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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayUne vétérinaire de Québec dénonce les incivilités grandissantes auxquelles sont confrontés des médecins vétérinaires dans le cadre de leurs fonctions. La Dre Myriam Charest constate que le phénomène n'est pas nouveau, mais qu'il est en augmentation. Il découlerait notamment de la hausse de prix des services.
La Dre Charest pratique la médecine vétérinaire à Québec depuis 14 ans. Quelques semaines avant de rencontrer Radio-Canada, une relation s’est finie dans l’amertume avec un client.
L’animal de celui-ci ne répondait pas bien aux traitements prodigués dans sa clinique. On avait besoin de faire davantage de tests et de diagnostics pour préciser la cause des symptômes. Ce n’était pas une possibilité pour cette personne-là, relate la Dre Charest.
La personne, déçue et en colère, aurait utilisé un langage ordurier à son endroit en échangeant avec une employée présente à la réception. Elle a mentionné à ma technicienne que, si jamais elle me revoyait, elle s'en prendrait à moi physiquement, déplore la vétérinaire, qui dit avoir été surprise et apeurée à la suite de l’incident, mais aussi en colère qu’une de ses collègues ait dû faire face à une telle agressivité.
Myriam Charest est aussi vice-présidente de l'Association des médecins vétérinaires du Québec (AMVQ) en pratique des petits animaux. Forte d’une carrière de 14 ans, elle estime que ce n’est pas un phénomène nouveau, mais le phénomène est en augmentation, ajoute-t-elle.
Si une personne est et va jusqu'à proférer des menaces, jusqu’où elle peut aller?
Elle estime qu’en plus des coûts des soins qui peuvent être particulièrement onéreux, le manque d’accessibilité de ce genre de service est également une cause de la frustration ressentie par certains.
Même si ça nous fend le cœur, même si ça nous fait énormément de peine, on n'est pas toujours en mesure de voir tous les animaux comme on le voudrait, explique la Dre Charest.
Un problème répandu dans la profession
La Fédération des associations francophones de vétérinaires pour animaux de compagnie (FAFVAC) fait état d’un problème systémique aux conséquences importantes sur la profession. Dans une consultation en ligne menée auprès de 741 vétérinaires de la francophonie, dont près du tiers au Québec (29,5 %), entre janvier et février 2026, on peut lire qu'il ne s’agirait pas seulement de quelques cas isolés.
[Les incivilités] représentent désormais un enjeu stratégique pour l’avenir de la profession, touchant à la fois la santé mentale des équipes, la gestion des établissements et l’attractivité du métier.
Au Québec, le quart des répondants ont affirmé avoir subi des menaces de poursuites judiciaires ou encore d’atteinte à la réputation sur les médias sociaux. Près de 70 % ont fait l’objet de reproches ou d'insultes. La majorité d’entre eux, soit 57 %, ont dû faire face à des refus de payer.
Un vétérinaire sur 10 aurait par ailleurs été la cible de harcèlement sur les réseaux sociaux.
L’AMVQ a participé à cette enquête. Sa présidente, la Dre Valérie Bissonnette, est catégorique. Il va y avoir des choses à mettre en place pour plus que ça se reproduise.
Il faut les aider à ce qu’ils aient envie encore de faire leur merveilleux travail.
Bien que l’enquête de la FAFVAC soit la première du genre et qu’il n’existe pas de comparaison avec les années précédentes, la Dre Bissonnette estime que ses membres perçoivent une hausse de ce type d’incident.
Elle explique cette tension grandissante par la hausse de prix des services vétérinaires rendue nécessaire par le besoin de retenir du personnel dans la profession.
Combiné à une inflation grandissante, le tout peut mener à des moments émotionnellement extrêmement difficiles pour les familles puisque tu vois les services qui sont onéreux et auxquels tu as difficilement accès vu la situation économique difficile. Ça signifie prendre des décisions qui sont crève-cœur, soumet-elle.
Certains des vétérinaires sondés ont dû prendre des actions face aux incivilités qu'ils ont subies. Ce sont 52 % d'entre eux qui rapportent avoir dû refuser un client, tandis que 38 % sont allés jusqu'à en mettre à la porte.
Sensibilisation
La solution serait avant tout de mieux informer le public sur la réalité des médecins vétérinaires, pense Myriam Charest. Cela permettrait entre autres de diminuer les risques de mauvaises surprises liées à leur animal.
Même si les incivilités demeurent courantes dans son milieu, elle a bon espoir que la situation s’améliore. Le fait d’en parler la rend aujourd’hui optimiste, elle qui dit être empathique des problèmes auxquels font face certains de ses clients.
C'est vraiment de l'amour pour leur animal qui est juste mal canalisé, croit-elle.


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