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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayPartout dans le monde, la baisse du taux de natalité, qui a atteint un creux historique dans les dernières années, force la classe politique à réagir. Au Québec, les élus cherchent des solutions pour permettre aux familles québécoises d’avoir le nombre d’enfants qu’elles désirent véritablement.
L’indice de fécondité au Québec était estimé à 1,36 enfant par femme en 2025. Bien qu'il s'agisse d’une légère hausse par rapport au creux historique de 1,35 enregistré en 2024, il reste encore loin du seuil de remplacement des générations, fixé à 2,1 enfants par femme.
La population du Québec a d'ailleurs diminué en 2025.
Pour Sophie Mathieu, professeure à l’École de politique appliquée de l’Université de Sherbrooke, le principal problème est l’écart entre le nombre d’enfants souhaités et le nombre d’enfants que les familles ont réellement.
Les facteurs qui freinent les parents sont multiples, selon l’experte, qui énumère notamment les difficultés liées à la conciliation travail-famille, l’écoanxiété, la crise du logement et la pénurie de places subventionnées en garderie.
Je [ne] pense pas qu'il faille convaincre les gens d'avoir un enfant. Il faut plutôt les aider à réaliser leur projet familial, nuance-t-elle.

Sophie Mathieu, professeure à l’École de politique appliquée de l’Université de Sherbrooke (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Vincent Rességuier
Des mesures pour aider plutôt que convaincre
Face à cette diminution du taux de natalité, la classe politique souhaite avant tout donner aux familles les moyens d'avoir des enfants.
La Coalition avenir Québec (CAQ) affirme que le taux de natalité est un enjeu important pour son gouvernement et qu’elle a déjà déployé plusieurs mesures pour y faire face.
Dans un courriel transmis à Radio-Canada, le parti cite, entre autres, la création de plus de 37 000 places subventionnées en garderie et en centre pour la petite enfance (CPE) pour faciliter la conciliation entre la vie familiale et le travail.
De son côté, Québec solidaire (QS) propose notamment de prolonger le congé de paternité de 5 à 10 semaines en puisant dans les surplus générés par le Régime québécois d'assurance parentale (RQAP).
Pour son député Alexandre Leduc, la solution passe surtout par l’économie, comme une augmentation du salaire minimum et une réponse à la crise du logement. Il faut se donner les moyens d'augmenter les conditions matérielles des Québécois, dit-il.
Pour sa part, Alex Boissonneault, député d’Arthabaska et porte-parole du Parti québécois en matière de famille et CPE, se désole de constater l'écart entre le nombre d’enfants souhaités et [que] le nombre de naissances a atteint un niveau historique. Ce que nous voulons, c'est de renverser cette tendance en s’attaquant aux obstacles qui empêchent les familles de réaliser leurs projets.
Le Parti libéral du Québec (PLQ), lui, promet que des mesures pour favoriser la natalité seront présentées en temps et lieu.

2:16
Le reportage de Raphaëlle Drouin
Un virage conservateur redouté
La natalité vient jouer sur une corde sensible, celle de l’égalité entre les hommes et les femmes, rappelle Sophie Mathieu. Au Québec, on préfère généralement parler de conciliation emploi-famille ou vie professionnelle-vie familiale plutôt que de politique de natalité, selon elle.
Ce qui m'inquiète, c'est la manière dont on va répondre à cet enjeu-là, ajoute-t-elle, parce qu'on peut ouvrir la porte à un discours plutôt conservateur en valorisant un retour aux rôles traditionnels chez les femmes, ajoute-t-elle.
Même son de cloche pour le député Alexandre Leduc, qui craint un virage conservateur. On doit prendre au sérieux la baisse de natalité, mais il ne faut pas non plus paniquer, dit-il. Il y a de l'immigration au Québec et ça fait en sorte qu’il y a quand même un renouvellement de la population.
Il faut éviter de tomber dans l'instrumentalisation de la femme, qui devrait produire plus d'enfants pour la nation, dit-il.

Le député solidaire d'Hochelaga-Maisonneuve, Alexandre Leduc (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel
Ailleurs dans le monde
Il n’y a pas qu’au Canada qu’on enregistre un déclin du taux de natalité.
En Hongrie, le taux de fécondité enregistré en 2023 était de 1,51 enfant par femme. Pour encourager les naissances, le gouvernement a proposé de généreux crédits d’impôt.
En France, où le taux de fécondité a atteint 1,53 enfant par femme en 2025, le gouvernement enverra un courrier à tous ses citoyens âgés de 29 ans afin de les informer que leur fertilité commence à décliner et les inciter à penser à leur projet familial.
La Corée du Sud, qui affichait en 2023 le taux de fécondité le plus bas au monde avec 0,72 enfant par femme, a connu une légère hausse en 2024 pour atteindre 0,8, soit une augmentation de 6 %.
D’après un reportage de Raphaëlle Drouin


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