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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayLes dernières données, plutôt préoccupantes, sur l’état mental de la population québécoise inquiète l'Association des médecins psychiatres du Québec (AMPQ) qui, à quelques semaines du déclenchement de la campagne électorale provinciale, a interpellé les élus et les candidats lors d'un point de presse, mercredi, à Montréal.
La santé mentale touche tout le monde, elle traverse les générations, les territoires et les milieux de vie, a souligné l'association dans un communiqué de presse, en précisant que près d'une personne sur cinq dans la province souffre d'un trouble de santé mentale. La probabilité de présenter un tel trouble au cours d'une vie serait désormais davantage la norme que l'exception, selon l'AMPQ.
C'est pourquoi le regroupement de psychiatres fait six recommandations aux leaders politiques pour améliorer l'accès aux soins.
Parmi ces propositions : la nomination d'un ministre responsable de la Santé mentale ainsi que des mesures de prévention en lien avec l'itinérance.

La crise de l'itinérance s'est propagée à travers la province et n'est plus uniquement l'affaire de la métropole. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers
Pour rédiger son plan, l'AMPQ a d'ailleurs fait appel au milieu communautaire, notamment à la Mission Old Brewery, un organisme de Montréal qui vient en aide aux personnes en situation ou à risque d’itinérance.
Les troubles de santé mentale sont parmi les facteurs les plus communs contribuant à la perte de logement et à l'exclusion sociale, a rappelé le président et chef de la direction de la Mission Old Brewery, James Hughes. Ils doivent être considérés, donc, comme un enjeu social prioritaire.
Un ministre voué à la cause
Au lieu d'être un fournisseur aux itinérants, le système public devrait plutôt mettre en place des mesures préventives à la sortie des centres jeunesse, des hôpitaux psychiatriques et des milieux carcéraux, a énuméré la présidente de l'AMPQ, la Dre Claire Gamache.
On a un ministre de l'Éducation, parce que c'est une priorité nationale, on a un ministre de l'Enseignement supérieur, alors on pense qu'il faut absolument [un ministre] de la Santé mentale.

La Dre Claire Gamache est présidente de l’Association des médecins psychiatres du Québec. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Marie-Eve Cloutier
En entrevue avec Radio-Canada, la Dre Gamache a mis en évidence les besoins réels sur le terrain : pas moins de 50 % des consultations dans les bureaux de médecin portent sur des enjeux de santé mentale, a-t-elle souligné.
Un ministre qui connaît vraiment la santé mentale aurait un leadership puis une vision claire pour accompagner la première ligne, soutenir tout le réseau psychosocial, soutenir la DPJ [Direction de la protection de la jeunesse], et avoir une grande capacité d'influence pour expliquer les priorités à tous les autres ministres, pour dire à quel point il faut travailler en prévention, a-t-elle affirmé en précisant que la prévention permet, au bout du compte, d'économiser en argent et en détresse humaine.
La présidente de l'AMPQ souhaite que la main-d'œuvre soit mieux formée et qu'elle soit mieux soutenue.
La classe politique réagit
L’appel lancé depuis Montréal a eu des échos jusque dans la capitale québécoise, où les divers partis politiques ont dit être sensibles aux inquiétudes exprimées par l’AMPQ.
Le moment choisi pour cette annonce n’est pas anodin : il correspond à la période où les partis politiques font leur réflexion de groupe, sur ce qui doit être fait dans la société, puis ce qui doit être dans les promesses électorales, a expliqué la Dre Gamache.
On pense extrêmement important que ce soit mis en place ensuite dans le mandat de tous les partis politiques, a-t-elle insisté.
Ce sont des enjeux majeurs qui ne se règlent pas par des promesses, mais par des gestes posés dans la durée, a indiqué le cabinet de la première ministre du Québec, Christine Fréchette.
L'itinérance et la santé mentale demeurent des priorités pour notre gouvernement, a ajouté le cabinet en mentionnant que des informations supplémentaires seront dévoilées à l’occasion du lancement de la campagne électorale et de la présentation du programme de la Coalition avenir Québec (CAQ).
Même son de cloche du côté du Parti libéral du Québec (PLQ), qui s'engage à rendre la télésanté accessible à tous les Québécois, ce qui permettrait, selon la formation, d'améliorer l'accès aux soins en santé mentale, a déclaré la porte-parole du PLQ en matière de santé mentale, Elisabeth Prass.
Celle qui est aussi députée de la circonscription de D’Arcy-McGee, à Montréal, a insisté sur la santé mentale des jeunes, alors que le taux d'hospitalisation pour tentative de suicide chez les filles âgées de 10 à 14 ans a triplé entre 2010 et 2023, selon l'AMPQ.
Si vous pensez au suicide ou vous inquiétez pour un proche, des intervenants sont disponibles en tout temps au 1 866 APPELLE (1 866 277-3553), par texto (535353) ou par clavardage à suicide.ca (nouvelle fenêtre).
Le porte-parole de Québec solidaire en matière de santé, Guillaume Cliche-Rivard, a lui aussi réitéré l'engagement de son parti à prioriser la santé mentale en mettant l’accent sur la prévention et une prise en charge plus rapide et efficace des patients.
La crise de l’itinérance qui s’est exacerbée à la grandeur de la province appelle à des mesures structurantes fortes, en particulier en matière de logement, a-t-il ajouté.
De son côté, le Parti conservateur du Québec (PCQ) appuie plusieurs recommandations des psychiatres en ce qui a trait à la prévention et aux soins prodigués en télémédecine. Cependant, la santé mentale et la santé physique doivent être traitées ensemble, selon le porte-parole en matière de services sociaux du PCQ, Guillaume Langlois.
Médecin depuis une vingtaine d'années, le candidat dans Nicolet-Bécancour a aussi rappelé quelques propositions du PCQ en matière de santé, comme celle de former davantage de travailleurs sociaux, de thérapeutes familiaux francophones et de médecins communautaires, en plus de doubler le nombre d’infirmières praticiennes spécialisées.
Dans une déclaration envoyée à Radio-Canada, le Parti québécois a indiqué qu'il fera part de ses engagements lors de la campagne électorale, sans vouloir commenter davantage les demandes et propositions de l'AMPQ.


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