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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayLes ministres de Mark Carney disent respecter et comprendre les critiques du député Steven Guilbeault sur le projet d’assouplissements réglementaires pour accélérer les grands projets, mais défendent malgré tout l’orientation du gouvernement.
Ancien ministre de l’Environnement sous Justin Trudeau, Steven Guilbeault ne mâche pas ses mots pour critiquer le gouvernement Carney et les assouplissements réglementaires qu’il a proposés vendredi pour accélérer l’approbation des grands projets.
S’il reconnaît la nécessité d’accélérer le processus d’évaluation des impacts d’un projet, le député, qui porte toujours les couleurs libérales, estime que son gouvernement va beaucoup trop loin, plus loin même que ce qu’avait tenté le gouvernement Harper, en 2012.

Steven Guilbeault a été ministre de l'Environnement sous Justin Trudeau. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers
Sans tambour ni trompette, Ottawa a publié des documents techniques détaillant ce qu’il entend faire pour accélérer le processus pour les projets énergétiques, miniers ou nucléaires, souhaitant recueillir l’opinion du public avant de déposer un projet de loi.
Le gouvernement Carney veut notamment que l’approbation fédérale d’un projet soit simplifiée et qu’elle prenne au maximum un an à produire.
Pour y parvenir, Ottawa souhaite notamment assouplir les autorisations relatives aux poissons et à leur habitat, exempter certains projets des tests sur les espèces menacées, préapprouver certains projets et autoriser leur lancement avant même la fin des études d’impact.
Ces assouplissements s’ajoutent à ceux déjà en place pour la quinzaine de projets qui pourraient être désignés d’intérêt national en vertu de la Loi sur l’unité de l’économie canadienne, adoptée l’an dernier par le gouvernement libéral.
C’est très inquiétant, a réitéré M. Guilbeault à l'émission Midi info, lundi, sur ICI PREMIÈRE. Il y a de très bons [projets] qui sont mis de l’avant, et il y a de très mauvais projets. Et là, on n’aura plus beaucoup d’outils pour être en mesure de déterminer quels sont les bons projets.
Le député de Laurier–Sainte-Marie a participé lundi à une annonce en compagnie de son ami, le ministre de l'Identité et de la Culture canadiennes, Marc Miller. Ce dernier n’a pas voulu commenter directement les propos de M. Guilbeault.
Steven est un homme de principes, a souligné le ministre, j’ai toujours respecté ses opinions, qu’il les partage en privé ou en public, et je lui dis très clairement quand je ne suis pas d’accord.
Marc Miller s’est dit à l’aise avec les propositions de son gouvernement. Mais je me battrai aussi pour l’environnement au sein du Cabinet, au sein du parti, ou comme simple particulier, a-t-il assuré.
On va faire ça avec sensibilité
À Tout le monde en parle, dimanche, la ministre de l’Industrie, Mélanie Joly, a soutenu qu’elle comprenait la tension que pouvait créer cette annonce.
J’ai toujours été une des environnementalistes dans l’équipe et dans le Cabinet, mais, en même temps, je sais à quel point la géopolitique est en train de changer et je suis consciente qu’on ne peut pas être dépendants des Américains pour notre énergie fossile.

La ministre de l'Industrie et ministre responsable de Développement économique Canada, Mélanie Joly, sur le plateau de « Tout le monde en parle »
Photo : A. Media / Karine Dufour
En marge d’une annonce à l’Île-du-Prince-Édouard, le ministre des Transports, Steven MacKinnon, a lui aussi défendu la position de son gouvernement : Ça fait 50, 60 ans qu’on cumule des règlements et c'est un système en grand besoin d’un nouveau regard. On va faire ça avec sensibilité, avec la participation de tous, surtout les Premières Nations et les provinces, a-t-il assuré.
Steven Guilbeault a soutenu toutefois que ses propos ne se voulaient pas une critique du gouvernement. Il s’agit plutôt de lui dire de faire attention à un certain nombre de choses, a-t-il précisé.
Celle à qui il a succédé au poste de ministre de l’Environnement dans le gouvernement de Justin Trudeau, Catherine McKenna, a aussi fait part de ses préoccupations sur ses réseaux sociaux. Les gens se soucient de l’impact des projets sur l’air, l’eau, les terres et la nature dans leur communauté, ainsi que sur la santé de leur famille. C’est normal, a-t-elle rappelé.
Libéral, jusqu'à quand?
Steven Guilbeault a quitté, en novembre dernier, ses fonctions dans le Cabinet de Mark Carney. Il se disait en profond désaccord avec l’entente conclue par son chef avec l’Alberta, qui ouvre la voie à la construction d'un nouvel oléoduc vers le Pacifique.
Avec la publication d'une lettre ouverte plus tôt cette année, cette sortie est la troisième que fait le député contre son propre gouvernement. Je ne lance pas des grenades autour de moi, je ne lance pas d’accusations à qui que ce soit. J’essaie de rester sur le fond des choses et, en le faisant comme ça, c’est peut-être plus acceptable, a-t-il expliqué.
Jusqu'à quand demeurera-t-il dans les rangs libéraux? M. Guilbeault n'a toujours pas établi de ligne rouge à ne pas franchir et ses critiques semblent trouver écho chez certains ministres libéraux.
Suite à la sortie que j’ai faite vendredi, j’ai été approché par certains bureaux de ministres me disant "on aimerait connaître ton opinion", alors je pense que je peux jouer un rôle à ce niveau-là, a raconté l'ancien militant écologiste.
Vous allez être attentifs à ce qui va se dire et se négocier dans les prochaines semaines et vous allez prendre une décision sur votre avenir?, lui a suggéré l'animateur de Midi info, Alec Castonguay. Je ne l’avais pas dit comme ça, mais c’est une bonne façon d’y réfléchir, lui a répondu Steven Guilbeault.


3 weeks ago
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