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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayLe dépotoir en proie aux flammes à Summerland, en Colombie-Britannique, constitue un sujet d’inquiétude grandissant dans la communauté, car il ajoute un obstacle à tout plan de retour des résidents évacués en raison des feux de forêt.
Les équipes du Service d'incendie de la Colombie-Britannique, BC Wildfire, ne peuvent pas intervenir directement sur ce lieu où l'on dépose les ordures, car leurs équipements de protection individuelle sont conçus exclusivement pour les feux de végétation et ne comportent pas d'appareils respiratoires autonomes.
Selon la porte-parole de BC Wildfire, Jean Strong, la combustion de matériaux artificiels génère une fumée non végétale chargée de produits chimiques toxiques. L'intervention repose donc entièrement sur les pompiers municipaux, qui possèdent la formation et l'équipement requis pour faire face aux émanations chimiques.
Les équipes provinciales se concentrent donc sur les lignes de feu en forêt pendant que les pompiers locaux neutralisent les risques toxiques du dépotoir situé à environ 6 km à l'ouest de la ville, explique Cliff Chapman, directeur des mesures de lutte contre les feux de forêt de BC Wildifire.
Le maire de Summerland, Doug Holmes, rappelle toutefois que la situation reste imprévisible.
Non seulement les autorités doivent vérifier la sécurité des infrastructures avant d'autoriser le retour des résidents, mais elles ne savent pas ce qu'elles pourraient faire de la collecte des ordures ménagères si le dépotoir continue de brûler.
Des émanations toxiques
Pour le Dr Tim Takaro, professeur émérite à l'Université Simon Fraser et expert en santé environnementale, la combustion d'un dépotoir constitue une menace « bien supérieure » à celle d'un feu de forêt classique.
La présence de plastiques, d'appareils électroménagers et de métaux crée souvent une combustion incomplète, un feu à température réduite, qui libère encore plus de substances hautement toxiques.
L'incertitude quant au contenu exact du site préoccupe particulièrement les spécialistes.
La présence potentielle de matières enfouies dès les années 1950, bien avant l'établissement de normes environnementales sur les déchets dangereux, signifie que des produits chimiques oubliés ou toxiques pourraient aujourd'hui être relâchés dans l'atmosphère.

Des visiteurs et des évacués se rassemblent au belvédère Sun Rock, situé directement en face de Summerland, le mercredi 12 août au matin. Depuis ce point de vue surplombant le lac Okanagan, des sinistrés tentent d'apercevoir leur résidence pour évaluer la progression des feux de forêt.
Photo : Radio-Canada / Helen Pike
Le Dr Takaro souligne que les particules fines et les gaz dégagés provoquent une inflammation sévère des voies respiratoires, notamment chez les personnes vulnérables. Ces polluants, qui incluent des métaux lourds et des composants cancérigènes, peuvent voyager sur des centaines de kilomètres et présenter des risques pour la santé à long terme.
La toxicité des gaz augmente de façon spectaculaire en raison des plastiques et des métaux. Ce ne sont pas des choses que l'on devrait brûler. Les émanations de ce genre de brasier sont dévastatrices pour les poumons.
Une surveillance accrue
Face aux risques chimiques, les autorités provinciales et régionales surveillent étroitement la situation.
Kevin Dunbar, d'Urgences Climat et Gestion des urgences Colombie-Britannique, indique qu'une coordination est en place avec le ministère de la Santé, les autorités sanitaires et le ministère de l'Environnement afin de mesurer la qualité de l'air et de détecter tout rejet de matières dangereuses.
Le Dr Takaro insiste de son côté sur la nécessité d'effectuer des prélèvements d'air en temps réel pour analyser précisément les gaz émis avant d'autoriser le retour de la population. Il faudrait également bien informer les services de santé de la région, afin de mieux pouvoir observer et traiter des symptômes potentiels.


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