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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayLe truc pour marcher sur un fil de fer, c’est de fixer un point devant vous et de ne jamais le quitter des yeux. C’est ce qu’a dû faire Christine Fréchette ces derniers mois. Rester concentrée sur l’objectif de se faire réélire comme première ministre le 5 octobre, même si elle se trouve sur une corde raide.
À l’intérieur de ses propres rangs, elle doit encore faire ses preuves. Bien qu’ils soient de moins en moins nombreux, il reste des caquistes qui doutent qu’elle soit la digne successeure de François Legault.
Dans un festival de sauces piquantes à Nicolet, Christine Fréchette se prête au jeu et accepte de goûter à tout ce qu’on lui tend. D’un kiosque à l’autre, l’accueil est chaleureux. Les échanges semblent faciles, même si elle traîne les huit années du gouvernement Legault derrière elle.
Et lorsqu’elle arrive ensuite à son local électoral de Trois-Rivières, plusieurs personnes attendent celle qu’ils surnomment Cri-Cri.
Parmi les militants familiers se trouvent aussi des curieux, dont une femme qui nous explique avoir fait partie des indécis jusqu’à aujourd’hui. En tant que fédéraliste, elle pense maintenant voter pour la Coalition avenir Québec (CAQ). Et ce n’est pas par dépit. Christine Fréchette l’inspire.
Cette affection paraît bien plus palpable sur le terrain de la campagne électorale que dans les couloirs de l’Assemblée nationale depuis sa nomination en avril.
Le groupe des suspicieux
Quand elle s’est lancée dans la course pour la direction de la CAQ, Christine Fréchette a rapidement formé une équipe autour d’elle, composée principalement d’amis et d’employés de ses cabinets ministériels. Au départ, quelques collègues du caucus ont rapidement flairé son potentiel comme cheffe de parti, surtout parce qu’elle était loin de reproduire le style de François Legault.
Toutefois, bien d’autres députés n’étaient pas certains de ce choix, même s’ils ont fini par se ranger derrière elle. Certains songeaient même à appuyer Bernard Drainville, mais avant qu’ils ne s’apprêtent à le faire, les membres de leur comté leur ont fait savoir que ce n’était pas leur souhait. Eux voulaient Christine Fréchette. Dans un parti politique, les militants ont toujours le dernier mot.
Ont-ils vu quelque chose en premier qui a échappé à bien des caquistes du Parlement, au départ? Bien que Christine Fréchette ait fini par recueillir le plus grand nombre d’appuis à l’intérieur du caucus de députés, plusieurs employés politiques ont mis du temps à la rejoindre. Le ralliement autour d’elle ne s’est pas fait instantanément, malgré les appels de Bernard Drainville à lui tendre la main. Encore aujourd’hui, ce travail n’est pas encore tout à fait terminé.

Bernard Drainville, candidat défait à la chefferie de la CAQ, félicite la gagnante Christine Fréchette.
Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers
Ce groupe de suspicieux considère qu’elle ne représente pas suffisamment l’aile nationaliste de la CAQ. Ils ne parviennent pas non plus à ressentir le même attachement envers elle que François Legault, qui les a tous recrutés personnellement.
On le constate d’ailleurs par leur contribution à la campagne électorale. Certains n’ont pas levé la main d’emblée pour l’aider sur le terrain. D’autres préfèrent garder les ministères et assurer une présence pour faire fonctionner les affaires gouvernementales en attendant le scrutin.
Les parallèles sont nombreux avec Mark Carney, qui a aussi succédé à un premier ministre démissionnaire, à la tête d’un parti considéré usé et en pleine dégringolade de popularité. Mais Christine Fréchette, elle, rencontre encore de la résistance, contrairement à lui, qui a rapidement été vu comme le sauveur du Parti libéral du Canada. Notons cependant que Mark Carney n’a pas eu à gérer l’adhésion de deux factions différentes à l’intérieur de son parti.
Christine Fréchette n’a pas vraiment non plus de disciples comme Paul St-Pierre Plamondon, qui fait tellement rêver son aile parlementaire avec le projet référendaire et sa popularité personnelle, qu’ils sont prêts à lui pardonner à peu près toutes ses exigences élevées à leur égard. Au moins, Christine Fréchette peut se rassurer d’avoir les militants de la CAQ derrière elle, contrairement à Charles Milliard qui doit régulièrement répondre à ses propres libéraux qui ne le trouvent pas assez combatif.
Attendre un autre chef qui saura mieux incarner toutes les franges de la CAQ n’est pas une option. Les caquistes réticents à l’appuyer constatent maintenant que Christine Fréchette mène l’une des batailles électorales les plus serrées depuis longtemps et que le rassemblement autour d’elle est nécessaire pour espérer garder le pouvoir le 5 octobre. Si l’on se fie aux sondages des derniers mois, la CAQ peut soit disparaître, ou à l’inverse, connaître une remontée inattendue.
L’appui nécessaire de Simon Jolin-Barrette
La présence de Simon Jolin-Barrette aux côtés de Christine Fréchette le jour du déclenchement électoral a donc un double sens. Premièrement, il s’impose toujours comme la figure du nationalisme identitaire de la CAQ, à cause de ses lois sur la laïcité de l’État et la protection du français.
Sa présence est d’autant plus importante au moment où le Parti québécois tente de ravir des sièges dans des comtés majoritairement francophones.

Simon Jolin-Barrette représente la circonscription de Borduas depuis 2014.
Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel
Deuxièmement, Simon Jolin-Barrette agit comme un ciment à l’intérieur de la CAQ. Il est là depuis plus longtemps que Bernard Drainville et il a plus d’ascendant sur les troupes que Jean-François Roberge. Tant qu’il restera, les caquistes incertains du leadership de Christine Fréchette ne partiront pas. Pour eux, il représente une caution nationaliste.
L’appui total et inconditionnel des derniers membres du groupe des suspicieux de la CAQ ne viendra sûrement que si elle réussit à traverser son fil de fer et à conserver le pouvoir. Autrement, n’importe qui tente de succéder au fondateur d’un parti sera toujours vu comme un chef de transition.
Au cours de la campagne électorale, notre analyste montera à bord des caravanes électorales de tous les partis politiques, afin de rapporter ses observations.


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