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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayPour se ressourcer, la destination n’a pas tant d’importance, c’est le voyage qui compte. Une étude réalisée par deux professeurs de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) révèle que ce n’est pas le type de voyage qui a une incidence sur le bien-être des vacanciers, mais bien l’intégration de cette pratique dans son mode de vie.
Et pas besoin d’aller loin pour ça : quelques jours de déconnexion suffisent pour ressentir des effets bénéfiques, révèle l’étude publiée en mai dans le World Leisure Journal.
C’est le choix qu'ont d'ailleurs fait une majorité des quelque 200 000 travailleurs de la construction qui entament leur deuxième semaine de vacances. Selon les données du ministère du Tourisme du Québec, ils privilégient des séjours d’environ une semaine au Québec ou au Canada; une pratique qui est moins dispendieuse que d'autres et qui se révélerait tout aussi efficace pour réduire le stress.
Sébastien Latreille aimerait bien, lui aussi, relaxer pendant deux semaines de vacances au mois de juillet, mais son emploi dans le milieu du cinéma ne le lui permet pas cette année. Il profite toutefois d'une accalmie pour troquer son quotidien sur la Rive-Sud de Montréal contre quelques jours de camping au parc national d’Oka, dans les Basses-Laurentides.
Je suis sur appel, et s’il y a quelque chose, ça fait que je peux aller travailler quand même, explique-t-il en ajoutant que cette microvacance [lui] fait extrêmement de bien.
Ce bien-être que ressent Sébastien est réel, même si l'homme ne se trouve qu'à quelques kilomètres de chez lui. L'enquête annuelle de la Chaire de tourisme Transat de l'École des sciences de la gestion de l’Université du Québec à Montréal (ESG UQAM) confirme que ce sont les moments de déconnexion qui procurent un sentiment de bonheur, et ce, peu importe l’endroit où on les prend.
Les coauteurs de l'étude, Pascale Marceau et Marc-Antoine Vachon, se sont intéressés à la perception de bien-être liée au voyage. Selon leurs résultats, Sébastien Latreille aurait intérêt à répéter cette expérience de microvacances à d’autres moments de l’année.
Ce qu’on a découvert, c’est : ce n'est pas de voyager plus qui nous rend plus heureux, mais c’est d’intégrer le voyage dans nos habitudes de vie. Et ça, ça a été surprenant.
Le titulaire de la Chaire de tourisme Transat explique que sa collègue et lui ont comparé le sentiment de bien-être de personnes qui voyagent avec d’autres qui ne voyagent pas. Sans surprise, les premières ont dit se sentir plus heureuses que les secondes. Par ailleurs, cette sensation de bonheur n’est pas seulement présente pendant le périple, mais aussi avant et après.
Il faut avoir des plans de voyage. Il faut projeter quelque chose. Dans l’anticipation, il y a quelque chose d’extrêmement bénéfique, indique Marc-Antoine Vachon.

Marc-Antoine Vachon, titulaire de la Chaire de tourisme Transat de l’ESG UQAM
Photo : Radio-Canada / Marie-Christine Bouillon
Cette anticipation est l’un des trois éléments clés qui permettent de maximiser le bonheur lié aux voyages. Vient ensuite la fréquence des périples : plus une personne se permet des escapades régulièrement, plus stable sera le sentiment de bien-être tiré de ces expériences.
Finalement, il y a la diminution des contraintes liées aux voyages; des contraintes financières, mais aussi de temps. C'est sans oublier les obligations familiales.
Joindre l’utile à l’agréable
France et Sylvain se trouvent dans la région de Trois-Rivières pour des funérailles. La famille de France est originaire de la Mauricie, mais la jeune retraitée habite plutôt l’Outaouais. Elle et son conjoint, Sylvain, ont rallongé leur séjour en Mauricie dans l’objectif, entre autres, d’apprendre à mieux connaître la région.
Aujourd’hui, on va prioriser le centre-ville de Trois-Rivières, quelques musées, précise France. Son conjoint renchérit : Et comme sa famille vient de Shawinigan et Grand-Mère, demain et après-demain, on va aller explorer les villes là-bas.
Parmi les endroits que compte visiter le couple, il y a la ville natale du père de France, Sainte-Thècle. Elle ne cache d’ailleurs pas son excitation de pouvoir découvrir ce lieu où son défunt père a grandi.

Sylvain et France passent quelques jours en Mauricie. Ils commencent leur périple par un tour à vélo dans le centre-ville de Trois-Rivières avec Michel Letarte, de l’entreprise EcoByke.
Photo : Radio-Canada / Marie-Christine Bouillon
Le président de l’Association des psychologues du Québec, Gaëtan Roussy, souligne l’importance de l’anticipation des vacances. Il n’est d’ailleurs pas surpris des résultats de l’étude menée par les professeurs Marceau et Vachon, de l’ESG UQAM.
On le remarque en psychothérapie depuis toujours, ces effets-là. Quand les gens partent en voyage, quand ils nous en parlent après, quand ils le préparent... Sortir de ce qu’on fait d’habitude, sortir de l’environnement habituel, c’est une forme de voyage pour le cerveau.
Gaëtan Roussy précise que les tensions liées au travail peuvent tarder à se dissiper lors des premières journées de vacances, ce qui est normal. Il explique qu’il faut laisser le temps au cerveau d’apprivoiser un mode de fonctionnement qui est différent du quotidien.
Au camping du parc national d’Oka, Sébastien Latreille tente de profiter au maximum de ce changement d’habitudes. Il raconte que lui et son collègue, installé sur le terrain voisin du sien, n’ont prévu que quelques activités.
On va aller se promener, peut-être à la plage. Ça va être ça ma journée. Après ça, ce sera le lunch, puis lui, c’est un amateur de jeu de crible, et moi aussi. Fait qu’on va jouer au crible. Ça devrait être ça. On verra rendu là! conclut-il.
Marc-Antoine Vachon, de la Chaire de tourisme Transat de l’ESG UQAM, est d’avis que de courtes périodes hors du quotidien, comme celle que s’accorde Sébastien Latreille et France et Sylvain, peuvent procurer des effets positifs si elles sont reproduites à différents moments de l’année.
Toute microdéconnexion est bénéfique pour le cerveau, et c’est là-dessus qu’il faut tabler. Parce que la fréquence de voyage, oui, elle est importante; alors, plutôt que d’attendre un an avant de partir quelque part, on a avantage à aller passer de longues fins de semaine ailleurs, dit-il.
Il compte d’ailleurs s’intéresser à cette déconnexion dans une prochaine étude en abordant l'utilisation du téléphone cellulaire pendant les vacances, une habitude qui augmenterait le niveau de cortisol, surnommé l'hormone du stress, et réduirait le sentiment de bien-être tant recherché, autant pendant qu’après les vacances.


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