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Un robot québécois pour inspecter une infrastructure d’Hydro-Québec

2 hours ago 2

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Une jeune entreprise de Québec, Tessellate Robotics a développé un robot terrestre autonome pour inspecter la traversée sous-fluviale Grondines-Lotbinière d'Hydro-Québec. Ce « troisième lien » méconnu, un tunnel d’un peu plus de 4 kilomètres, abrite une ligne de courant continu de 450 000 volts pour alimenter l’hydroélectricité de Radisson, dans le nord du Québec jusqu’aux États-Unis.

Nos robots, ils ne feront pas de backflip! Ce n’est pas des jouets, mais ils vont fonctionner jour et nuit, ils sont ultra fiables puis ultra robustes, lance Pierre-Hugo Vigneux, l’un des trois cofondateurs diplômés de l’Université Laval, en faisant référence à des vidéos de robots qu'on peut trouver sur le web.

Trois hommes regardent un robot sur roue dans un atelier.

Une partie de l'équipe de Tessellate Robotics avec Pierre-Hugo Vigneux au centre prépare le robot pour des tests dans le tunnel sous-fluvial Grondines-Lotbinière.

Photo : Radio-Canada / Philippe Grenier

La jeune pousse a développé ces robots pour travailler dans des environnements extrêmes où des éléments comme la neige, la poussière, ou des phénomènes comme le magnétisme, peuvent être filtrés, explique l'entrepreneur.

On va avoir des systèmes de navigation qui fonctionnent sans aucun signal GPS. Donc, le robot, même sans aucune connexion externe, est capable de construire son environnement, de se positionner et de naviguer.

Guidé par des lasers, munis de caméras, le robot peut filmer et cartographier en 3D son environnement en temps réel dans le tunnel inauguré en 1992 suite à une mobilisation citoyenne contre l’érection de pylônes pour relier les deux rives du fleuve Saint-Laurent.

Santé et sécurité

Luminosité réduite, humidité élevée, absence de télécommunications. La tâche est complexe et monotone pour les employés d'Hydro-Québec. Habituellement, cette inspection annuelle exige le travail de quatre personnes pendant environ deux semaines.

Un robot roule dans un tunnel.

Tessellate Robotics intègre entre 80 et 85 % de composantes canadiennes dans ses robots. La plateforme de la chenillette est fabriquée par Movex Innovation à Shawinigan, tandis que deux autres véhicules de l'entreprise sont construits au Saguenay—Lac-Saint-Jean par le partenaire Bionix.

Photo : Radio-Canada / Philippe Grenier

Avec le robot, c'est sûr qu'on vient sauver énormément de temps. On va parler d'une à deux heures pour la traversée du robot, plus quelques heures pour la visualisation des données, explique Alexandre Breton, candidat à la profession d’ingénieur dans l’équipe Solutions d'innovation, expertise, robotisation et drones d'Hydro-Québec.

Les travailleurs doivent aussi utiliser des détecteurs de gaz en raison des risques liés à l'absence d'oxygène ou à une défaillance de ventilation. De plus, l'accès est difficile et un aller-retour dans le tunnel peut prendre environ 40 minutes, ce qui compliquerait le rapatriement d'une personne en cas d'incident d’où l’importance pour Hydro-Québec d’utiliser le robot autonome.

Un homme regarde son ordinateur près d'un robot dans un tunnel.

Les données recueillies par le robot autonome permettent ensuite aux ingénieurs et les techniciens d'Hydro-Québec de repérer les fissures, la rouille, les fuites d'eau ou les dépôts de calcaire sans s'exposer aux dangers du site.

Photo : Radio-Canada / Philippe Grenier

Un ajout pour la société d'État qui constate une hausse importante des demandes en robotique depuis quelques années. On part de nos besoins, on est dans des environnements hostiles. C'est difficile d'aller capter de la donnée. Ces robots-là nous permettent de le faire en toute sécurité, affirme Louis-Simon Gauthier, gestionnaire dans l’équipe Solution d’innovation robotisation et drone d'Hydro-Québec.

Il y a vraiment une effervescence, il y a beaucoup de développements dans la robotique, donc on est à l'affût pour l'intégrer dans nos opérations.

Hydro-Québec compte maintenant 400 drones, dont certains pour le déglaçage des lignes à haute tension et des robots sous-marins pour l’inspection des barrages.

L’Arctique et les mines

Fondé en décembre 2022 Tessellate Robotics a réorienté ses activités vers l'énergie, la défense et le secteur minier après avoir délaissé le domaine agricole, plus complexe et offrant un moins bon retour sur investissement, avoue Pierre-Hugo Vigneux.

L’entreprise issue du Laboratoire de robotique boréale (Norlab) de l’Université Laval a décroché un contrat avec les Forces armées canadiennes après avoir testé sa technologie dans le cadre de la mission Nanook en février 2026 à Cambridge Bay où les températures avoisinent les -40 degrés Celsius, sans oublier les tempêtes solaires.

Un robot sur la neige la nuit lors d'une aurore boréale.

Le robot de Tessellate Robotics lors de l'Opération Nanook à Cambridge Bay en mars 2026.

Photo : Reuters / Carlos Osorio

Notre système a très bien performé [...] notre contrat c’est vraiment d’occuper le territoire de l’Arctique puis la surveillance des frontières, explique Pierre-Hugo Vigneux qui parle aussi de l’importance de la souveraineté technologique sur ce territoire.

Le robot est capable de se promener, d'observer s'il y a des intrus, des anomalies [et] nous offrir cette information-là. En ce moment on est mal équipé ou pas en mesure d’envoyer une présence dans certaines zones.

Du froid arctique aux profondeurs des mines, le robot peut aussi inspecter de la machinerie lourde.

Un ordinateur montre à l'écran les pneus d'un camion avec des indications en rouge.

L'inspection de véhicule minier à Fermont a permis au robot autonome de Tessellate Robotics de détecter des anomalies sur un pneu avec sa caméra thermique.

Photo : Radio-Canada / Philippe Grenier

Sur son ordinateur, l'entrepreneur montre un exemple d’inspection dans une mine où son robot a pu apercevoir une bulle qui se forme sous la semelle d’un énorme pneu d’un camion difficile d’accès dans les profondeurs d’une mine.

Un humain n’est pas en mesure de le savoir. Chaque année dans le monde, il y a des morts liés à des explosions de pneus parce qu’il y a tellement de pression dans ces pneus-là, affirme-t-il, rêvant de poursuivre le développement de la robotique autonome.

Les possibilités semblent illimitées pour la jeune pousse de Québec.

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