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Les érudits du Rocket

48 minutes ago 2

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Il s’en est trouvé pour déplorer l’absence de noms plus connus au camp des recrues du Canadien cette année. Pas de David Reinbacher ni d’Owen Beck ou de Florian Xhekaj. Les recrues d’importance, vous les trouverez derrière le banc plutôt que sur la glace.

On dit recrue, c’est une façon de parler, évidemment. Daniel Jacob, nouvel entraîneur-chef du Rocket de Laval, successeur de Pascal Vincent, en sera à une 8e année dans le hockey professionnel, à une 16e au sein d’un personnel d’entraîneurs en incluant ses séjours dans la LHJMQ et à l’Université McGill.

Selon un savant recensement maison, Jacob a dirigé, comme adjoint, 842 matchs de hockey, sans compter les différents parcours éliminatoires et son expérience avec les équipes nationales canadienne… et serbe. Mais le costume du patron? Il l’enfilera pour la toute première fois en fin de semaine dans ce tournoi des recrues où les siennes affronteront celles des Jets de Winnipeg et des Sénateurs d’Ottawa.

Jacob a attendu son tour longtemps dans l’antichambre. Le natif de Saint-Jean-sur-Richelieu a connu une carrière de hockeyeur modeste, principalement comme défenseur avec l’Université McGill et ensuite en Serbie pendant quatre ans. Il n’avait que 34 ans lorsque Joël Bouchard l’a arraché à son alma mater, où il avait entrepris sa carrière d’entraîneur, pour lui faire une place à Blainville-Boisbriand. Bouchard comme Vincent ont toujours été particulièrement élogieux à son endroit.

Un entraîneur-chef d’abord formé dans les rangs universitaires canadiens, ça demeure un fait rarissime de nos jours. Avec le Canadien, il faut remonter à Clément Jodoin, en 2010-2011. Sans dire que les universitaires sont regardés de haut par ceux qui ont suivi les voies traditionnelles ou qui ont joué à un plus haut niveau, il faut quand même prendre le temps de faire ses preuves.

Je savais dans quoi je m’embarquais dès le départ. Je n’avais pas joué [à ce niveau], je voulais apprendre de la bonne façon, je posais beaucoup de questions. Peu importe le soulier, je voulais être sûr que je pouvais rentrer mon pied et qu’il allait me faire. Les attaquants, les défenseurs, l’avantage numérique, le désavantage, Hockey Canada : je ne disais non à rien. Je suis juste content de voir où je suis rendu. J’aime voir que ça peut donner du gaz à certains entraîneurs pour le futur. J’ai mérité ma place et ce sera à moi de le prouver dans les prochaines années, a expliqué Jacob, jeudi, en marge du début du camp des recrues à Brossard.

Ça donne du gaz et ça ouvre des portes à d’autres aussi.

La première décision de Jacob a été d’embaucher l’entraîneur des Redbirds de McGill, David Urquhart, un de ses anciens coéquipiers dans cette même université. Urquhart – aucun lien de parenté avec le tristement célèbre Cory Urquhart, repêché par le Canadien cinq rangs avant Patrice Bergeron en 2003 – s’occupera des attaquants et de l’avantage numérique, tandis que Martin Laperrière supervisera les défenseurs dans ce nouvel organigramme.

Un homme en complet.

David Urquhart sera adjoint à Daniel Jacob.

Photo : Courtoisie

Au-delà de ses compétences de tacticien, c’est surtout pour ses qualités de fin communicateur que Jacob a fait appel à son ami. Et pour son diplôme de maîtrise en psychologie sportive.

Diriger, c’est une chose. Faire des changements de trios, c’est une chose. Mais notre réalité, c’est vraiment de gérer des individus. Ce côté-là est très intéressant, a laissé tomber le Québécois de 46 ans.

On a une relation, mais il n’aura pas peur de me défier dans mes décisions et j’ai besoin de ça. Il est toujours calme et posé aussi, il est à jour dans ses connaissances. Pour toutes ces raisons, c’était le candidat idéal.

C’est la première fois qu’on va travailler ensemble, mais notre philosophie est très proche et c’est bon de travailler avec quelqu’un qui a une bonne philosophie, a estimé Urquhart, dans la langue de Molière qui plus est.

La connexion universitaire se prolonge aussi sur la glace, où Urquhart retrouvera deux de ses anciens joueurs à McGill avec qui il a remporté la médaille d’or aux Universiades en 2025, soit le défenseur Kale McCallum et le gardien Francesco Lapenna.

La communication verticale

C’était un thème devenu récurrent au sein du Rocket sous la gouverne de Pascal Vincent et ce le sera à nouveau pendant l’ère Daniel Jacob : l’importance de la communication entre le club-école et le Canadien de Montréal. L’alignement des valeurs, des concepts, des principes, du système de jeu, etc.

Cela n’a pas été le cas à toutes les époques, mais ce l’est depuis maintenant deux ans. C’est ce que les entraîneurs du Rocket appellent joliment la communication verticale. De la poésie d’aréna.

Je regarde [Jacob] communiquer avec Martin [St-Louis]. Ce qu’eux vont changer, ce que nous on va mettre en application. On parle beaucoup de la communication à la verticale. La transition va être facile, a assuré Martin Laperrière, adjoint avec le Rocket depuis six ans.

Chaque année, ils ajoutent des ingrédients, a renchéri Laperrière. Essayer de faire les choses différemment, de s’améliorer. On vient de faire une présentation sur les mises au jeu. Statistiquement, le Canadien était bon, mais comment faire pour passer de 12e à 8e? À toutes nos rencontres, c’est de voir quel aspect du jeu on peut améliorer. [À Laval], on le met en pratique, on va tester des choses. On s’assure de parler le même langage, le système de jeu est le même à 95 %.

C’est par respect pour les joueurs aussi. Lors d’un rappel, ils vivent de la nervosité. C’est de s’assurer qu’ils attachent leurs patins, embarquent sur la glace et qu’ils ne se posent pas de questions.

Avant d’insister sur la primauté de cette relation verticale.

C’est parfois difficile à croire, mais les temps changent, même au hockey. Pour toutes les embauches à la Mike Babcock, il y en a d’autres où les études en psychologie sportive ont été valorisées, par exemple, tout comme l’importance d’une communication saine et limpide.

Alors, si ce n’est pour voir à l’œuvre Brayden Klimpke ou Aleksandr Legkov, il y a d’autres raisons de s’intéresser à ce camp des recrues du Canadien et du Rocket.

 Tellement hockey

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