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125, rue des malaises : faire rire avec l’aide médicale à mourir

9 hours ago 13

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Se questionner avec sensibilité sur l’aide médicale à mourir à travers le registre de la comédie, c’est le pari de 125, rue des malaises, le nouveau film de Louis Bélanger. La complexité des rapports familiaux est également au cœur de cette dramédie portée par une petite, mais prestigieuse, distribution : Rémy Girard, Geneviève Schmidt, Pier-Luc Funk, Claude Legault et Guylaine Tremblay.

Au crépuscule de son existence, Laurent Perrier, qui a passé une bonne partie de sa vie derrière des consoles d’enregistrement dans des studios de musique, a décidé de demander l’aide médicale à mourir.

Laurent n’est ni malade ni déprimé – il prend un grand plaisir à danser au son de chansons de Robert Charlebois dans son chalet. Toutefois, il estime avoir bien vécu et ne souhaite pas devenir un fardeau pour ses proches en vieillissant.

Cependant, sa fille Marie-Claude et son voisin – et son ami depuis 22 ans– Martin réagissent plus mal qu’il ne l’espérait quand il leur apprend la nouvelle.

Marie-Claude se sent abandonnée et Martin comprend difficilement que des personnes puissent vouloir mourir, lui qui a vu, au cours de sa vie, tant de gens être blessés ou rendre leur dernier souffle.

La situation se complique davantage quand Jacob, le fils que Laurent n’a pas vu grandir et dont Marie-Claude ignore l’existence, frappe à la porte du chalet.

L’humour, une politesse dans l’adversité

Se déroulant sur une seule journée et dans un huis clos, 125, rue des malaises mêle émotions et rires. J’ai toujours vu l’humour comme une politesse dans l’adversité, a expliqué le réalisateur Louis Bélanger, en conférence de presse lundi.

L’humour est une façon de composer ben correcte avec les événements plus durs de la vie.

C’est vraiment très drôle, [les personnages] se disent des vérités effrayantes en pleine face, a assuré Claude Legault, en entrevue. Mais la colonne vertébrale du film est un sujet très sérieux et d’actualité.

À qui appartient une vie?

C’est la productrice du film, Denise Robert, qui a eu l’idée de creuser la question de l’aide médicale à mourir, déjà abordée dans Les invasions barbares en 2003, dont elle a été coproductrice.

Pour moi, le questionnement qu’il reste est : à qui appartient ta vie? À Dieu, et donc à ses représentants sur Terre, le pape, l’Église? Aux politiciens qui vont décider, avec leurs lois, de ce qu’ils vont faire de ta vie? À ta famille? À tes enfants? À ton conjoint ou à ta conjointe? Ou est-ce à toi?, s’interroge-t-elle.

Et si c’est à toi, peux-tu te permettre de décider de demander l’aide médicale à mourir sans être malade?

Pour Denise Robert, ces questions méritent d’être discutées en société. [Au Québec], on n’a pas tendance à vouloir en parler, mais la mort fait partie de la vie, souligne-t-elle.

Portrait de la productrice souriant.

La grande productrice de cinéma québécoise Denise Robert (Photo d'archives)

Photo : Prix Écrans canadiens

Le terreau fertile de la famille

Avec 125, rue des malaises, Louis Bélanger retrouve le thème de la famille qu’il avait déjà exploré dans Gaz Bar Blues, sorti en 2003.

C’est un terreau fertile pour faire des observations et je pense que les gens aiment se voir sur grand écran, a-t-il expliqué.

Si la décision de Laurent d’entamer son dernier tour de piste lui donne l’opportunité de tenter de construire un lien avec Jacob avant qu’il ne soit trop tard, elle entraîne aussi des conséquences que le vieil homme n’avait pas prévues.

De la jalousie alimentée par le sort incertain du chalet – qui va en hériter? – naît ainsi entre Marie-Claude et son demi-frère.

Je savais que j'allais avoir du fun à imaginer cette famille. Je voulais une famille un peu gauloise, un peu malhabile dans ses relations.

Des dialogues improvisés

La singularité du film réside dans son sujet, mais aussi dans son processus créatif, puisque Louis Bélanger a laissé une grande liberté de jeu à ses acteurs.

On savait exactement ce qui allait se passer dans la scène et où on voulait aller, mais pour le reste, on l’a construit à mesure, a raconté Rémy Girard. On improvisait les dialogues.

C’est un peu apeurant au départ, mais c’est une façon de travailler très intéressante, a-t-il ajouté.

Avec ses 12 années passées au sein de la Ligue nationale d'improvisation, Pier-Luc Funk s’est senti particulièrement inspiré par cette méthode créative.

C’était comme une nouvelle danse à chaque scène et ça nous gardait sur cette fébrilité qui donne une saveur particulière au film, a-t-il déclaré en conférence de presse.

Le film 125, rue des malaises arrive au cinéma ce jeudi 16 juillet.

Avec les informations de Nabi-Alexandre Chartier

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