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Naturisme en période de canicule : « un très grand avantage »

7 hours ago 14

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Assise près de son chalet au centre naturiste Bare Oaks, au nord de Toronto, Karen Kowalchek résume avec le sourire la stratégie la plus évidente des habitués du naturisme pour affronter la canicule : ne rien porter.

Le mercure doit dépasser les 35 oC cette semaine dans le sud de l’Ontario, et les visiteurs du centre multiplient les baignades, boivent beaucoup d’eau et surveillent leur exposition au soleil. Mais lorsqu’il est question de protéger leur peau, les choix divergent.

Des baigneurs se rafraichissent au centre naturiste de Bare Oaks à Toronto.

Avec la chaleur accablante, les plaisanciers de Bare Oaks alternent entre baignades au lac, matchs de volley-ball et séance de bronzage.

Photo : Radio-Canada

Pour Jessica Williamson, responsable des opérations spéciales de Bare Oaks et naturiste depuis bientôt quatre ans, l’idée de se vêtir sous une telle chaleur est inconcevable.

Je ne suis pas du genre à imposer mes idées aux autres, mais celle-ci est tellement logique qu’il m’est difficile de ne pas dire aux gens de simplement enlever leurs vêtements, lance-t-elle. Faites-le, tout simplement.

Elle considère que la chaleur est largement plus difficile à supporter que la gêne initiale liée à la nudité.

En hiver, on peut ajouter des couches pour rester au chaud. Mais en été, on ne peut en enlever qu’un certain nombre.

Stéphane Deschênes, propriétaire de Bare Oaks et président de la Fédération naturiste internationale, abonde dans le même sens.

Un soleil et un pantin aux seins et au sexe censurés.

1:17

VIDÉO | Être naturiste sous un soleil de plomb

Photo : Radio-Canada / Camile Gauthier

La nudité intégrale est vraiment la meilleure façon de rester confortable pendant une canicule, soutient-il. Pour lui, même un short, c’est trop.

Des réflexes de protection très variables

Ne rien porter ne dispense toutefois pas de prendre des précautions. Karen Kowalchek et Paul Savelle misent sur beaucoup, beaucoup d’eau, un chapeau à large bord, de l’ombre et, au besoin, de la crème solaire.

Habitué au soleil ontarien, le couple utilise assez peu de protection solaire, et préfère tout simplement limiter le temps passé directement sous les rayons.

Le président de la Fédération de naturisme Stéphane Deschênes pose pour la camera, assis a une table devant son café.

Pour le propriétaire de Bare Oaks et président de la Fédération naturiste internationale, Stéphane Deschênes, le principal défi du naturisme demeure la sexualisation du corps dans l’imaginaire collectif.

Photo : Radio-Canada

Si nous voulons nous allonger sur nos transats pour bronzer, nous ne restons pas dehors plus d’une heure, explique Karen Kowalchek. Il faut s’ajuster au temps qu’il fait et prêter attention à sa peau.

Mais certains misent gros sur la protection dermique. Jessica Williamson, qui a la peau très claire, applique plusieurs fois par jour une crème solaire minérale, même si celle-ci laisse une couche blanche bien visible.

Ici, on se soucie peu de votre apparence, tant que vous êtes à l’aise et que vous n’attrapez pas de coups de soleil, assure-t-elle.

S’il existait des douches de crème solaire, je serais obligée d’y passer!

Même réflexe chezLeslie Pickett, qui dit utiliser plusieurs bouteilles de crème solaire au cours d’une seule fin de semaine.

Parce que, doit-elle le rappeler, c’est tout notre corps qu’on protège, de la tête aux pieds.

Leslie Pickett et un autre naturiste trinquent assis à une terrasse.

Leslie Pickett (à gauche) dit utiliser plusieurs bouteilles de crème solaire au cours d’une seule fin de semaine.

Photo : Radio-Canada

Mais tous ne partagent pas cette prudence. David Clarke, naturiste depuis des années, dit ne pas croire aux crèmes solaires, même s’il lui arrive parfois d’en appliquer.

Je préfère simplement m’imprégner du soleil et courir le risque, avoue-t-il.

L’habitude ne protège pas la peau

Ce type d’approche inquiète la Société canadienne du cancer.

David Raynaud, gestionnaire principal au sein de l’équipe de défense de l’intérêt public, rappelle qu’une peau bronzée n’est pas devenue plus résistante aux rayons ultraviolets (UV).

Il n’existe pas de façon sécuritaire de bronzer. Le bronzage est en réalité une réaction naturelle de notre corps qui indique que la peau a été endommagée par les rayons UV.

Il souligne que ces dommages sont permanents et s’accumulent au fil de la vie, et qu’ils augmentent le risque de cancer de la peau. Toutes les zones exposées doivent être protégées, y compris celles qui sont habituellement couvertes.

Des naturistes se baignent dans un cours d’eau situé au centre naturiste de Bare Oaks sous la chaleur accablante.

David Raynaud, gestionnaire principal de la Société canadienne de cancer, conseille entre autres de rechercher l’ombre et de porter un chapeau ainsi que des lunettes de soleil.

Photo : Radio-Canada

Puisque les vêtements protecteurs ne cadrent pas avec la pratique naturiste, il recommande d’appliquer de la crème solaire sur toutes les zones exposées, et de renouveler son application après la baignade. Il conseille aussi de rechercher l’ombre et de porter un chapeau ainsi que des lunettes de soleil.

Une communauté au-delà de la nudité

À Bare Oaks, le naturisme se pratique à longueur d’année, et ce qui permet de mieux supporter la chaleur a d’autres avantages une fois l’été passé. Pour les habitués, retirer ses vêtements permet aussi d’accepter son corps et de s’affranchir du regard des autres.

Kim Stevens prépare des hamburgers sur le gril en tenant une galette de viande avec une pince.

À Bare Oaks, le naturisme se pratique à longueur d’année.

Photo : Radio-Canada

On ne se demande pas si ça nous va, si c’est joli ou si on aurait dû porter autre chose. Cela nous va tout le temps, explique Karen Kowalchek. C’est une grande partie de ce qui fait de nous une communauté.

Cette aisance se construit avec le temps, estime Stéphane Deschênes.

Parce que, si le naturisme est un mouvement social reconnu, il y a de grosses limites dans la vie en société où l’on ne peut pas être nu.

Il y a très peu de plages autorisées, c’est interdit dans la plupart des parcs et dans les restaurants.

Pour lui, le principal défi du naturisme revient à ce qu’elle soit souvent présentée sous une forme sexualisée qui transforme le corps en objet.

Le naturisme est un véritable antidote contre les images irréalisables des réseaux sociaux, conclut-il.

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