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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayL'avocat et militant Jean Allaire, cofondateur et premier chef de l'Action démocratique du Québec, est décédé le 25 août dernier, a annoncé sa famille. Il avait 96 ans.
Jean Allaire n’a peut-être jamais été élu à l’Assemblée nationale, mais il fait assurément partie de ceux qui ont marqué l’histoire politique du Québec.
Surtout reconnu comme le cofondateur de l’Action démocratique du Québec (ADQ), il est également l’auteur du rapport Allaire, publié en 1991, qui prônait un renforcement de la position du Québec face à Ottawa par une vaste décentralisation des pouvoirs.
Son rôle fut aussi déterminant pour rallier les adéquistes à la Coalition avenir Québec (CAQ).
Régulièrement appelé à s’exprimer sur des enjeux d’actualité, Jean Allaire a longtemps prodigué ses conseils dans les médias ou lors d'événements politiques. On l'a notamment aperçu dans les premiers rassemblements de la CAQ.
Jean Allaire s’est d’abord fait connaître comme membre influent du Parti libéral du Québec (PLQ), dirigé à l’époque par Robert Bourassa. Après l’échec de l’accord du lac Meech, le gouvernement provincial a mis sur pied la commission Bélanger-Campeau sur l’avenir politique et constitutionnel du Québec.
Parallèlement, le PLQ a créé un comité interne, présidé par Jean Allaire, dont le mandat consistait à définir une nouvelle structure politique.
Le rapport Allaire
Le rapport Allaire, officiellement intitulé Un Québec libre de ses choix, a été déposé et adopté à l’occasion du 25e congrès des membres du PLQ, en 1991. Il suggérait d’accroître considérablement les pouvoirs du Québec aux dépens du gouvernement fédéral.
Avec cette autonomie politique, l’État québécois aurait obtenu l’autorité législative exclusive dans 22 domaines de compétence fédérale. Les recommandations du document visaient aussi à contrer la montée du sentiment nationaliste à l’époque.
Advenant le rejet des conditions posées par Québec à Ottawa, le rapport Allaire et celui de la commission Bélanger-Campeau proposaient la tenue d’un référendum sur la souveraineté à l’automne 1992. Cependant, le PLQ a accepté de mettre ce projet sur la glace, dans la foulée de l’accord constitutionnel de Charlottetown.
Des camps se sont alors formés à l’intérieur du parti. Jean Allaire jugeait les propositions du gouvernement fédéral beaucoup trop modestes et s’opposait à la position de son chef, Robert Bourassa. Mario Dumont, alors président de la commission jeunesse du PLQ, s’est joint à lui pour faire campagne contre l’accord de Charlottetown.
Cet affrontement a provoqué une crise interne au sein du parti, qui a mené Jean Allaire et Mario Dumont à claquer la porte de leur formation. Même si l’accord de Charlottetown fut rejeté par référendum, les deux hommes n’ont jamais réintégré le PLQ et ont plutôt poursuivi leur projet de réforme constitutionnelle au sein du Groupe Réflexion Québec, un mouvement initié par M. Allaire en 1993.
La naissance de l’ADQ
Quelques mois plus tard, en janvier 1994, est ainsi né un parti politique, l’Action démocratique du Québec. Située au centre-droit de l’échiquier politique, la formation proposait une troisième option pour les Québécois qui ne se définissaient ni comme souverainistes ni comme fédéralistes.

Jean Allaire, cofondateur et premier chef de l’ADQ, au congrès de la Coalition avenir Québec en 2012.
Photo : Radio-Canada
Même si les adéquistes ont appuyé le camp du Oui durant le référendum sur la souveraineté du Québec en 1995, la formation politique se définissait plutôt comme autonomiste. Cette position visait à obtenir plus de pouvoirs d’Ottawa en occupant tous les champs de compétence possibles.
Plusieurs des membres du parti, qui étaient autrefois des militants libéraux ayant appuyé le rapport Allaire, ont choisi de suivre Jean Allaire dans cette voie.
À la fondation de l’ADQ, Jean Allaire est nommé chef, un poste qu’il n’a cependant occupé que pendant deux mois, en raison d’ennuis cardiaques. Après sa démission, Mario Dumont, alors âgé de 23 ans, prend sa relève.
M. Allaire est tout même resté très actif à l’intérieur de son parti pendant près d’une quinzaine d’années.
Un allié de la CAQ à ses débuts
L’ADQ a obtenu ses meilleurs résultats aux élections générales de 2007, lorsqu’elle est devenue l’opposition officielle, avec 41 députés, face à un gouvernement libéral minoritaire. Elle a cependant perdu la grande majorité de ses sièges aux élections suivantes, en 2008, ce qui a conduit à la démission de Mario Dumont.

François Legault rit avec Jean Allaire lors d'un événement de la Coalition avenir Québec, le 6 février 2012.
Photo : La Presse canadienne / CLEMENT ALLARD
À l’automne 2011, François Legault a fondé la Coalition avenir Québec, une nouvelle formation politique dont les positions se rapprochaient de celles de l’ADQ à plusieurs égards.
Bien que Jean Allaire continuait d’appuyer le parti qu’il avait fondé, il militait de plus en plus en faveur d’une fusion avec la CAQ. Ses sorties publiques et son poids politique ont sans doute aidé François Legault à convaincre les adéquistes de se joindre à lui. L’unification des deux partis s'est concrétisée au début de 2012.
Jean Allaire a aidé François Legault à effectuer cette transition et lui a offert ses conseils. Il s'est d’ailleurs présenté à quelques reprises dans les événements de la CAQ durant les premières années d'existence du parti, sans occuper de rôle formel.
Après la fusion de la CAQ et de l’ADQ, Jean Allaire a continué d’être présent dans l’espace public en commentant divers enjeux. Il a notamment appuyé la réforme du mode de scrutin au Québec et s'est montré en faveur de certains aspects de la charte des valeurs du gouvernement péquiste de Pauline Marois.


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