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L’Australie accorde l’asile à cinq joueuses de soccer iraniennes

2 months ago 14

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L’Australie a accordé l’asile à cinq joueuses de l’équipe iranienne de soccer en visite dans le pays pour un tournoi au moment du déclenchement de la guerre, a indiqué un ministre du gouvernement mardi.

L’annonce survient après des appels lancés pendant plusieurs jours par des groupes iraniens en Australie et par le président américain, Donald Trump, demandant au gouvernement australien de venir en aide à ces femmes, qui n’avaient pas réclamé publiquement l’asile.

Les spéculations en ce sens avaient suivi la couverture médiatique du tournoi parce qu’elles n’avaient pas chanté l’hymne national iranien avant leur premier match.

Tôt mardi, des policiers ont emmené cinq joueuses de leur hôtel, sur la Gold Coast, vers un endroit sûr après qu’elles eurent demandé l’asile politique. Une fois sur place, elles ont rencontré le ministre des Affaires intérieures, Tony Burke, et le processus de finalisation de leurs visas humanitaires a été effectué.

Je ne peux imaginer à quel point cette décision a dû être difficile pour chacune de ces femmes. Mais, assurément, ce qui a été fait mardi soir a été un soulagement, a dit Burke, qui a publié sur les réseaux sociaux des photos des cinq femmes, souriantes et applaudissant, pendant qu’il signait des documents. Des gens étaient très contents de commencer une vie en Australie.

Les femmes ayant obtenu l’asile se sont dites favorables à la publication de leurs noms et de leurs photos, a indiqué Burke. Il a ajouté que les joueuses souhaitaient préciser qu’elles ne sont pas des militantes politiques.

La télévision d’État iranienne a indiqué que la fédération de soccer du pays avait demandé aux instances internationales du sport d’examiner ce qu’elle a qualifié d’ingérence politique directe de Trump dans le soccer, avertissant que de tels propos pourraient perturber la Coupe du monde de 2026, qui doit s’amorcer en Amérique du Nord en juin.

Une décision difficile

Naghmeh Danai a été invitée lundi soir, à titre d’agente en immigration et de membre de la communauté irano-australienne, à rendre visite aux joueuses dans leur hôtel afin de les rassurer quant aux possibilités qui s’offrent à elles en Australie.

Je leur ai dit que, si elles acceptaient cette offre, elles auraient un bel avenir ici. Elles seront davantage respectées. Elles ne subiront pas la répression qu’elles connaissent dans leur pays. Et elles étaient ravies, a déclaré Danai.

En même temps, je comprends que c’est une décision difficile à prendre, surtout lorsqu’on a de la famille qui est restée au pays et qu’on est venu ici simplement pour participer à une compétition, a-t-elle ajouté.

L’avenir demeure incertain pour 21 joueuses et pour d’autres membres de l'équipe.

L’équipe iranienne est arrivée en Australie le mois dernier pour participer à la Coupe d’Asie féminine, avant le début de la guerre en Iran, déclenchée le 28 février. Éliminée du tournoi pendant la fin de semaine, la formation faisait face à la perspective de devoir retourner dans un pays sous les bombardements.

L’entraîneuse-chef de l’Iran, Marziyeh Jafari, a déclaré dimanche que les joueuses veulent rentrer en Iran dès que possible.

Une liste officielle de l’équipe a nommé 26 joueurs, en plus de Jafari et d’autres entraîneurs. Burke a affirmé que l’offre d’asile s’étendait à tous les membres de l’équipe.

Une scène de tumulte a éclaté mardi après-midi, en dehors de l'hôtel de l’équipe, parce que certains membres du public se sont agenouillés ou se sont allongés devant un bus blanc aux vitres teintées qui semblait transporter le reste de l’équipe.

Les manifestants, certains habillés de vêtements rouges, verts et blanc ou tenant un drapeau iranien prérévolutionnaire, ont tenté d’empêcher le bus de quitter l’hôtel, ce qui ne l’a retardé que de quelques minutes. Certaines personnes ont scandé : Sauvez nos filles et Agissez maintenant.

Burke n’a pas précisé à quoi les joueuses devraient faire face si elles retournaient en Iran. Pendant le tournoi, les femmes n’ont pas commenté la situation qui sévissait dans leur pays d’origine, bien que l’attaquante iranienne Sara Didar a manifestement retenu ses larmes lors d’une conférence de presse, mercredi, lorsqu’elle partageait ses craintes pour ses proches et pour tous les Iraniens.

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