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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayMark Carney avance dans l’espace politique tel un blindé, imperturbable devant les tirs de ses adversaires et les obstacles sur sa route.
Rien ne paraît ébranler sa popularité : ni l’ajout de nouveaux tarifs douaniers américains, ni le départ de l’un de ses ministres les plus populaires au Québec, Steven Guilbeault, ni le coût de la vie, qui demeure un casse-tête pour bien des familles à la fin du mois.
C’est dans ce contexte d’apparente toute-puissance que reprennent, lundi matin, les travaux parlementaires aux Communes.
La force de la position du premier ministre contraste avec la faiblesse relative de ses adversaires.
Les conservateurs ne sont plus l’ombre de ce qu’ils étaient il y a deux ans, meurtris par les départs de sept des leurs, dont quatre pour faire le saut chez les libéraux. Pierre Poilievre essaie tant bien que mal de garder soudé ce caucus de plus en plus maussade, miné par les sorties impromptues de députés comme Jamil Jivani qui semblent n’en faire qu’à leur tête.
Les néo-démocrates, quant à eux, ont un terrain de jeu plus grand maintenant que les libéraux se sont résolument rangés à droite, mais ils souffrent d’un déficit de visibilité majeur. Leur nouveau chef, Avi Lewis, n’est pas député et sera donc incapable de relayer le message néo-démocrate au Parlement. À la rentrée, ils devront faire face à un obstacle supplémentaire : leur seul député québécois (et unique francophone), Alexandre Boulerice, efficace communicateur, ne sera plus là puisqu’il s’est lancé en politique provinciale.
Enfin, les bloquistes ont, pour leur part, volontairement choisi de s’effacer pour éviter de faire ombrage au Parti québécois, en pleine campagne électorale à Québec. Ils reprendront graduellement leur place après le scrutin du 5 octobre, soit, mais ils ne peuvent que constater, à la lumière de l’élection partielle dans Chicoutimi–Le-Fjord, qu’ils ont encore beaucoup de travail à faire pour regagner la première place dans le cœur des électeurs québécois.
Ça ne veut pas dire pour autant que les partis d’opposition sont impuissants devant la popularité des libéraux.
Sur le fond, leurs préoccupations dans plusieurs dossiers ont le potentiel de trouver écho auprès du public.
Le dépôt imminent d’un nouveau projet de loi pour accélérer l’approbation de l’ensemble des projets d’infrastructure risque de s’attirer les foudres des environnementalistes. Le gouvernement Carney veut mettre le pied sur l’accélérateur pour l’autorisation de projets de toutes tailles (pas seulement les grands projets désignés d’intérêt national). Il a publié, début septembre, un règlement pour que les projets de pipelines ne soient plus soumis à la procédure d’évaluation environnementale comme on la connaissait, mais qu'ils soient plutôt examinés par la Régie de l’énergie.
Ce printemps, il a également signalé vouloir autoriser le démarrage de projets avant même que l’évaluation d’impact soit terminée, et permettre aux ministres de modifier les conditions environnementales des projets.
Le dépôt du projet de loi qui contiendra ces changements, tout comme la désignation probable du nouveau pipeline d’exportation de pétrole vers l’Ouest comme étant d’intérêt national, pourrait permettre au Bloc québécois ou au NPD de faire le plein d’appuis écologistes.
D’autres positions moins consensuelles du gouvernement peuvent aussi servir d’angle d’attaque pour les oppositions.
La décision d’ouvrir la porte aux investissements privés pour l’exploitation des aéroports de quatre grandes villes au pays est décriée par les syndicats.
Le milieu culturel est, quant à lui, toujours ébranlé par l’abandon des redevances qui devaient être imposées aux diffuseurs en ligne, comme Netflix et Disney, et qui auraient permis de financer en partie du contenu canadien.
Enfin, le fait que Mark Carney demeure assez peu présent aux Communes a de quoi faire sourciller les défenseurs de la démocratie parlementaire canadienne.
Les oppositions n’ont aucune garantie que le public écoutera leurs récriminations. Jusqu’à présent, le taux d’approbation de Mark Carney ne fléchit pas, avoisinant les 60 %. Il a même connu un rebond au début de l’année, dans la foulée du discours de Davos, ce qui fait dire à l’analyste de sondages Philippe J. Fournier que Mark Carney vit désormais une seconde lune de miel.
Peu de ses prédécesseurs ont joui d’une popularité si forte pendant aussi longtemps. Mais peu de ses prédécesseurs ont œuvré dans un environnement aussi déstabilisant que celui de ce second mandat de Donald Trump.
Aucune armure n’est infaillible. Un jour viendra où les oppositions trouveront ses failles. Ça pourrait être cet automne. Ou pas.


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