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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayL'été marqué par des ciels orangés soulève à nouveau des questions sur les feux de forêt au Canada, en plus de déclencher l'ire du président américain. Le Canada pourrait-il entretenir davantage ses forêts pour mieux contrôler les brasiers, comme le prétend Donald Trump?
Samedi, le pays comptait près de 1000 incendies actifs, dont le plus important, situé dans le nord-ouest de l'Ontario, couvre une superficie équivalant à plus de six fois l'île de Montréal. Cet été, les flammes ont anéanti certaines communautés et la fumée a enveloppé plusieurs villes, dont Montréal et Toronto.
Cette fumée a également traversé la frontière sud pour pénétrer plusieurs villes américaines, au grand dam du président américain, qui a menacé le Canada de nouveaux droits de douane.
Cependant, contrairement à ce qu'a affirmé Donald Trump, il ne suffit pas d'entretenir nos forêts pour limiter la fréquence et l'ampleur des feux. Le principal coupable reste le réchauffement planétaire.
Les températures deviennent de plus en plus chaudes et les conditions deviennent de plus en plus sèches en raison justement des changements climatiques, explique le chercheur en écologie forestière à Ressources naturelles Canada, Yan Boulanger, de passage aux Faits d'abord.
Il y a souvent des conditions, c’est d’ailleurs ce qu’on a observé en Ontario dernièrement, qui sont tellement sévères d’un point de vue météorologique que c’est tout à fait impossible physiquement de pouvoir combattre ces feux, ajoute le chercheur.
En raison du changement climatique mondial et du réchauffement de la planète, la végétation est beaucoup plus sèche qu’auparavant, ce qui la rend plus vulnérable aux incendies, précise pour sa part Jonathan Overpeck, climatologue et doyen à l’Université du Michigan.
Le Canada particulièrement touché
Le Canada est particulièrement affecté par le dérèglement climatique, puisqu'il se réchauffe deux fois plus vite que la moyenne mondiale. En Arctique, le rythme passe à près de quatre fois plus que la moyenne du globe.
Les trois dernières saisons des feux sont parmi les dix plus graves de l'histoire du pays, et ces saisons durent plus longtemps. Les feux des dernières années ont été marquants, mais cette augmentation de la superficie de territoire brûlé s'inscrit dans une tendance observée depuis les années 1950.

Des pompiers forestiers se préparent en début de saison, en Alberta. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Alice Burgat
Puisque cette superficie augmente, le travail des pompiers est devenu plus complexe. Comme l'explique le professeur et climatologue à l'Université de Guelph Ze'ev Gedalof, il est difficile de combattre les feux avec les ressources actuelles lorsque le pays brûle d'un océan à l'autre.
Nous ne pouvons donc pas faire circuler nos ressources. Avant, nous déplacions simplement les avions, les hélicoptères et le personnel au fur et à mesure que la saison des feux de forêt progressait à travers le pays.
La composition du territoire canadien complique le travail des combattants et des préventionnistes. La grande majorité des feux actuels font rage dans des zones nordiques peu ou pas peuplées qui sont difficiles d'accès.
C’est tout à fait impossible physiquement de pouvoir combattre ces feux-là, insiste Yan Boulanger.
Non seulement éliminer ces feux serait impossible du point de vue logistique et économique, mais cette démarche serait aussi à éviter du point de vue environnemental. Ce ne serait pas souhaitable, puisque la forêt boréale se régénère en partie en raison des feux, indique le chercheur.
Ces feux se propagent surtout à la cime des arbres. Contrairement aux feux de surface plus communs aux États-Unis, le fait de nettoyer les débris au sol a très peu d'impact sur la prévention de ces feux de cime.

La majorité des feux de forêt au Canada sont dans des régions difficiles d'accès, ce qui complique le travail des pompiers. (Photo d'archives)
Photo : Ministère des Richesses naturelles et des Forêts
Peut-on en faire plus?
Pour mieux faire face à cette réalité, certaines initiatives locales de prévention, notamment l'application de normes pour rendre les maisons plus résilientes et l'aménagement de coupe-feu autour des municipalités, pourraient être élargies.
La création d'une force nationale permanente pour combattre les feux serait également à envisager, selon les experts, afin de pallier le manque de ressources.
Mais pour avoir un impact à long terme, il faut impérativement s'attaquer aux changements climatiques, soulignent les scientifiques. Et la meilleure façon d’y remédier, c’est tout simplement d’arrêter de brûler des combustibles fossiles, Jonathan Overpeck.

La création d'une force nationale permanente pour combattre les feux est réclamée. (Photo d'archives)
Photo : Twitter/Feux de forêt de l'Ontario
Malgré des investissements accrus pour combattre les feux de forêt, le gouvernement de Mark Carney ouvre également la porte à une hausse de la production pétrolière et a mis la hache dans une grande partie des politiques climatiques du Canada.
Interrogé cette semaine sur les reproches voulant que son administration recule en matière de lutte contre les changements climatiques, le premier ministre canadien a rejeté le blâme sur les politiques de son prédécesseur, Justin Trudeau.
Je viens d'arriver, a-t-il plaidé. C'est la vérité. Ce n'est pas le résultat des actions de notre gouvernement.
M. Carney a ajouté qu'il espérait une contribution des Américains dans la lutte contre les changements climatiques. Le Canada maintient ses efforts à l'échelle mondiale. Les États-Unis réduisent leurs efforts à l'échelle mondiale, a indiqué le premier ministre.
Avec des informations d'Inayat Singh, CBC News

1:48
Le reportage de Marion Bérubé


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