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La déroutante confiance des Sabres

1 month ago 8

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« La façon dont les gens vous traitent est le reflet d’eux-mêmes », dit un vieil adage. Si c’est vrai, on a eu un bel aperçu de la manière dont les Sabres de Buffalo se perçoivent, mercredi soir, à l’occasion du premier match de la série les opposant au Canadien.

Au premier tour, le Lightning de Tampa Bay s’est comporté comme si le CH était une épouvantable menace à son existence. Le trio de Nick Suzuki était étroitement surveillé en tout temps et Jon Cooper remuait ciel et terre pour lui opposer Anthony Cirelli. Le jeu était fermé à double tour, il n’y avait jamais d’espace sur la patinoire.

Les Sabres, eux, ont plutôt entrepris cette série de deuxième tour avec une attitude de conquérants. Ou avec la confiance d’une équipe qui domine la LNH depuis cinq mois. Lindy Ruff n’a pas tenté d’étouffer le CH dans un étau défensif et il n’a guère insisté sur les pairages de trios. Il a simplement laissé jouer ses hommes, et ces derniers n’ont jamais semblé intimidés à l’idée d’échanger coup pour coup avec le Canadien.

Il y avait donc plus d’espace pour le Bleu-blanc-rouge dans ce match. Mais, étonnamment, après avoir excellé en défense contre le Lightning, le Canadien s’est aussi montré un peu plus généreux qu’au premier tour. Et, étonnamment, les niveaux d’émotion et d’énergie des deux clubs ont parfois semblé aussi peu élevés que dans un affrontement du mois de novembre.

À la fin de la soirée, Buffalo avait obtenu 13 chances de marquer contre 12 pour le Tricolore. Et le vieil entraîneur des Sabres avait obtenu ce qu’il voulait : une victoire de 4-2.

C’était la première fois que le CH accordait quatre buts depuis le début des séries. Pour leur part, les Sabres ont inscrit au moins quatre buts dans quatre des sept matchs qu’ils ont disputés depuis le début du tournoi printanier.

Par ailleurs, en ouvrant la marque après 4:31 de jeu, les Sabres ont forcé le Canadien à disputer du hockey de rattrapage jusqu’à la fin. C’est une posture que le CH avait connue dans seulement 6,1 % des minutes disputées face au Lightning au premier tour.

En résumé, la vie du Canadien s’annonce fort différente face à ses nouveaux adversaires. Et plusieurs questions subsistent.

Il est debout derrière le banc.

Martin St-Louis donne des consignes à ses joueurs.

Photo : Associated Press / Jeffrey T. Barnes


Par exemple, le Canadien commence-t-il à pomper l’huile?

Après avoir vu les hommes de Martin St-Louis heurter un mur de plein fouet dans le septième match disputé à Tampa, de nombreux observateurs étaient curieux de voir si l’équipe allait trouver suffisamment d’énergie pour amorcer sa série face aux Sabres avec un couteau entre les dents.

Or, le CH n’a pas été convaincant à ce niveau. Il reste toutefois à savoir pourquoi.

A-t-on vidé le réservoir dans la série précédente? Ou avait-on besoin d’un peu de temps pour refaire connaissance avec les Sabres?

Il était facile d’entreprendre la série de premier tour sur les chapeaux de roues parce que le Canadien et le Lightning s’étaient affrontés dans un match fort tumultueux à la toute fin du calendrier. Or, le CH et les Sabres ne s’étaient pas croisés depuis le 31 janvier. Ça pourrait expliquer pourquoi les deux équipes semblaient moins engagées qu’on ne s’y attendait.


Une autre énigme qu’il faudra absolument finir par résoudre est l’incapacité du premier trio du Canadien à générer de l’attaque à forces égales.

Cole Caufield (0-0), Nick Suzuki (1-1) et Juraj Slafkovsky (0-0) ont été limités à deux maigres points à 5 contre 5 dans les sept matchs qui ont opposé le Canadien au Lightning. Cette situation a largement été attribuée au brio du trio d’Anthony Cirelli et à la vaste expérience du Lightning dans les séries.

Sauf que mercredi, le résultat s’est avéré le même malgré le fait que Lindy Ruff ne se soit pas attardé outre mesure à la surveillance de la première unité du CH.

À forces égales, les trois meilleurs attaquants montréalais ont été limités à une seule chance de marquer (Caufield).

Ils se repoussent près du filet des Sabres.

Le défenseur des Sabres Logan Stanley (no 64) et l'ailier droit du Canadien Cole Caufield (no13)

Photo : Associated Press / Jeffrey T. Barnes

Il y a toutes sortes de tendances et de changements de rythme qui surviennent en séries. Certains naissent et meurent au cours d’une période ou d’un match, tandis que d’autres se perpétuent de match en match ou d’une série à l’autre.

Ça fait maintenant huit matchs que les membres du premier trio du CH se font museler par l’adversaire à forces égales. Ça commence à devenir une tendance lourde. Et ça fait trois matchs que les hommes de Martin St-Louis inscrivent deux buts ou moins. Ça commence à devenir une tendance. Et tout cela survient, faut-il le rappeler, dans une équipe qui n’a pas de deuxième trio digne de ce nom.

Le Canadien affronte dans cette nouvelle série une machine de hockey qui fait preuve depuis cinq mois d’une implacable constance et qui écrase tout sur son passage. Cette fois, la seule contribution des trios de soutien ne sera donc pas suffisante pour survivre.

Si Caufield, Suzuki et Slafkovsky ne redeviennent pas rapidement dominants, on voit mal comment il pourrait y avoir un troisième tour pour cette équipe.

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