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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayUne espèce inconnue de méduses a été identifiée à partir de fossiles vieux de 450 millions d’années mis au jour à 50 km au nord-est de la ville de Québec.
Baptisée Paleocanna tentaculum, cette créature se présentait sous la forme d’un petit tube allongé d’environ 5 centimètres, à la fois souple et structuré. À son extrémité se trouvait une ouverture entourée d’une couronne de tentacules.
Sa morphologie rappelle celle des anémones de mer, mais il s’agit bien d’un organisme étroitement apparenté aux méduses actuelles, explique la biologiste Greta Ramirez-Guerrero, de l’Université de Montréal, coauteure de l’étude publiée dans le Journal of Paleontology (nouvelle fenêtre) (en anglais).

Cette photo montre l’holotype de l’espèce, le spécimen utilisé comme référence pour sa description scientifique. L'extrémité à gauche se trouvait liée au fond de la mer.
Photo : Musée de paléontologie et de l’évolution
Contrairement aux méduses que l’on connaît aujourd’hui, Paleocanna tentaculum vivait fixée au fond marin, sous forme de polype. Certains spécimens ont été retrouvés isolés, tandis que d’autres formaient de petites colonies pouvant compter jusqu’à une dizaine d’individus, parfois reliés entre eux.
Tropical comme le Québec
À l’époque de l’Ordovicien, la région correspondant aujourd’hui au Québec se situait beaucoup plus près de l’équateur. Elle était alors recouverte par une mer tropicale peu profonde, riche en biodiversité, où cohabitaient coraux, organismes à coquille et échinodermes, comme les étoiles de mer et les oursins.
Le flair d’un amateur
Les premiers spécimens fossiles de la créature de l’Ordovicien ont été récoltés en 2010 près de Saint-Joachim, dans la formation géologique de Neuville, par John Iellamo, un passionné de fossiles.
Soupçonnant leur intérêt scientifique, le collectionneur a confié une quinzaine de plaques de calcaire argileux contenant environ 135 spécimens au Musée de paléontologie et de l’évolution (MPE) de Montréal, dont la collection compte plus de 80 000 fossiles.
Ce n’est toutefois que récemment que Greta Ramirez-Guerrero, de l'Université de Montréal, et Louis-Philippe Bateman, de l’Université McGill, ont mesuré et photographié une quarantaine de ces spécimens, les comparant à des dizaines d’espèces fossiles et modernes apparentées. Leurs travaux ont permis de confirmer qu’il s’agissait d’une espèce entièrement nouvelle.

Cette image montre une roche avec plusieurs organismes enterrés. On voit les différents ensembles de tubes, ainsi que leur orientation dans la même direction, probablement à cause d’un enfouissement soudain.
Photo : Musée de paléontologie et de l’évolution
La qualité exceptionnelle de conservation de ces fossiles intrigue les scientifiques. Les organismes à corps mou comme ceux-ci se décomposent habituellement très rapidement et sont rarement préservés.
Ils ont probablement été préservés lors d’un enfouissement soudain et rapide de sédiments fins dans le fond marin, possiblement d’origine volcanique, indique Greta Ramirez-Guerrero.
L’orientation uniforme des spécimens suggère qu’ils ont été ensevelis sur place, sans avoir été transportés par les courants, un facteur qui a contribué à leur remarquable état de conservation.
Le faible niveau d’oxygène au fond de la mer aurait également ralenti la décomposition.
Cette réalité a permis de protéger les sédiments contenant les futurs fossiles des charognards et des perturbations environnementales. Au fil des millions d’années qui ont suivi, ces sédiments se sont peu à peu transformés en roche.

Photo prise sur le terrain de fossiles de Paleocanna tentaculum.
Photo : Greta Ramirez-Guerrero
La préservation d'animaux à corps mou est un phénomène extrêmement rare en paléontologie, car ces organismes sont généralement détruits lors du transport sédimentaire ou par la décomposition, souligne-t-elle.
Seules quelques autres espèces […] étroitement apparentées aux méduses modernes ont été décrites dans les archives fossiles.
Les spécimens fossiles conservés au MPE feront l’objet de recherches supplémentaires dans les prochaines années.
Un riche patrimoine fossilifère
Selon la biologiste, cette découverte souligne l'importance du patrimoine fossilifère du Québec.
Le site de Saint-Joachim pourrait encore livrer d’autres surprises et contribuer à mieux comprendre l’évolution ancienne des animaux marins.


1 month ago
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