais aussi pour faire – je ne veux pas dire pression, mais presque – pour faire en sorte que la présence des femmes dans les différentes disciplines soit aussi équitable. Et on s'en va dans cette direction-là, a souligné Mme Bernier.

C'est un petit coup de pouce à droite, un petit coup de pouce à gauche. Si je peux contribuer, je fais un petit pas ici, un petit pas là. Tant mieux si ça a porté ses fruits, c'est ça qui était l'idée, a-t-elle humblement ajouté.

Une dame sourit pendant une entrevue.

Guylaine Bernier

Photo : Radio-Canada / Simon Martel

Et lorsqu'on lui rappelle que l'équipe nationale canadienne d'aviron est désormais composée à forte majorité de femmes (18 femmes et 7 hommes), Mme Bernier ne peut contenir sa fierté.

Au Québec, nous n'avons jamais eu de problème puisqu’on a commencé l'aviron en même temps, hommes et femmes, mais, dans les autres provinces, ce n'était pas le cas. Donc, les femmes n’avaient pas droit aux bons bateaux, n’avaient pas droit aux bons entraîneurs, les temps d'entraînement. C'était vraiment difficile, alors que, maintenant, il n’y a plus de différence.

Maintenant, on a une pratique du sport, avec différentes organisations, qui fait que le sport est sécuritaire pour tous, les filles et les garçons. On peut pratiquer dans de meilleures conditions, on a de meilleurs équipements, une meilleure accessibilité.

Dans les dernières années, le sport féminin a pris une expansion extraordinaire, donc c'est accessible. Je pense qu'on est comme une locomotive qui est vraiment partie, et ça bouge.

Son implication sans relâche a d'ailleurs valu à Guylaine Bernier une place bien méritée au Panthéon des sports canadiens, à titre de bâtisseuse, en 2019. Et la voix d'une des pionnières du sport féminin continue de résonner chez la nouvelle génération d'athlètes d'aviron.

J’ai appris à connaître Guylaine un petit peu dans les dernières semaines, et c’est un honneur pour moi de pouvoir partager ce rôle [de porte-parole] avec elle. C'est tellement inspirant tout ce qu’elle a fait, tout ce qu’elle a accompli. J’ai juste hâte d’en apprendre plus sur mon propre sport, a souligné Duvernay-Tardif.

Je connais les temps modernes, je connais quelques histoires, des choses qui sont arrivées, des moments importants, mais d’avoir quelqu’un qui l'a vécu, et qui l’a vécu sur plusieurs années… J’ai très hâte de travailler avec elle.

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