PROTECT YOURSELF with Orgo-Life® QUANTUM TECHNOLOGY
Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayJessica Picard est mère de deux jeunes enfants, dont un nouveau-né de trois mois. Elle est aussi tétraplégique depuis un accident survenu en 2007.
Avec la famille qui s'est agrandie, la résidente de Québec n'a eu d'autres choix que de vendre son logement adapté à ses besoins pour déménager dans une autre résidence, une tâche plus qu'ardue pour une personne en situation de handicap.

Jessica Picard a dû débourser des sommes importantes pour adapter sa nouvelle maison.
Photo : Jessica Picard
En raison de la suspension du Programme d’adaptation de domicile (PAD), Jessica Picard a dû payer elle-même les coûts des rénovations de sa nouvelle maison, qui s'élèvent à 102 000 $.
Je dois être capable d'entrer et de sortir de la maison, s'il arrive quelque chose, surtout que j'ai un bébé. Et il faut que je sois capable de cuisiner, de faire à manger, de leur donner leur bain. Même pour moi, il faut que je sois capable aussi de manger, de me laver, de faire mes soins, parce que je suis autonome, explique-t-elle.
Mme Picard n'est pas la seule à subir les contrecoups de la suspension du PAD.
Selon les données provinciales, un cinquième de la population québécoise (21 %) de 15 ans ou plus vit avec une incapacité. S’ajoutent à ce nombre les personnes âgées pouvant elles aussi bénéficier du PAD si elles doivent adapter leur domicile, précise le directeur général de Moelle épinière et motricité Québec, Walter Zelaya.
Si, pour madame et monsieur Tout-le-Monde, obtenir un logement, c'est difficile, imaginez-vous pour une personne en situation de handicap qui doit avoir un logement adapté!
L'activiste et défenseur des droits des personnes handicapées Jonathan Marchand déplore quant à lui que plusieurs personnes n'aient pas accès à leur pleine autonomie en raison de la pénurie de logements adaptés.
J'ai entendu des histoires de personnes handicapées qui étaient carrément prisonnières de leur domicile, raconte-t-il en entrevue. C'est-à-dire qu'ils étaient en fauteuil roulant et qu'ils ne pouvaient pas rentrer ou sortir de leur domicile de façon autonome.
Ce dernier est connu pour avoir réussi à sortir du CHSLD où il résidait contre son gré depuis presque 10 ans, après des pressions politiques vraiment importantes.

L'installation de Jonathan Marchand lors de sa manifestation devant l'Assemblée nationale en 2020.
Photo : Radio-Canada / Marie-Pier Bouchard
Un financement jugé insuffisant
En 2023, le gouvernement provincial a bonifié les subventions du PAD, passant de 16 000 $ à 50 000 $. La mesure a fait bondir le nombre de demandes d'aides financières, sans que le budget du programme soit ajusté en conséquence.
L'ensemble des fonds alloués étant épuisés, Québec a annoncé en novembre 2024 une suspension temporaire du programme, puis a complètement cessé d'accepter de nouvelles demandes en avril 2025.
Face à la grogne, le gouvernement Fréchette a finalement décidé, début juillet, de réinjecter des fonds afin de réactiver le PAD à partir du 12 août 2026.
Ce qu'on nous laissait croire, c'est que oui, on va revenir avec le PAD, mais avec un programme beaucoup plus costaud. [...] Puis, finalement, l'éléphant a accouché d'une souris, soutient M. Zelaya.

Walter Zelaya, directeur général de Moelle épinière et motricité Québec. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / La facture
Québec a annoncé une allocation de 88 millions de dollars pour les années 2025 et 2026.
Or, M. Zelaya estime que ce montant n'est que « de la poudre aux yeux », car les deux tiers de l'enveloppe ont déjà été alloués aux demandes qui étaient en suspens. On aurait dû avoir une somme additionnelle, déplore-t-il.
Dans une déclaration écrite, la SHQ a indiqué qu'elle ne peut pas prédire le nombre de demandes qui seront soumises à partir du 12 août. L'organisme public affirme que, grâce au financement annoncé, le programme devrait être en mesure de traiter environ 15 000 dossiers par an, ce qui représente une capacité accrue d’environ 25 % par rapport aux volumes habituels.
Les ministères de la Santé et de l'Habitation n'ont pas donné suite aux demandes de Radio-Canada.
L'Office des personnes handicapées du Québec (OPHQ), qui est rattaché au ministère de la Santé et des Services sociaux, reconnaît l’importance pour les personnes handicapées d’avoir accès à un logement accessible et adapté à leurs besoins tout en admettant aussi que ces dernières font toujours face à des défis supplémentaires pour y accéder, en comparaison avec les personnes sans incapacité.
Même si le directeur général de l'OPHQ, Daniel Jean, se dit réjoui de la réouverture du PAD, il est également conscient de la nécessité d’examiner la question de la stabilité de son financement à long terme pour éviter de futures interruptions.
Des citoyens de seconde zone
Pour la directrice générale de l'organisme DéfPhys Sans Limite, Maude Massicotte, l'annonce du relancement du PAD laisse un goût amer. Bien qu'elle accueille favorablement la réouverture du programme, elle demeure préoccupée par les sommes annoncées, qu'elle juge insuffisantes pour répondre à la demande.

Maude Massicotte est directrice de DéfPhys Sans Limite, un organisme pour les jeunes de 18-30 ans, basé à Montréal, qui offre de l’accompagnement en dehors du domicile et de la formation aux entreprises pour mieux accueillir les personnes en situation de handicap. (Photo d'archives)
Photo : Gracieuseté Maude Massicotte
L'adaptation d'un domicile n'est pas un luxe. C'est une condition essentielle pour permettre aux personnes en situation de handicap de vivre de façon autonome, sécuritaire et digne, dit Mme Massicotte dans une déclaration écrite à Radio-Canada.
De son côté, le directeur général de l'Association d'information en logement des immeubles adaptés, André Leduc, considère que l'absence de soutien financier pour adapter sa résidence peut entraîner une forme de discrimination envers les personnes en situation de handicap, les reléguant au rang de citoyens de seconde zone.
Jessica Picard partage ce sentiment d’iniquité. Contrairement au reste de la population, dit-elle, l'argent durement gagné par ces personnes handicapées ne leur sert pas à se payer des voyages ou à se gâter, mais seulement à assurer leur propre autonomie. C'est ça qui est fâchant et c'est ça qui m'enrage un petit peu.
Jonathan Marchand est d'avis que l'enveloppe du PAD devrait être ouverte et non limitée.
Il rappelle que loger des personnes dans des logements institutionnalisés, comme des hôpitaux ou des CHSLD, coûte extrêmement cher. Selon M. Marchand, Québec fait du gaspillage en n'offrant pas le soutien pour que les gens puissent adapter minimalement leur domicile.


3 hours ago
1

























English (US) ·
French (CA) ·
French (FR) ·