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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayLe projet de troisième lien imaginé par Éric Duhaime ne fait pas l’unanimité dans l’industrie du camionnage. Le chef conservateur propose de profiter de la construction du nouveau pont de l’île d’Orléans pour permettre la circulation de transit vers la Rive-Sud.
Ce n’est pas l’idée du siècle, déplore Carl Beaulieu, cofondateur du média spécialisé On the road. Ce n'est pas la solution qu'un camionneur voudrait avoir.
Afin d’accéder à la Rive-Sud, le Parti conservateur du Québec (PCQ) propose la construction d’un deuxième pont sur l’île d'Orléans, dans le secteur de Saint-Laurent.
Les camionneurs et les automobilistes traverseraient l’île sur le réseau routier existant, via le chemin Royal et la route Prévost.
Les gens de l’île n’accepteront jamais ça, prévient Carl Beaulieu. Tu vas créer un embouteillage!
Il faut que le troisième lien soit pensé et bien fait.
Le camionneur et créateur d’un balado sur cette industrie rappelle que les routes de l’île d’Orléans ont été configurées pour les déplacements des résidents et l'activité agricole locale.
L'île d'Orléans, déclarée site patrimonial par le gouvernement du Québec dès 1970, serait mal adaptée pour accueillir une circulation interrives.
Ça prend un troisième lien, affirme Carl Beaulieu en soutenant l'idée d'un pont autoroutier à quatre voies à l'est des centres-villes de Québec et Lévis.
Une vraie autoroute
Ça serait la meilleure façon de faire, convient Benoît Therrien, président et fondateur de Truck Stop Québec, une radio web dédiée au camionnage.
Il juge que le gouvernement caquiste a toutefois fortement limité les options de mobilité interrives en reconstruisant presque à l’identique le pont de l’île d’Orléans, arrivé en fin de vie.

Le nouveau pont de l'île d'Orléans doit comporter une voie de circulation dans chaque direction, comme l'infrastructure actuelle. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel
Avec une seule voie de circulation dans chaque direction, l’infrastructure actuelle a déjà des enjeux de capacité lors des périodes de fort achalandage.
À défaut de promettre une vraie autoroute sur un troisième lien qui franchirait l’entièreté du fleuve, Benoît Therrien suggère à Éric Duhaime de trouver une façon de faciliter le passage des poids lourds sur l’île d’Orléans.
Il n’aura pas le choix d’améliorer le projet, estime-t-il. Est-ce qu’on pourrait passer par les champs?
Trop tard
Il est trop tard, croit pour sa part Bruno Massicotte, professeur titulaire au Département des génies civil, géologique et des mines de Polytechnique Montréal.
Selon lui, le projet de troisième lien proposé par Éric Duhaime manque de réalisme et pourrait se buter à une forte opposition locale.

Dès 2019, un mouvement d'opposition citoyenne avait forcé le gouvernement du Québec à écarter la possibilité de faire passer un projet de troisième lien par l'île d'Orléans. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Sebastien Vachon
Le pont en construction du côté nord n’a pas la capacité de prendre une surcharge.
Si le prochain gouvernement devait choisir d’arrêter le chantier afin de planifier un tablier plus large, il aurait à assumer une facture salée. Le projet actuel, évalué à 2,75 milliards de dollars, accuse déjà un retard sur l'échéancier.
Ajouter des voies de circulation pourrait encore repousser la livraison de plusieurs années.
Il est illusoire de penser qu’on pourra utiliser ce pont-là pour un lien éventuel vers la Rive-Sud, tranche Bruno Massicotte.
Tensions chez les conservateurs?
Signe que le dossier divise chez les conservateurs, le candidat dans la circonscription de Vanier-Les Rivières, Patrick Paquet, confiait la semaine passée vouloir bonifier le projet de troisième lien du PCQ.
Il va falloir le revoir, être sérieux dans nos propositions, admettait-il en entrevue au FM93.
Or, au moment de présenter son plan de réduction de la taille de l’État jeudi dernier, Éric Duhaime rejetait la possibilité de présenter un troisième lien plus ambitieux.
On aurait souhaité quelque chose de plus large et de plus fluide pour la circulation, mais dans le contexte actuel, compte tenu des finances publiques du Québec et de l’état d’avancement des travaux déjà existants à l’île d’Orléans, notre projet est celui qu’on a proposé, a-t-il précisé.


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