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Washington se retire d’un comité de collaboration canado-américain sur la défense

3 weeks ago 18

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Les États-Unis suspendent la Commission permanente canado-américaine de défense, déplorant l’absence de « progrès crédibles » du Canada en la matière.

Dans une série de publications sur X, le sous-secrétaire à la Défense des États-Unis, Elbridge Colby, a annoncé que Washington souhaite réévaluer comment ce comité bénéficie à la défense commune de l’Amérique du Nord.

Le Canada, selon lui, n’a pas réalisé de progrès crédibles sur ses engagements en matière de défense.

Cette commission a été mise sur pied en 1940 par le premier ministre Mackenzie King et le président Roosevelt, en pleine Seconde Guerre mondiale. Elle est depuis un important symbole de la relation entre le Canada et les États-Unis.

Elle est composée de représentants des deux pays qui se rencontrent annuellement pour échanger sur les questions communes de défense et qui fournissent ensuite des recommandations à leur gouvernement respectif.

M. Colby a fustigé sur X le fossé qui sépare le discours de la réalité, en ajoutant un lien vers le discours qu’a prononcé le premier ministre Mark Carney à Davos, en janvier, dans lequel il a appelé les puissances moyennes à s’unir pour faire face aux puissances hégémoniques.

Ce discours continue de résonner, plusieurs mois plus tard, à l’international. Depuis son arrivée au pouvoir, Mark Carney a multiplié les visites à l’étranger, dans le but de diversifier les partenaires commerciaux du Canada.

Début mai, il s’est d’ailleurs fait courtiser par les pays européens, réunis en Arménie pour un sommet sur la sécurité. M. Carney était le seul représentant d’un pays non européen à y être convié.

Le sous-secrétaire à la Défense Elbridge Colby et le secrétaire à la Défense Pete Hegseth.

Le sous-secrétaire à la Défense Elbridge Colby déplore l'absence de « progrès crédibles » du Canada en matière de défense. (Photo d'archives)

Photo : Getty Images / Chip Somodevilla

Les vraies puissances doivent soutenir notre discours, avec des responsabilités partagées en matière de sécurité et de défense, a ajouté le sous-secrétaire à la Défense. Ce n'est qu'en investissant dans nos propres capacités de défense que les Américains et les Canadiens pourront vivre en sécurité et dans la prospérité.

Dans une déclaration transmise à Radio-Canada, le cabinet du ministre de la Défense nationale a réagi en affirmant que le Canada et les États‑Unis partagent une longue tradition de coopération et de collaboration étroites en matière de défense continentale.

Au cours de la dernière année, nous avons pris des mesures historiques pour moderniser nos défenses continentales et démontrer notre engagement continu envers le NORAD, alors que nous travaillons avec nos partenaires américains pour faire face aux menaces émergentes, a-t-on donné en exemple.

Le cabinet a également insisté sur certaines dépenses effectuées par le Canada en matière de défense, notamment pour l’acquisition prochaine de sous-marins et d’avions de chasse.

Le Canada travaillera avec des partenaires de confiance qui sont prêts à collaborer avec lui, demeurant toujours disposé à participer à des discussions constructives sur les meilleures façons de renforcer la défense et la sécurité mutuelles, lit-on également.

« L'occasion de repartir à zéro »

Selon le professeur titulaire à l’École nationale d’administration publique, Stéphane Roussel, l'argument selon lequel les efforts du Canada en défense sont insuffisants est loufoque. Le Canada a fait des efforts considérables en matière de défense dans la dernière année et demie, a-t-il expliqué à RDI.

L'OTAN a d'ailleurs reconnu, en mars dernier, que le Canada avait atteint l'objectif de consacrer au moins 2 % de son PIB à sa défense.

Au fil de son histoire, la Commission permanente canado-américaine de défense a contribué à mettre sur pied plusieurs éléments de défense centraux, comme la route de l'Alaska ou encore le système de défense aérienne NORAD.

Selon la directrice du Centre d'études sur la défense et la sécurité de l'Université du Manitoba, Andrea Charron, les représentants des deux pays étaient, à l'époque, des responsables de haut niveau et de confiance, qui avaient l'écoute de leur premier ministre ou de leur président.

Ils pouvaient auparavant avoir des discussions derrière des portes closes sur les réels irritants pour ensuite chuchoter à l’oreille du premier ministre ou du président, explique-t-elle en entrevue. Mais cette commission a perdu en influence au fil du temps pour devenir plus bureaucratique qu'autre chose, selon elle.

Depuis le début des années 2000, les pays y assignent plutôt des politiciens, et le Canada et les États-Unis finissaient toujours par passer par-dessus pour se parler. Selon Mme Charron, ce retrait d'une des parties était inévitable.

La spécialiste assure que la Commission permanente canado-américaine sur la défense pourrait, encore aujourd'hui, être un outil de collaboration et de négociation intéressant, s'il était mieux utilisé. C'est peut-être l'occasion de repartir à zéro, avance-t-elle.

Cette commission, cependant, n'était pas le seul organe de coopération entre le Canada et les États-Unis. Le Comité de la coopération militaire, lui, est toujours en place et fonctionnel, tout comme le NORAD. Ce sont des professionnels de la défense qui mettent de côté la politique pour faire leur travail et défendre l'Amérique du Nord, assure Andrea Charron.

Avec les informations de CBC News

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