PROTECT YOURSELF with Orgo-Life® QUANTUM TECHNOLOGY
Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayUn groupe de travailleuses et de travailleurs du sexe de Montréal a organisé une manifestation samedi, pendant le week-end du Grand Prix, pour réclamer de meilleures conditions de travail.
Quelque 200 personnes ont pris part au rassemblement, brandissant des pancartes et scandant des slogans tels que Pas de danseuses, pas d'argent! et Les mauvaises filles aiment les droits des travailleurs! alors qu'elles défilaient dans les rues bondées.
Adore Goldman, membre du Comité autonome du travail du sexe, a déclaré que les travailleurs souhaitaient la fin des frais de présence que les danseuses sont obligées de payer pour travailler dans les bars, ainsi que la dépénalisation totale du travail du sexe et l'accès à de meilleures protections du travail.
Ce que nous demandons, ce sont des droits pour les travailleuses du sexe, a-t-elle soutenu. Nous voulons de meilleures conditions de travail, nous voulons la sécurité au travail, nous voulons des lieux de travail hygiéniques, et nous voulons abolir les frais de bar.
Mme Goldman a expliqué que les danseuses de bars érotiques sont généralement considérées comme des travailleuses autonomes, ce qui signifie qu’elles ne sont pas couvertes par la réglementation québécoise en matière de sécurité au travail. Cela implique, par exemple, qu’elles ne bénéficient pas de congés payés en cas de blessure, ni de congé parental en cas de grossesse.
Elle a toutefois précisé que beaucoup sont traitées comme des employées et se voient imposer des règles concernant l’heure de début et de fin de leur service ainsi que les tâches à accomplir.

Les manifestants demandaient notamment l'abolition des frais de présence que les danseuses sont obligées de payer pour travailler dans les bars.
Photo : La Presse canadienne / Edouard Desroches
Le comité a demandé qu’aucune des personnes interrogées ne soit identifiée par son vrai nom par souci pour leur sécurité, notamment en raison du risque de harcèlement ou de violence et des craintes que leurs informations soient divulguées à des fins malveillantes.
La manifestation a eu lieu pendant le week-end du Grand Prix de formule 1 à Montréal, l’un des événements touristiques les plus fréquentés de l’année.
Le comité a également appelé les travailleuses des cabarets érotiques et des salons de massage ainsi que les autres travailleuses du sexe à se mettre en grève samedi.
Une employée de bar érotique qui s’est présentée sous le nom d’Harriet a confié qu’elle prenait un jour de congé pour se joindre à la grève, même si cela risquait de lui coûter son emploi.
Abus et insécurités
Harriet, qui portait un masque noir et un voile sur le visage, a raconté qu’elle était là parce que la relation professionnelle entre les danseuses nues et leurs patrons n’a aucun sens. Elle a ajouté que les danseuses nues subissaient le pire des deux mondes, n’ayant ni les protections liées au statut d’employée ni les libertés censées accompagner le statut de travailleuse indépendante.
Elle a ajouté que les danseuses nues paient parfois aux gérants plus en frais de bar qu’elles ne gagnent, ce qui signifie qu’elles perdent de l’argent lors de certaines journées de travail.
On n’est pas sûres d’être payées à chaque fois qu’on se présente au travail, a-t-elle indiqué. Mais on peut quand même se faire dire quoi faire, être en quelque sorte sanctionnées arbitrairement pour notre façon de nous habiller, notre apparence, notre physique. On peut être licenciées pour être, entre guillemets, trop vieilles ou trop grosses, et on ne bénéficie d’aucune des protections dont bénéficient les employés.
Harriet a déclaré qu’elle aimerait voir les frais de bar supprimés ainsi que la mise en place de recours pour les danseuses maltraitées.
Elle a expliqué que le week-end du Grand Prix est très lucratif pour les propriétaires de bars, mais pas tellement pour les danseuses nues. Certains gérants augmentent les frais de bar, tandis que beaucoup engagent autant de danseuses que possible, a-t-elle ajouté.
On est en concurrence avec peut-être 30 autres femmes pour vendre des danses, et il se peut qu’on n’en vende aucune, a-t-elle déclaré. Du coup, on peut se retrouver à payer 100 $ pour travailler pendant le week-end du Grand Prix et rentrer chez soi avec 100 $ de moins.
Celles qui font grève souhaitent également attirer l’attention sur le fait que le gouvernement fédéral n’a pas entièrement dépénalisé le travail du sexe. Au Canada, il n’est pas illégal de vendre des services sexuels, mais l’achat de services sexuels et la gestion de maisons closes constituent des infractions pénales.
Une participante, qui s’est présentée sous le nom de Rebaynia, a déclaré qu’elle soutenait la dépénalisation, car cela contribuerait à mettre fin à la traite des êtres humains et donnerait aux travailleuses du sexe une chance d’être plus en sécurité, même si elle craignait que celles qui n’ont pas la possibilité de travailler légalement puissent être expulsées.
Mme Goldman a déclaré que toutes les travailleuses du sexe ne soutiennent pas les objectifs du groupe, mais elle estime qu’elles sont suffisamment nombreuses à avoir cessé le travail pour faire passer un message.
Nous avons déjà un impact sur les clubs, a-t-elle affirmé. Les clubs sont moins fréquentés. Ils ont moins de filles. Donc, même si nous ne pouvons pas le quantifier, nous voyons que cela a un impact.


1 week ago
7





















English (US) ·
French (CA) ·
French (FR) ·