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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayL’annonce vendredi du retrait de Jannik Sinner et de Novak Djokovic de l’Omnium Banque Nationale (OBN) mène à une question inconfortable : est-ce le nouveau format des Masters 1000 qui poussent les meilleurs joueurs de la planète à manquer régulièrement ces événements?
Je me la suis posée, cette question-là, avoue la directrice de l’OBN, Valérie Tétreault. Mais, quand on remonte dans le temps, on voit que ce n’est pas juste depuis l’année passée qu’on a ce problème du côté de Montréal, donc je ne suis pas prête à associer ça nécessairement à la formule 12 jours.
Depuis 2023, cinq Masters 1000 de l’ATP se sont allongés, passant de 7 à 12 jours, atteignant ainsi la même durée que les tournois d’Indian Wells et de Miami. Seuls les tournois de Monte-Carlo et de Paris ont encore lieu en une semaine.
Le tournoi montréalais pâtit particulièrement du fait de son emplacement dans le calendrier, puisqu’il est joué après Wimbledon, qui a de plus été repoussé d'une semaine depuis 2015. Les joueurs doivent donc s’adapter à une nouvelle surface, le dur.
Certains préfèrent uniquement disputer le Masters 1000 de Cincinnati, qui aura lieu du 13 au 23 août, pour se préparer au grand chelem new-yorkais, les Internationaux des États-Unis, joués début septembre à New York.
Nous sommes dans cette situation, mais on n’est pas les seuls. Ce n’est pas évident non plus pour les Masters de fin d’année, comme Shanghai et Paris, ajoute Tétreault. Certains joueurs font parfois l’impasse sur ces tournois, ou arrivent en mauvaise forme et perdent rapidement.
Par exemple, Carlos Alcaraz, qui est blessé depuis avril et qui sera absent à l’OBN, a remporté six des neuf Masters 1000. À Montréal (ou Toronto), à Shanghai et à Paris, il ne s’est jamais qualifié pour la moindre demi-finale. Le Serbe Novak Djokovic n’a pas joué le tournoi dans la capitale française depuis sa victoire en 2023.
Plusieurs joueurs ont été vocaux pour critiquer le format de 12 jours. Je préfère les tournois d'une semaine, toujours. Deux semaines, c'est trop long. Douze jours, c'est presque comme un grand chelem, avait lancé le français Arthur Fils en zone mixte au tournoi de Madrid, cette saison.
Les Masters 1000 sur deux semaines sont une corvée. Les joueurs n’ont pas assez de temps pour récupérer ou pour s’entraîner. [...] Si le but était d’alléger le calendrier, c’est un pas en arrière.
La WTA, à l’image de l’ATP, présente dorénavant sept de ses dix Masters 1000 sur deux semaines.
Ce qu’on aimerait, c’est un système qui ferait en sorte que tu ne peux pas rater deux années de suite le même tournoi, confie Tétreault.
L’aspect monétaire
La vision de [ce changement], c’était d’élever le produit premium de l’ATP. On en fait un produit qui est un petit peu plus semblable à celui qu’on trouve dans les tournois du grand chelem, qui, au final, sont les tournois qui apportent le plus de revenus et de croissance au tennis, explique Tétreault.
L’année dernière, l’OBN a battu son record d’achalandage par environ 50 000 spectateurs, porté par sa coqueluche, la Canadienne Victoria Mboko, qui a remporté l’événement, mais aussi par les cinq jours de compétition additionnels.
On offre plus aux amateurs, ce qui veut entre autres dire qu’il y a plus d’argent pour les joueurs. Depuis qu’on a le format 12 jours, les bourses sont plus élevées que ce qu’elles étaient, et ça aussi c’est la demande des joueurs. C’est là qu’ils doivent être conséquents et prioriser certaines choses, explique la directrice du tournoi montréalais.
La parité salariale entre les joueurs et les joueuses sera atteinte en 2027 à l’OBN.
Selon Valérie Tétreault, le nombre de matchs que les meilleurs joueurs disputent chaque année n’aurait pas tant changé. Ce serait plutôt la quantité de matchs de démonstration qui aurait augmenté. Par exemple, Carlos Alcaraz et le jeune Brésilien Joao Fonseca ont déjà un match hors-concours prévu en décembre, même si l'on ne sait toujours pas quand l'Espagnol sera de retour au jeu.
Le circuit de l’Ultimate Tennis Showdown, une initiative de l’entraîneur vedette Patrick Mouratoglou proposant des matchs aux règles alternatives, continue de séduire certains des meilleurs joueurs du tennis mondial, ajoutant ainsi à leur charge de travail.
Une occasion unique pour Auger-Aliassime

Félix Auger-Aliassime à Montréal, en 2024.
Photo : Getty Images / Minas Panagiotakis
L’absence de Sinner et d’Alcaraz propulse le favori local Félix Auger-Aliassime au statut de 2e tête de série du tournoi.
C’est son meilleur classement pour entreprendre un Masters 1000. De notre côté, on n’a jamais eu un Canadien qui était aussi bien classé, se réjouit Tétreault.
FAA, comme il est surnommé, aura l’occasion de remporter son premier tournoi de cette envergure. Il a deux finales en Masters 1000, une à Madrid et une à Paris. À Montréal, sa meilleure performance est un quart de finale, en 2022.
Je pense que ça fait longtemps que ce rendez-vous est encerclé dans son calendrier. Il doit être capable de tourner cette pression supplémentaire, qu’on a parfois en jouant à la maison, en positif. Son premier match va être particulièrement important pour chasser cette nervosité, analyse Tétreault.
L’Allemand Alexander Zverev, qui a remporté son premier grand chelem cette saison à Roland-Garros, sera la première tête de série.


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