PROTECT YOURSELF with Orgo-Life® QUANTUM TECHNOLOGY
Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayLa tolérance au risque de Paul St-Pierre Plamondon est faible dans un gouvernement minoritaire. Étant donné que la durée de vie d'un tel gouvernement tourne habituellement autour de 18 mois, son horizon de placement est court, comme diraient les financiers de Wall Street.
Ce n’était donc pas le moment de jouer à la bourse en spéculant sur la performance rapide de ses recrues. Malgré la valeur de leurs curriculum vitae, la majorité sont néophytes de la politique. C’est pourquoi le premier ministre privilégie la sécurité en investissant dans des valeurs sûres pour son conseil des ministres, c’est-à-dire des élus ayant déjà une expérience parlementaire, familiers avec la joute partisane, ou dans sa garde rapprochée.
Mais les portefeuilles ministériels ne sont pas équilibrés. Paul St-Pierre Plamondon mise gros sur quelques élus en particulier. Eux devront lui assurer des rendements rapides, malgré le travail colossal et les défis qui les attendent.
Les risques incombent aux ministres
Catherine Gentilcore, l’une des six députés péquistes du dernier mandat, est chargée du ministère de l’Immigration, en plus de devenir la responsable de l’Accession du Québec à l’Indépendance. Son patron lui demande de ne pas flancher. Ni sur la souveraineté qui lui est chère ni sur sa volonté de réduire à seulement 35 000 le seuil de nouveaux arrivants par année. Son plan est attendu dès novembre, malgré les critiques prévisibles des élus régionaux et des chambres de commerce qui réclament de la main-d'œuvre supplémentaire.
Les premières semaines de Mme Gentilcore comme leader parlementaire, une autre de ses nouvelles fonctions, pourraient déjà l’occuper à temps plein. Un gouvernement minoritaire doit constamment négocier avec les partis d’opposition pour adopter ses projets de loi.
Un conseil des ministres réduit plaît peut-être aux Québécois qui voient les économies potentielles, mais il met une pression indéniable sur ceux qui doivent faire des gains pour leur premier ministre. Parlez-en aux 22 ministres nommés en 2012, dans le gouvernement minoritaire de Pauline Marois.
Celui qui détenait le portefeuille des Finances de l’époque, Nicolas Marceau, avait dû déposer un budget à peine deux mois après sa nomination pour atteindre le déficit zéro. Nommé une deuxième fois dans la même fonction par Paul St-Pierre Plamondon, il se voit confier une mission semblable. M. Marceau doit retrouver l’équilibre budgétaire un an plus tôt que prévu, en 2028-2029, tout en élaborant un plan d’investissement massif pour les infrastructures.
Autre mission délicate pour un autre parlementaire aguerri: Nicolas Girard hérite du ministère des Transports, dans lequel une crise n’attend pas l’autre. En tant que ministre responsable de la Capitale Nationale, il aura pour mandat d’enterrer une fois pour toutes le 3e lien, même si ses adversaires conservateurs dominants dans la région le réclament ardemment.
Il se fera constamment rappeler qu’il est élu dans la circonscription de Repentigny, située à 230 km de là. Comme ancien député qui a occupé le rôle de critique en matière de transports il y a quinze ans, il pourra sûrement anticiper les attaques. Paul St-Pierre Plamondon l’a surtout choisi pour son expérience acquise lors de son passage à la tête du Réseau de transport de la Capitale, le futur exploitant du projet de tramway.
Limiter les erreurs de communication
Qui d’autre hérite d’une responsabilité périlleuse? Elsie Lefebvre, au ministère de l’Habitation, en raison de la crise du logement et de l’accès à la propriété de plus en plus difficile. Rappelons que sa prédécesseure, France-Élaine Duranceau, avait suscité de vives controverses, malgré ses connaissances reconnues en la matière.
Sur le plan de la communication, grâce à son expérience d’analyste politique dans les médias, d’élue municipale et provinciale, Elsie Lefebvre ne devrait pas trop donner de maux de tête à Paul St-Pierre Plamondon.
Qui ne se rappelle pas de l’entrée en scène médiatique de l’ancienne ministre caquiste MarieChantal Chassé? Figée devant les caméras dans les jours suivant sa nomination à l’Environnement, elle est devenue bien malgré elle la référence qui démontre la nécessité de maîtriser rapidement la joute médiatique. Cet épisode avait embarrassé François Legault, qui avait vite fait de la remplacer par un collègue habitué à la presse.
Notons d’ailleurs que la grande majorité des ministres nommés à des postes clés ont relevé le défi de la mêlée de presse impromptue avec les journalistes dans le passé.
Paul St-Pierre Plamondon confie deux ministères importants à des débutants de la politique, parce qu’il a suffisamment confiance en leur capacité à communiquer.
Le nouveau ministre de la Sécurité intérieure, Guy Jr Lapointe, a longtemps été porte-parole de la Sûreté du Québec. Et la ministre de la Justice, Marie-Claude Sarrazin, est habituée aux questions pointilleuses comme ex-procureure de la commission d’enquête sur le scandale SAAQclic.
Son expérience de plaidoirie pourrait lui être fort utile quand elle devra défendre et renforcer la Loi sur la laïcité de l’État, tout en portant le chapeau de ministre responsable des Relations avec les Québécois d’expression anglaise. Une autre mission délicate.
Heureusement que Marie-Karlynn Laflamme et Alain Therrien ont eu leur baptême de la période de questions. L’une doit abolir Santé Québec, en tant que grande patronne du réseau, et l’autre doit couper les coûts de rémunération de la fonction publique à la tête du Conseil du Trésor.
Si on revient à la métaphore boursière, il ne fait aucun doute que Paul St-Pierre Plamondon cherchera à faire monter le titre de son gouvernement rapidement pour maintenir ou augmenter la confiance des investisseurs, c’est-à-dire les contribuables Québécois.
Le premier ministre prudent s’en remet donc à une poignée de parlementaires expérimentés, qui, eux, devront réduire son exposition au risque.


4 hours ago
6























English (US) ·
French (CA) ·
French (FR) ·